Une délégation composée du Ministère des Infrastructures et de l’Équipement, de Autorité des Ports et des Zones Franches ainsi que de Djibouti Port Community Systems (DPCS SAS) a participé au séminaire régional organisé par l’Organisation Maritime Internationale (OMI) et la Banque mondiale sur les guichets uniques maritimes et les systèmes communautaires portuaires, tenu à Dar es Salaam, Tanzanie, du 20 au 24 avril 2026. Ce séminaire s’inscrit dans le cadre des efforts internationaux  visant à accélérer la mise en œuvre des guichets uniques maritimes en Afrique de l’Est et australe. En effet, à la suite de la directive adoptée par le Comité de facilitation de l’OMI (FAL 46), l’utilisation d’un guichet unique maritime est devenue obligatoire depuis le 1er janvier 2024 pour l’ensemble des ports des États membres. Dans ce contexte, Djibouti Port Community Systems (DPCS), le Mauritius Single Window (Ile Maurice), KenTrade (Kenya) ainsi que le Busan Port Community System (South-Korea) ont été sélectionnés et présentés comme exemples de bonnes pratiques, afin d’inspirer et d’orienter les autres pays de la région dans leurs propres réformes.

Une vision présidentielle devenue modèle international

Le DPCS a été initié en janvier 2017, lorsque le Président de la République de Djibout, Ismaël Omar Guelleh,a donné instructionau président de l’Autorité des Ports et Zones Franches, Mr. Aboubacar Omar Hadi, de créer une plateforme nationale capable d’unifier, moderniser et digitaliser l’ensemble des procédures liées au commerce extérieur, aux ports et à la logistique.

Cette vision stratégique, portée au plus haut niveau de l’État, a constitué l’étincelle fondatrice qui a permis l’émergence de ce qui est aujourd’hui considéré comme l’une des plateformes les plus avancées au monde. Elle a ensuite été juridiquement consolidée par le Décret n°216/2023/PR/MDENI, promulgué en août 2023, rendant obligatoire l’utilisation du DPCS comme plateforme nationale de soumission unique et d’échange de données pour les opérations liés a l’importation, l’exportation et de transit.

Bien avant que la communauté internationale n’impose cette orientation, Djibouti avait déjà pris de l’avance.

Une avance stratégique sur les standards mondiaux

Depuis le 1er janvier 2024, à la suite de la décision du Comité de Facilitation de l’OMI (FAL 46), l’utilisation d’un Guichet Unique Maritime est devenue obligatoire pour l’ensemble des ports des États membres.

Alors que de nombreux pays entament encore leurs réformes, Djibouti disposait déjà d’une plateforme pleinement opérationnelle, couvrant non seulement les exigences maritimes internationales, mais bien au-delà : ports, zones franches, corridors terrestres, administrations publiques, opérateurs privés, services financiers et échanges de données interinstitutionnelles.

C’est précisément cette longueur d’avance qui a conduit les organisateurs à sélectionner Djibouti Port Community Systems (DPCS SAS) parmi les rares plateformes invitées à être présentées comme best practice mondiale, aux côtés du Mauritius Single Window, de KenTrade et du Busan Port Community System.

DPCS : bien plus qu’un guichet unique

Lors de la présentation officielle à Dar es Salaam, le Directeur général de DPCS, M. Warsama Mouhoumed  Guireh, a retenu l’attention des participants grâce à une approche en trois étapes illustrant l’évolution du DPCS :

Digitalisation intégrale des procédures

Le DPCS a permis la dématérialisation des processus clés : formulaires OMI/FAL, manifestes, bons à délivrer électroniques, listes de chargement et déchargement, procédures gate-in/gate-out, suivi corridor, documentation commerciale et opérations portuaires.

L’objectif étant d’intégrer l’ensemble des processus majeurs, de l’arrivée du navire jusqu’à la livraison de la marchandise. Le résultat escompté est un flux unifié et cohérent couvrant le navire, le terminal, la douane, les opérations financières et le corridor logistique.

La donnée comme levier stratégique

Grâce à la digitalisation des processus logistiques, le DPCS a pu capter des données cohérentes, structurées et fiables à chaque point critique des opérations, notamment les arrivées de navires, la documentation cargo, les opérations douanières et portuaires, ainsi que les mouvements sur les corridors.

Cela a permis mettre en place une architecture de données unifiée, offrant une visibilité partagée entre les différentes parties prenantes tout en réduisant la fragmentation, les duplications et les écarts entre systèmes.

