Le solaire, l’interconnexion régionale et la géothermie ont été au cœur des échanges lors d’une rencontre hier entre le ministre de l’Énergie, Yonis Ali Guedi, et une délégation de la Banque africaine de développement, en mission à Djibouti.

Le ministre djiboutien de l’Énergie, Yonis Ali Guedi, a reçu lundi 4 mai 2026 une délégation de la Banque africaine de développement (BAD) pour des discussions stratégiques axées sur l’accélération des projets énergétiques nationaux et le renforcement de l’intégration électrique régionale, selon un communiqué officiel.

La rencontre, tenue au siège du ministère à Energia Park, a réuni des responsables de l’Électricité de Djibouti (EDD) ainsi que des cadres de la BAD, conduits par Alemayehu Wubeshet Zegeye, chef de division en charge de l’exploitation des systèmes électriques pour l’Afrique de l’Est.

En mission de plusieurs jours dans le pays, la délégation de la BAD a passé en revue plusieurs projets structurants. Parmi les priorités figurent la construction d’une seconde ligne d’interconnexion électrique entre l’Éthiopie et Djibouti, la réalisation d’une centrale solaire photovoltaïque de 50 mégawatts, ainsi que l’édification d’un poste électrique stratégique à Nagad.

Cette mission s’inscrit dans la continuité des échanges engagés par l’institution financière avec les pays de la région, visant à promouvoir des projets énergétiques intégrés et durables. Une attention particulière est accordée au développement du solaire couplé à des systèmes de stockage par batteries, ainsi qu’à l’identification de nouvelles opportunités en phase avec les objectifs de la « Mission 300 », initiative conjointe avec la Banque mondiale destinée à élargir l’accès à l’électricité sur le continent. Les discussions ont également porté sur les mécanismes susceptibles d’accélérer la mise en œuvre des projets photovoltaïques, notamment à travers une approche régionale coordonnée avec l’Éthiopie. Les deux parties ont examiné les contraintes rencontrées dans les projets en cours et les mesures correctives à envisager pour lever les obstacles. Le chef de la mission de la BAD a insisté sur « la nécessité d’un mix énergétique innovant, largement orienté vers les énergies renouvelables », tout en réaffirmant la disponibilité de l’institution à faciliter la mobilisation de financements régionaux au profit des projets portés par l’EDD.

De son côté, le ministre Yonis Ali Guedi a salué le rôle de « partenaire clé » joué par la BAD dans le développement du secteur énergétique djiboutien. Il a rappelé que le potentiel du pays en énergies renouvelables — solaire, éolien et géothermique — constitue un pilier central de la stratégie nationale de transition énergétique.

Dans un contexte international marqué par la volatilité des marchés des hydrocarbures, le ministre a souligné que « le développement des énergies propres représente une alternative durable et stratégique aux combustibles fossiles ». Il a également mis en avant la hausse soutenue de la demande en électricité, portée par l’urbanisation rapide et l’essor des projets immobiliers, appelant à un renforcement significatif des capacités de production.

Plaidant pour un appui accru, le ministre a invité la BAD à orienter vers Djibouti une part des financements mobilisés dans le cadre de la « Mission 300 », afin d’accompagner la concrétisation de ces infrastructures essentielles.

Au terme des échanges, les deux parties ont affiché une convergence de vues et leur volonté commune d’accélérer les prochaines étapes, notamment à travers la finalisation des termes de référence en vue de la signature d’un protocole d’accord, préalable au lancement effectif des projets.

Par ailleurs, les discussions ont été élargies à des thématiques complémentaires telles que le développement de la géothermie et la promotion de solutions de cuisson propre, témoignant d’une approche globale et durable de la politique énergétique nationale.