
Une cérémonie de remise de certificats et de permis de conduire à quelques 32 jeunes, bénéficiaires d’une formation professionnelle s’est tenue le mardi matin dernier à Damerjog. Organisé par l’Agence djiboutienne de Développement Social (ADDS) en collaboration avec le ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle, l’évènement s’inscrit dans le cadre du Projet de protection sociale d’urgence et de réponse aux crises alimentaires du ministère des affaires sociales et des solidarités, financé par la Banque Mondiale.

Une ambiance festive régnait le mardi matin, au centre de formation professionnelle de Damerjog, dans la région d’Arta. Dans une salle soigneusement aménagée, familles, autorités locales, responsables institutionnels et jeunes bénéficiaires partageaient le moment chargé d’espoir.
L’événement n’avait rien d’ordinaire. Il marquait l’aboutissement de quatre mois d’apprentissage intensif pour 32 jeunes de la sous-préfecture, désormais titulaires de certificats professionnels ou de permis de conduire, précieux sésames vers une insertion socioprofessionnelle longtemps espérée.
Outre les bénéficiaires, la cérémonie dédiée à cette évènement s’est déroulé en présence du préfet de la région d’Arta, Hassan Dabaleh Ahmed, de la sous-préfète de Damerjog, Mouna Farah Iyeh, du directeur général de l’Agence Djiboutienne de Développement Social (ADDS), Mahdi Mohamed Djama, du directeur général de la Formation professionnelle au MENFOP, Mohamed Abdi Guedi, du directeur du département Développement social de l’ADDS, Galab Hassan Galab, ainsi que d’élus locaux, de responsables du centre, d’un représentant du conseil régional du secteur et de nombreuses personnalités locales.
L’atmosphère était empreinte de solennité mais aussi d’émotion. Car derrière chaque certificat remis se cache une histoire de persévérance, de difficultés surmontées et d’espoir retrouvé.
Organisée par l’Agence Djiboutienne de Développement Social (ADDS) en collaboration avec le ministère de l’Education nationale et de la Formation Professionnelle’’ (MENFOP) cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet de protection sociale d’urgence et de réponse aux crises alimentaires du ministère des affaires sociales et des solidarités, financé par la Banque mondiale. Son objectif étant d’offrir aux populations les plus vulnérables des outils concrets pour améliorer durablement leurs conditions de vie.

Dans une localité comme Damerjog, où les opportunités d’emploi restent limitées pour les jeunes, notamment pour les femmes, la formation professionnelle représente bien plus qu’un simple apprentissage technique. Elle devient un levier de dignité sociale, d’autonomie financière et de stabilité familiale.
Électricité, informatique, conduite automobile, les filières choisies répondent aux besoins réels du marché local et régional. En effet, outre les nombreuses constructions à l’entrée de la localité, Damerjog abrite la zone franche industrielle du pays. Cette approche vise justement à rapprocher la formation des débouchés professionnels existant dans ce secteur du territoire national.
Des engagements forts des autorités locales
Dans son intervention prononcée à cette occasion, le directeur général de la Formation professionnelle du MENFOP, Mohamed Abdi Guedi a rappelé que ces formations, menées conjointement par l’ADDS et son ministère s’inscrivent dans une dynamique impulsée par les plus hautes autorités du pays pour renforcer les compétences techniques des jeunes et améliorer leur employabilité. « Il est vrai que c’étaient des formations courtes, ciblées, modulaires, mais qui répondent à un besoin du marché du travail », a-t-il souligné, exprimant l’espoir que ces acquis permettront aux bénéficiaires de s’insérer professionnellement. Il a également salué la collaboration durable avec l’ADDS et encouragé les jeunes à envisager non seulement un emploi dans les entreprises locales, mais aussi l’entrepreneuriat : « Vous pouvez être votre propre patron et installer votre propre compte ». Selon lui, l’objectif essentiel reste de leur donner « des compétences qui vont vous permettre d’être autonomes financièrement », avant de féliciter les bénéficiaires pour leur assiduité et leur persévérance, rappelant qu’« un long chemin commence à partir de cet instant ».
Pour sa part, le préfet d’Arta Hassan Dabaleh Ahmed a salué une initiative qui répond directement aux préoccupations quotidiennes des populations.
Il a insisté sur la nécessité de multiplier ce type de programme afin de lutter durablement contre le chômage des jeunes, souvent source de fragilité sociale.
« Investir dans la jeunesse, c’est investir dans la paix sociale et dans l’avenir de notre pays. Lorsque nos jeunes acquièrent des compétences, ils deviennent une force productive pour toute la nation », a-t-il déclaré.
