Un atelier de sensibilisation sur la mise en œuvre effective des sanctions à l’encontre de la Corée du Nord a été organisé à Djibouti du 20 au 21 mars dernier pour des participants en provenance des pays africains d’expression française. L’atelier a été organisé par CRDF Global et Compliance and Capacity Skills International (CCSI) avec le soutien d’Affaires mondiales Canada.

Les participants ont pu profiter de la publication d’un guide spécifiquement développé pour répondre aux attentes de cet atelier dont le thème principal est consacré au « Manuel d’application des sanctions de l’ONU contre la Corée du Nord » ainsi que trois études de cas intitulées « Application des sanctions des Nations  Unies et le rôle des autorités de contrôle des frontières africaines », « Contournement des sanctions nord-coréennes en Afrique » et « les cybermenaces et la communauté internationale ».

Les participants ont ainsi été sensibilisés sur les modalités des sanctions de l’ONU contre la Corée du Nord, les activités commerciales illicites de la Corée du Nord en Afrique, et les méthodes utilisées par les acteurs commerciaux et diplomatiques nord-coréens pour déjouer les sanctions commerciales.

L’atelier, qui a réuni les représentants d’une dizaine de pays africains francophones, a été l’occasion de passer en revue les modules du manuel.

Le document fournit des conseils destinés aux secteurs publics et privés pour mettre en œuvre leurs obligations internationales contre le régime de Pyongyang.

Cet atelier permettra notamment aux participants confrontés aux violations des sanctions, potentielles ou réelles, de protéger leurs systèmes financiers, commerciaux ou défense nationale.

Au cours de ces deux jours de travaux marqués par d’intenses échanges d’idées et d’informations, les participants ont pu aborder les aspects tels qu’une introduction au programme nucléaire illégal de la Corée du Nord, la réponse de la communauté internationale et l’architecture  des sanctions des Nations Unies. L’étude détaille des obligations de mise œuvre des sanctions à l’usage des gouvernements et du secteur privé, l’analyse de cas réels qui permettent d’illustrer les activités diplomatiques et commerciales illicites de la Corée du Nord, les voies et moyens pour les autorités publiques et les responsables d’entreprises pour mettre en place un système de conformité aux sanctions à l’échelle d’un pays donné.

Ashley Taylor, en charge du secteur des nouvelles technologies auprès de CCSI, une fondation américaine pour la recherche civile et le développement, a expliqué que les pays africains ont une longue relation avec la Corée du Nord qui date de l’époque coloniale.

Ce qui fait du continent une cible potentielle quant aux trafiques illicites et la prolifération des armes avec la Corée du Nord. La responsable a par ailleurs indiqué que le régime de Pyongyang est devenu expert dans le domaine du piratage informatique, ne manquant de citer les innombrables actes de piratages informatiques perpétrés par des groupes de hackers parrainé par la Corée du Nord, tel que le groupe LAZARUS.

Avec la Corée du Nord « il faut toujours prendre des précautions et un pays comme Djibouti qui est un hub commercial et une plateforme portuaire, le risque est considérable », a indiqué Martin Rion Lefebre du CCSI qui n’a manqué de rappeler que «l’ONU appelle tous les Etats membres à redoubler d’efforts pour appliquer pleinement les mesures contenues dans les résolutions et à coopérer les uns avec les autres, notamment en ce qui concerne l’inspection, la détention et la saisie des objets dont le transfert est interdit par les résolutions ».

Les sanctions des Nations Unies contre la Corée du Nord et son programme militaire nucléaire illégal sont d’une portée sans précédent.

Celles qui affectent  le commerce des armes conventionnelles et des produites de base ont une incidence sur les intérêts économiques et la sécurité nationale des Etats africains.