
Dans la journée d’hier s’est ouvert au sheraton un atelier de formation dédié aux professionnels des médias. Organisée par l’Union de la Presse Francophone de Djibouti, en collaboration avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable et avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le Développement, cette initiative place les journalistes au cœur de la réponse nationale face à l’urgence climatique.

Mais au-delà de l’événement lui-même, ce sont les interventions des principales figures ayant pris la parole lors de la cérémonie d’ouverture qui ont donné toute sa portée à cet atelier. Ouvrant la série des allocutions, Kenedid Ibrahim Houssein, président de l’Union de la Presse Francophone de Djibouti, a posé d’emblée le cadre et les ambitions de cet atelier. Dans un discours à la fois engagé et pédagogique, il a rappelé que le changement climatique n’est plus une menace abstraite, mais une réalité tangible qui affecte déjà le quotidien des Djiboutiens.
« L’augmentation des températures, la rareté des pluies, la montée du niveau de la mer et la fréquence accrue des phénomènes extrêmes affectent déjà nos populations, nos ressources naturelles et notre économie », a-t-il souligné .

Face à cette situation, le président de l’UPF a insisté sur la responsabilité particulière des journalistes. Pour lui, le rôle des médias dépasse désormais la simple transmission de l’information. Il s’agit d’un véritable engagement citoyen et professionnel : expliquer, contextualiser et sensibiliser.
« Informer avec rigueur, expliquer avec pédagogie, alerter sans sensationnalisme et mobiliser sans dramatisation excessive », telle est la ligne de conduite qu’il a tracée pour les professionnels des médias .
Dans cette perspective, cet atelier apparaît comme un levier essentiel pour renforcer les compétences des journalistes. Il vise à leur permettre de mieux comprendre les enjeux climatiques, de maîtriser les outils du journalisme environnemental et de produire des contenus adaptés aux réalités locales.
Mais au-delà de la formation technique, Kenedid Ibrahim Houssein a également mis en avant la nécessité de créer une dynamique collective. Il a plaidé pour la mise en place d’un réseau de journalistes engagés sur les questions climatiques, capable de porter une voix forte et responsable dans le débat public.

« Il ne s’agit pas seulement de transmettre une information, mais de contribuer à une prise de conscience collective et à l’émergence de solutions durables », a-t-il affirmé.
Philippe Clerc, Représentant résident adjoint du PNUD à Djibouti, a apporté une dimension internationale et prospective à la réflexion.
Dans son allocution, il a rappelé que le changement climatique constitue un défi systémique, aux implications directes sur les trajectoires de développement. À Djibouti, ses effets sont déjà visibles, notamment à travers la pression sur les ressources en eau et la vulnérabilité des moyens de subsistance.
Pour lui, l’un des enjeux majeurs réside dans l’accès à une information fiable et orientée vers l’action. Les médias jouent à cet égard un rôle stratégique en faisant le lien entre les connaissances scientifiques et le grand public.
« Au-delà de la simple diffusion d’informations, ils traduisent et vulgarisent des contenus complexes en messages clairs et accessibles », a-t-il déclaré, soulignant leur contribution à un débat public informé et à une meilleure appropriation des solutions.
Philippe Clerc a également insisté sur la nécessité de mettre en lumière les solutions. Initiatives d’adaptation, développement des énergies renouvelables, gestion durable des ressources naturelles ou encore innovations locales : autant de leviers à valoriser pour renforcer la résilience des communautés.
Selon lui, la transition climatique repose sur trois piliers : des politiques solides, des financements adaptés et un écosystème d’acteurs engagés, parmi lesquels les médias occupent une place stratégique.
Consolider un espace public informé, inclusif et orienté vers des solutions
En renforçant les capacités des journalistes, le PNUD contribue ainsi à « consolider un espace public informé, inclusif et orienté vers des solutions ».
Clôturant la série des interventions, M. Dini Abdallah Omar, Secrétaire général du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, a replacé l’atelier dans une perspective plus large, celle des politiques publiques et de la gouvernance climatique.
Dans une intervention dense et structurée, il a rappelé que le changement climatique constitue un enjeu global majeur, résultant notamment de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Les observations scientifiques, a-t-il indiqué, confirment une élévation des températures, une montée du niveau de la mer et une intensification des événements climatiques extrêmes.
À Djibouti, ces phénomènes se traduisent déjà par des impacts concrets : pression accrue sur les ressources en eau, fragilisation des systèmes de production, dégradation des écosystèmes et vulnérabilité des zones côtières. Ils affectent également la sécurité alimentaire, la santé publique et les moyens de subsistance des populations .
Face à ces défis, la réponse nationale repose sur deux axes complémentaires : l’adaptation, visant à renforcer la résilience des systèmes naturels et humains, et l’atténuation, orientée vers la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Dans ce dispositif, le ministère joue un rôle central en assurant la coordination des politiques climatiques, notamment à travers la mise en œuvre des Contributions Déterminées au niveau National (CDN) et la mobilisation des financements climatiques.
Mais pour Dini Abdallah Omar, la réussite de ces politiques dépend aussi de la qualité de l’information diffusée auprès du public. C’est là que les médias interviennent comme un maillon essentiel.
« Les médias assurent non seulement la diffusion de l’information, mais participent également à la transparence, à la redevabilité et au suivi des politiques publiques », a-t-il souligné .
Il a également insisté sur leur rôle dans la vulgarisation des données scientifiques et dans la lutte contre la désinformation. Dans un contexte de digitalisation croissante, où l’information circule rapidement, la fiabilité des sources et la rigueur du traitement journalistique deviennent des enjeux cruciaux.
L’atelier, a-t-il expliqué, vise précisément à renforcer cette interface entre la production de connaissances scientifiques et leur diffusion médiatique. Il doit permettre d’améliorer la qualité des contenus, de promouvoir l’utilisation de sources fiables et de structurer un réseau de journalistes engagés.
Au-delà des discours, cet atelier de trois jours s’inscrit dans une démarche concrète de renforcement des capacités. Il vise à améliorer la compréhension des enjeux climatiques, à développer des compétences en journalisme environnemental et à encourager la production de contenus de qualité.
La formation alterne exposés théoriques, exercices pratiques et échanges d’expériences, permettant aux participants de s’approprier les outils nécessaires pour traiter efficacement les questions climatiques.
Elle ambitionne également de créer une dynamique durable, en favorisant la mise en réseau des journalistes et en renforçant leur engagement sur ces thématiques.
Rappelons que cet atelier est animé par deux experts en l’occurrence M.Abdoulakader Oudoum et M.Abdourahman Mohamed Abdourahman.
L’ouverture de cet atelier de formation marque une étape importante dans la lutte contre les changements climatiques à Djibouti.
En plaçant les journalistes au cœur de cette démarche, les organisateurs reconnaissent leur rôle essentiel dans la sensibilisation et l’information du public.
Cette initiative, fruit d’une collaboration entre l’Union de la Presse Francophone de Djibouti, le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable et le Programme des Nations Unies pour le Développement, illustre une approche collective et proactive face à l’urgence climatique.









































