CHINA-ECONOMY

Au deuxième jour du Sommet sur le climat, où il avait convié les dirigeants de quarante pays, Joe Biden a mis l’accent sur les opportunités qu’offre la lutte contre le dérèglement climatique.

Lors de la première journée du Sommet, jeudi 22 avril, la plupart des quarante chefs d’États avaient rehaussé leurs objectifs nationaux de réduction de gaz à effet de serre. Vendredi 23 avril, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie a brutalement ramené sur Terre tous ces dirigeants qui, ensemble, pèsent 80 % des émissions mondiales. «Je vais être abrupt: les engagements ne suffiront pas. Il faut une action réelle dans le monde réel tout de suite», a tancé Fatih Birol.

Ne rien faire serait ruineux… À défaut ? Selon le réassureur Swiss Ré, si la planète se laissait glisser sur la pente actuelle du réchauffement, les cyclones, inondations ou incendies, plus fréquents et violents, les pertes de terres agricoles ou encore les épidémies feraient chuter de 18 % le PIB mondial d’ici à 2050.

Une mine de nouveaux emplois. Résolument optimiste, Joe Biden et son M. Climat, John Kerry, ont vanté le passage à l’acte : «S’attaquer au changement climatique nous donne l’opportunité de créer des millions de bons emplois bien payés», ont-ils déclaré devant un panel de grands patrons, citant les énergies renouvelables, les stations de recharge, l’isolation des bâtiments «et des emplois dont nous n’avons pas encore idée aujourd’hui dans les fermes, les usines, les universités et les laboratoires». Rien qu’aux États-Unis, Biden mise sur 19 millions de nouveaux emplois grâce à 2 250 milliards de dollars d’investissement dans les infrastructures, sur huit ans.

Des secteurs prioritaires. Selon la Banque mondiale, l’investissement ne va pas seulement atténuer les conséquences du réchauffement, il va générer de la richesse : consacrer 1 800 milliards de dollars à cinq domaines prioritaires – systèmes d’alerte précoce, infrastructures résistantes aux catastrophes météo, agriculture en zone aride, protection des mangroves et résilience des ressources en eau — rapporterait quatre fois plus.

Une solide taxe carbone. Pour financer l’effort, le Fonds monétaire international appelle à renchérir et harmoniser la taxe carbone, pour inciter les consommateurs à privilégier des équipements peu énergivores et des transports moins émetteurs de CO2. «Plus de soixante systèmes de tarifications ont été mis en œuvre, mais le prix mondial moyen est actuellement de 2 $/t», déplore sa directrice, Kristalina Giorgeva. Une taxe à 50 dollars en 2030 pour les pays du G20 et à 25 dollars pour les économies émergentes doublerait la réduction des émissions de GES par rapport aux engagements actuels, tout en en redistribuant de l’argent aux plus pauvres. La croissance mondiale y gagnerait 0,7 % par an.