La disponibilité de données de haute qualité a ensuite permis au Djibouti Port Community System de produire et de fournir une intelligence opérationnelle à forte valeur ajoutée, non seulement aux acteurs traditionnels de la communauté portuaire, tels que les agents maritimes, les opérateurs de terminaux, les administrations douanières, les transitaires et les établissements bancaires, mais également à un éventail élargi d’acteurs de l’écosystème commercial, notamment :

• Investisseurs, commerçants et propriétaires de cargaisons : tableaux de bord sur la performance logistique, intelligence de marché, suivi des produits, etc.

• Institutions financières et assureurs : suivi des cargaisons sous crédit documentaire, parts de marché, analyse des flux, etc.

• Prestataires logistiques et opérateurs de corridors : indicateurs de performance, suivi des mouvements, optimisation des opérations.

• Autorités de régulation et organismes d’inspection.

• Décideurs publics et planificateurs.

Diffusée à travers des tableaux de bord décisionnels et des analyses sur mesure, cette intelligence soutient la planification des opérations logistiques, l’élaboration des politiques publiques, la supervision réglementaire, la gestion des risques, ainsi que les décisions liées au commerce et à l’investissement.

Intelligence artificielle et logistique prédictive

Grâce à une base de données solide, fiable et structurée, le Djibouti Port Community Systems (DPCS SAS) évolue aujourd’hui au-delà de la simple production d’analyses pour entrer dans une nouvelle phase fondée sur l’anticipation des comportements opérationnels.

À travers l’intelligence artificielle et des modèles prédictifs, la plateforme est désormais capable d’estimer les dates de sortie des conteneurs en s’appuyant sur les historiques de performance des consignataires et des prestataires logistiques. Elle permet aussi aux importateurs, exportateurs de sélectionner les transitaires et les opérateurs en s’appuyant sur des éléments objectifs relatifs à la performance et à la qualité de service.  Pour les opérateurs de terminaux, cette capacité permettra de :

• Planifier le positionnement des conteneurs selon leur priorité de sortie ;

• Allouer les équipements et les ressources de manière plus efficiente ;

• réduire la congestion, les temps d’attente et les capacités inutilisées.

• Pour les commerçants et consignataires, cette visibilité prédictive permettra de :

• Identifier les prestataires logistiques les plus fiables ;

• Réduire les retards et éviter les coûts imprévus ;

• Renforcer la fiabilité globale de la chaîne logistique.

• Pour les pouvoirs publics et les autorités de régulation, l’anticipation des flux permettra de :

• Mieux cibler les contrôles et inspections ;

• Renforcer l’efficacité de la gestion des frontières et des corridors logistiques.

Cette troisième étape a transformé l’intelligence en capacité d’anticipation, permettant de prendre des décisions éclairées avant que les événements ne surviennent plutôt qu’en réaction à ceux-ci.

Une reconnaissance forte des partenaires internationaux

Les participants au séminaire ont salué le niveau de maturité du modèle djiboutien, l’étendue de son périmètre fonctionnel ainsi que l’impact concret de ses outils de traçabilité, de transparence et d’intelligence économique.

Plusieurs pays ont exprimé leur volonté d’effectuer de futures missions de benchmarking à Djibouti afin de s’inspirer de l’expérience nationale et de bénéficier du savoir-faire développé par les équipes djiboutiennes.

Cette reconnaissance s’inscrit dans une dynamique déjà engagée :

• Missions officielles de benchmarking accueillies de Côte d’Ivoire et de Namibia ;

• Coopération académique avec l’Arab Academy for Science, Technology and Maritime Transport d’Alexandria ;

• Intégration du DPCS dans les programmes de formation logistique nationaux;

• Partage d’expertise sur la gouvernance, la réglementation et l’architecture technique des plateformes communautaires portuaires.

Djibouti exporte désormais son savoir-faire

Le DPCS n’est plus seulement une plateforme nationale. Il devient progressivement un modèle africain de transformation numérique, exportant son expertise, ses méthodes de gouvernance et sa vision intégrée de la logistique et du commerce transfrontalier. À travers cette réussite, Djibouti démontre qu’une vision politique claire, portée par le leadership de l’État et accompagnée d’une exécution technique rigoureuse, peut positionner un pays de taille modeste parmi les leaders mondiaux de l’innovation logistique.

Un symbole de l’ambition nationale

Né d’une vision présidentielle en 2017, renforcé par un cadre légal en 2023 et consacré sur la scène internationale en 2026, le Djibouti Port Community Systems (DPCS SAS) incarne aujourd’hui l’ambition de Djibouti : bâtir une économie moderne, connectée, compétitive et tournée vers l’avenir.