
Lieu emblématique de l’histoire contemporaine de Djibouti, le Mémorial du Barrage de Djibouti EEGA s’impose aujourd’hui comme un espace majeur de mémoire, de pédagogie et de dialogue intergénérationnel. À travers ses expositions, ses archives et ses actions éducatives, il contribue à préserver un épisode déterminant du parcours national et à en transmettre les enseignements aux générations présentes et futures.

Musée thématique dédié à l’histoire du Barrage de Djibouti, le Mémorial rappelle la division imposée à la capitale en 1966 par l’administration coloniale française. Un barbelé miné et électrifié, long de 14,5 kilomètres, avait alors coupé la ville en deux pendant près d’une décennie, jusqu’à l’accession du pays à l’indépendance en 1977. Cette séparation brutale, encore vive dans la mémoire collective, constitue le cœur du récit historique porté par le site.
Le Mémorial du Barrage EEGA a été officiellement inauguré par Son Excellence M. Ismaïl Omar Guelleh, Président de la République de Djibouti, à l’occasion du 45ᵉ anniversaire de l’indépendance nationale. Cette inauguration solennelle a consacré le lieu comme un espace de reconnaissance officielle des luttes menées et des sacrifices consentis pour la liberté et la souveraineté du pays.

Depuis 2022, le Mémorial a accueilli 1 280 élèves issus de 44 établissements scolaires, dont 34 privés et 10 publics.
Ces visites pédagogiques s’inscrivent pleinement dans sa mission fondamentale : sensibiliser les jeunes générations à l’histoire nationale et leur permettre de comprendre les événements qui ont façonné Djibouti. Grâce à une exposition permanente, des témoignages poignants et des parcours guidés, le site offre une expérience éducative immersive, favorisant la transmission des valeurs de liberté, de solidarité et de citoyenneté. Dans une démarche d’innovation et d’ouverture, le Mémorial a lancé en juin 2025 une plateforme numérique intitulée « Mémoires de Djibouti », accessible en ligne. Cet outil vise à collecter, préserver et diffuser témoignages, archives et récits liés à l’histoire nationale, rendant la mémoire accessible au plus grand nombre et particulièrement aux jeunes générations, dans une logique de transmission durable.
Les archives du Mémorial constituent un fonds documentaire riche et diversifié. Elles regroupent des collections photographiques rares, des archives physiques telles que des articles de la presse française de l’époque, des documents audiovisuels – documentaires et reportages – ainsi que de nombreux témoignages de citoyens ayant vécu la période du Barrage. Ces ressources précieuses nourrissent la recherche, l’enseignement et la réflexion citoyenne, tout en assurant la préservation d’un patrimoine historique unique.
Depuis sa création, le Mémorial du Barrage de Djibouti EEGA est devenu un véritable lieu d’expression citoyenne et de rassemblement. Conférences historiques animées par des chercheurs et des témoins directs, rencontres intergénérationnelles, cérémonies commémoratives, projections de films documentaires et initiatives éducatives rythment une programmation variée et accessible. Au-delà des archives écrites et visuelles, le site joue également un rôle essentiel dans la valorisation du patrimoine immatériel. Les récits de vie et témoignages oraux recueillis auprès des anciens habitants de la ville, longtemps restés dans l’ombre, trouvent aujourd’hui un espace de reconnaissance. En les intégrant aux expositions et aux supports pédagogiques, le Mémorial préserve une mémoire vivante et incarnée, complément indispensable à l’histoire officielle. Ouvert, vivant et évolutif, le Mémorial du Barrage EEGA entend poursuivre sa mission en s’adaptant aux attentes des nouvelles générations et en intégrant des outils pédagogiques modernes. En contribuant au rayonnement culturel et historique de Djibouti, tant au niveau national qu’international, il s’affirme comme un lieu de référence pour comprendre l’histoire contemporaine du pays et inscrire l’expérience djiboutienne dans les débats plus larges sur la décolonisation, la mémoire et l’autodétermination.
Mohamed Chakib












































