La FAO en collaboration avec le ministère de l’agriculture a organisé hier un atelier de formation des formateurs au Djibouti Place Kempinski. Ces assises  qui se poursuivront jusqu’au 17 septembre ont rassemblé toutes les personnes impliquées de prés ou de loin dans la lutte contre le criquet pèlerin dans notre pays.

L’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a répondu à l’appel du ministère de l’agriculture, de l’eau, de la pêche, de l’élevage et des ressources halieutiques (MAEPE-RH) de la République de Djibouti pour faire face à l’invasion de criquet pèlerin qui sévit dans la région de la Corne de l’Afrique depuis le mois de novembre 2019. L’objectif de cet atelier d’une durée de 5 jours , est de renforcer les capacités des personnes ressources en République de Djibouti pour prévenir et mieux gérer une crise acridienne, et ainsi réduire significativement les effets dévastateurs d’une invasion.

Cette formation s’inscrit dans le cadre du Plan d’action National de lutte contre le criquet pèlerin validé précédemment le 27 Août 2020. 

Au total, 27 participants bénéficieront directement de cette formation, dont 5 coordonnateurs  de la FAO dans les régions, plusieurs cadres et techniciens du MAEPE-RH issus des 5 régions du pays. Ces formateurs formeront, à leurs tours, les équipes au niveau régional.

Et pour assurer cette formation, la  FAO a fait appel à l’expertise d’un consultant international expert dans la lutte antiacridienne pour dispenser ce transfert de compétence.

Au cours de cinq jours d’immersions théoriques et pratiques, les 27 futurs formateurs devront acquérir  les connaissances nécessaires pour la lutte antiacridienne. Ils seront amenés à réfléchir sur des questions tels que comment reconnaître le criquet pèlerin, comment vivent-ils,  et comment commencent les invasions.

Les participants devront également se familiariser avec les outils de lutte qu’eux et leurs équipes sur le terrain seront amenés à utiliser pour maîtriser les invasions (pesticides, techniques de pulvérisation, …). Ils aborderont également la question de l’atténuation des risques liés à l’utilisation des pesticides, sur la santé et l’environnement.

Pour rappel, des milliards de criquets pèlerins se sont propagés à travers l’Afrique de l’Est depuis le mois de novembre 2019 et ont ravagé les cultures agricoles et les pâturages mettant à mal la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans des pays déjà vulnérables, comme la Somalie, l’Ethiopie et Djibouti. Les pertes agropastorales à Djibouti, suite à cette invasion, ont été estimées à 6,5 Millions de dollars US , et les besoins de relèvement des six régions affectées que sont Arta, Dikhil, Ali-Sabieh, Tadjourah, Obock et la périphérie de la ville de Djibouti à 8 Millions USD. Il pourrait s’agir de la plus grave invasion de criquet pèlerin observée depuis plus de 25 ans, selon les experts.

La FAO réitère ainsi sa volonté à appuyer le ministère de l’agriculture, de l’eau, de la pêche, de l’élevage et des ressources halieutiques dans la mise en place d’un système de veille en lutte antiacridienne dans notre pays  en intégrant les dispositifs de surveillance, des opérations de contrôle, de gestion des pesticides et des ressources humaines.

Cette formation a été réalisée avec l’appui des partenaires tels que la Banque Mondiale, la République Fédérale d’Allemagne, EuropeAid (Union Européenne), la Mastercard Foundation, le Royaume des Pays Bas et la Bill & Melinda Gates Foundation.

N. Kadassiya