A Tadjourah, plus d’une centaine de jeunes se sont retrouvés pour une démonstration de Van Vo Dao. Bien au-delà de la performance sportive, l’événement a mis en lumière une jeunesse encadrée, appliquée et résolument tournée vers des valeurs de discipline et de respect.

Sur le terrain, tout commence dans le calme. Les jeunes s’alignent, saluent, prennent place. Les visages sont sérieux, les regards concentrés. Puis les premiers enchaînements s’enclenchent. Les gestes sont nets, répétés, maîtrisés. Rien n’est improvisé. Chaque mouvement est le résultat d’un travail patient, souvent discret, mené loin des regards.

Venus des clubs de Djibouti et de Tadjourah, les participants ont montré un niveau technique solide. Les séquences s’enchaînent avec fluidité. Les groupes évoluent ensemble, dans une synchronisation qui demande rigueur et écoute. À certains moments, le silence s’installe dans le public, comme pour ne pas perturber l’équilibre en cours. Puis les applaudissements viennent ponctuer les passages les plus marquants.

Dans l’assistance, les parents occupent une place particulière. Certains observent attentivement, d’autres filment avec leurs téléphones. Tous suivent avec attention. On devine la fierté dans leurs regards. Pour eux, cette démonstration n’est pas seulement un spectacle : c’est la preuve concrète des efforts fournis par leurs enfants, semaine après semaine. Le Van Vo Dao, tel qu’il est pratiqué ici, dépasse le simple cadre sportif. Il impose des règles, un cadre, une discipline. Il apprend à attendre son tour, à écouter, à respecter l’autre. Les encadreurs insistent sur cet aspect. « Nous ne formons pas seulement des jeunes qui savent exécuter des techniques », explique l’un d’eux. « Nous les aidons à se construire, à gagner en confiance et à trouver leur place. »

Ce travail de fond se ressent sur le terrain. Les jeunes ne se contentent pas d’exécuter. Ils sont attentifs, impliqués, présents. Leur attitude reflète un encadrement constant. Derrière chaque posture, il y a des consignes assimilées, des habitudes construites, un cadre respecté.

L’événement a également rassemblé plusieurs acteurs locaux.

La Sous-direction régionale du SES de Tadjourah, des responsables sportifs ainsi que des autorités administratives ont fait le déplacement. Leur présence témoigne d’un intérêt réel pour ce type d’initiatives. Elle envoie aussi un message clair : le sport a toute sa place dans l’accompagnement de la jeunesse.

Au-delà de la démonstration, cette rencontre a permis des échanges entre clubs. Les jeunes ont pu observer d’autres groupes, comparer leurs pratiques, apprendre différemment. Ce contact est important. Il crée des liens, renforce le sentiment d’appartenance à une même discipline, et ouvre des perspectives.

À Tadjourah, cet après-midi a donné une image simple mais forte : celle de jeunes engagés dans une activité structurée, encadrés par des adultes investis, soutenus par leurs familles.

Dans un contexte où les attentes autour de la jeunesse sont nombreuses, ce type d’initiative apporte des réponses concrètes.

Le Van Vo Dao connaît aujourd’hui un développement visible à Djibouti. De plus en plus de jeunes s’y intéressent. Les clubs se structurent, les encadreurs s’impliquent, les occasions de se rencontrer se multiplient. Ce mouvement reste progressif, mais il s’installe durablement.

Pour les responsables présents, l’objectif est clair : continuer à offrir aux jeunes des espaces où ils peuvent apprendre, progresser et s’exprimer dans un cadre sain. Le sport, dans ce sens, devient un outil utile, accessible et porteur.

En fin de séance, les participants se regroupent pour le salut final. Les visages sont plus détendus. Certains échangent, d’autres restent concentrés jusqu’au bout. Le public applaudit une dernière fois. L’ambiance se relâche, mais une impression demeure.

À travers cette rencontre, Tadjourah a montré une réalité essentielle : lorsque les jeunes sont encadrés avec sérieux et accompagnés avec constance, ils répondent présents. Sur le terrain, cela se voit. Et en dehors, cela se construit, pas à pas.