Prenant la parole à son tour, le directeur du département ‘‘Développement Social’’ de l’ADDS, Galab Hassan Galab, principal organisateur de la cérémonie, a indiqué que cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’urgence de protection sociale et de réponse aux crises alimentaires, visant à offrir une formation professionnelle à 400 jeunes adultes issus des régions de l’intérieur. Il a souligné que l’objectif principal est de doter les jeunes de compétences techniques adaptées aux besoins locaux et aux exigences du marché du travail. « L’Agence Djiboutienne de Développement Social a pour mission fondamentale de promouvoir l’autonomisation des populations les plus vulnérables, en particulier la jeunesse djiboutienne », a-t-il affirmé, insistant sur une vision à long terme où « chaque jeune dispose des compétences nécessaires pour s’insérer dignement dans la vie active ». Selon lui, le projet mené à Damerjog illustre parfaitement cet engagement en permettant à 32 jeunes d’acquérir des compétences concrètes en électricité, en informatique ainsi que l’obtention de permis de conduire.
S’adressant directement aux bénéficiaires, Galab Hassan Galab a salué leur courage et leur persévérance : « Vous avez prouvé, par votre persévérance et votre détermination, que chaque obstacle peut être surmonté ». Il leur a rappelé que « ces certificats ne sont que le point de départ d’un parcours prometteur » et que cette formation constitue « une fondation solide » pour bâtir une carrière durable et épanouissante. Il a également exprimé la gratitude de l’ADDS envers la Banque mondiale pour son appui financier décisif, ainsi qu’au MENFOP pour la qualité des formations techniques dispensées. Enfin, il a remercié l’équipe technique de l’ADDS, le conseil régional et la préfecture pour leur accompagnement constant, soulignant que le développement social exige une mobilisation collective et que « personne ne doit être laissé de côté ».
Un événement chargé d’espoir
Parmi les bénéficiaires, certains visages attiraient particulièrement l’attention. Celui d’Intisar Mohamed Ahmed, jeune femme discrète mais déterminée, en faisait partie. Après plusieurs mois d’apprentissage dans le domaine de l’électricité, elle a reçu son certificat avec une émotion difficile à dissimuler. Dans un secteur encore largement dominé par les hommes, son parcours symbolise une avancée importante
« Au début, beaucoup étaient surpris de me voir choisir l’électricité. Mais j’ai voulu prouver que les femmes peuvent réussir dans tous les métiers. Aujourd’hui, je suis fière et j’espère trouver rapidement un emploi pour aider ma famille », confie-t-elle.
À ses côtés, Neima Idriss Farah, certifiée en informatique, partage la même ambition. Souriante, mais consciente des réalités du marché de l’emploi, elle voit cette formation comme un premier pas décisif.
« Avant, je ne savais pas vraiment comment construire mon avenir. Aujourd’hui, j’ai une compétence reconnue. Je veux travailler, continuer à apprendre et soutenir mes proches » nous dit-elle avec un sourire chargé d’espoir.
Galado Mohamed Meigag, elle, a reçu son permis de conduire catégorie B. Une réussite qui peut sembler simple en apparence, mais qui représente un véritable tournant.
Dans plusieurs secteurs — transport, logistique, services — le permis constitue une clé d’accès immédiate au marché du travail. Pour lui, cette qualification ouvre des perspectives nouvelles.
« Avoir le permis, ici, c’est une chance réelle. Cela me permettra de chercher du travail au Port de Damerjog », confie-t-elle avec satisfaction.
À l’issue de la cérémonie, les différentes personnalités présentes ont procédé à la remise officielle des certificats de fin de formation et des permis de conduire aux bénéficiaires. Chaque remise a été chaleureusement saluée par des applaudissements nourris. Dans l’assistance, les familles immortalisèrent ces instants de fierté à travers des photos souvenirs, tout en échangeant félicitations et encouragements. Pour de nombreux parents, voir leurs enfants monter sur l’estrade symbolisait bien plus qu’une simple distinction : c’était l’espoir concret de les voir accéder enfin à un emploi et construire un avenir meilleur.
Dans un contexte économique parfois difficile, ces 32 parcours différents témoignent qu’une politique publique bien pensée et orientée vers la formation peut produire des résultats tangibles. Au-delà des certificats et des permis remis, c’est une nouvelle confiance qui s’installe chez ces jeunes. En tout cas, pour Intisar, Neima, Galado et les 29 autres bénéficiaires, l’heure était le début d’un nouveau chemin d’insertion professionnelle, d’autonomie financière et de possibilité de subvenir aux besoins de leurs familles.
RACHID BAYLEH








































