À l’issue de la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), tenue à Yokohama du 20 au 22 août, l’ambassadeur de Djibouti au Japon, S.E.M. Ibrahim Bileh Doualeh, revient pour La Nation sur les résultats majeurs de cette rencontre et leurs implications pour l’Afrique comme pour Djibouti. Il souligne l’engagement constant du Japon envers le continent et met en avant  les acquis d’une coopération bilatérale marquée par la confiance, des projets structurants et une vision commune tournée vers l’avenir.  Dans cet entretien, le diplomate insiste sur le rôle stratégique de Djibouti et esquisse les perspectives d’un partenariat encore plus ambitieux à l’horizon de la TICAD 10.

La Nation : Excellence, quel bilan global tirez-vous de la TICAD 9 et quels en sont les résultats majeurs pour l’Afrique ?

Ibrahim Bileh Doualeh : La TICAD 9 a confirmé l’engagement constant du Japon envers l’Afrique. Elle a mis en avant la croissance économique et la prospérité, la consolidation de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA), le renforcement de la sécurité maritime notamment au Bab-el-Mandeb et au golfe d’Aden ainsi que la vision partagée d’une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies pour une représentation plus juste et permanente de l’Afrique et du Japon.

Cette édition s’inscrit dans la continuité de liens solides entre l’Afrique et le Japon. Ensemble, nous pouvons promouvoir un multilatéralisme renforcé et bâtir des solutions durables face aux défis communs.

Quels bénéfices Djibouti retire-t-il concrètement de cette édition ?

Djibouti entretient une coopération de confiance avec le Japon, illustrée par l’appui des Forces d’autodéfense japonaises dans la lutte contre la piraterie et par de nombreux projets structurants dans les domaines des infrastructures économiques, de la santé et de l’éducation. Le bilan positif de cette collaboration traduit la profondeur et la fiabilité de nos échanges.

Dans quels domaines stratégiques espérez-vous renforcer la coopération avec le Japon ?

Nous travaillons sur plusieurs initiatives inscrites dans les trois piliers de la TICAD 9 à savoir l’économie, la société, et la paix et la stabilité. Cela inclut la construction du Pont de la Palmeraie, l’acquisition de systèmes de surveillance maritime et de patrouilleurs, la livraison d’équipements médicaux, la mise en service d’un ferryboat pour le golfe de Tadjourah, ainsi que l’inauguration d’une école moderne à Balbala. Ces projets traduisent la volonté commune d’inscrire notre relation dans la durée et de lui donner une dimension stratégique.

Comment la participation de Djibouti à la TICAD renforce-t-elle sa visibilité diplomatique ?

La TICAD offre à Djibouti une tribune pour mettre en avant son rôle de plateforme essentielle en matière de sécurité maritime, de stabilité régionale et de coopération internationale. Elle contribue ainsi à accroître la visibilité et l’influence de notre pays en Afrique de l’Est et sur la scène mondiale, tout en valorisant les acquis de notre coopération bilatérale avec le Japon.

Quelles perspectives pour les relations Djibouti–Japon en vue de la TICAD 10 ?

Nous envisageons l’avenir de nos relations comme un partenariat global — sécuritaire, économique, technologique et humain — fondé sur l’amitié, la confiance et le respect mutuel. La solidité de nos liens actuels et la qualité des résultats obtenus ouvrent la voie à des perspectives encore plus ambitieuses et porteuses d’avenir.

En quelques mots je peux conclure que les relations Djibouti–Japon se définissent par une Amitié Solide, un bilan de coopération exemplaire et un avenir stratégique.

Propos recueillis par Kenedid Ibrahim