L’État djiboutien engage un tournant décisif dans la maîtrise de ses dépenses énergétiques. Réunie au Palais du Peuple, la Plateforme des Secrétaires généraux a officiellement lancé un dispositif interministériel de rationalisation visant une réduction de 40 % des consommations énergétiques des institutions publiques. Une ambition à la hauteur des enjeux budgétaires, alors que la facture énergétique pèse lourdement sur les finances publiques, avec des pertes estimées à près de 5 milliards de francs par an.

Présidée par le Secrétaire général de la Primature, Naguib Abdallah Mohamed Kamil, cette réunion stratégique s’inscrit dans la continuité des travaux engagés depuis la rencontre interministérielle du 11 juin 2025.  Les concertations menées avec le ministère de l’Énergie, le ministère du Budget et Électricité de Djibouti ont mis en lumière un constat sans équivoque : l’État représente près de 30 % de la production nationale d’électricité et figure parmi les principaux consommateurs du pays.

Face à cette réalité, les participants ont acté la mise en place d’un dispositif opérationnel structuré autour d’une gouvernance claire. La Plateforme des Secrétaires généraux jouera un rôle central, avec la désignation de points focaux dans 18 départements ministériels.

Une feuille de route 2025–2026 a été adoptée, distinguant des mesures immédiates — réduction des usages hors horaires administratifs, correction des anomalies techniques — et des actions structurelles telles que des audits énergétiques approfondis, des investissements ciblés et la modernisation des équipements. La question de la fiabilité des données a également été placée au cœur du dispositif: recensement exhaustif des abonnements, vérification des puissances souscrites, mise à jour des compteurs et régularisation des arriérés. Un mécanisme de suivi-évaluation avec reporting mensuel des courbes de charge par ministère viendra renforcer la transparence et la redevabilité. Parmi les gisements d’économies identifiés figurent l’optimisation des réglages de climatisation — recommandés entre 22 et 24°C — la limitation des appareils en veille et la réduction des consommations durant les nuits et week-ends.

Un accord de principe a été scellé pour l’activation immédiate du dispositif, avec des obligations de résultats pour chaque département.

Les prochaines étapes incluent l’inventaire des sites, la consolidation d’un référentiel de données fiable et la validation des plans d’action ministériels attendue début avril 2026. À travers cette initiative, l’État entend conjuguer rigueur budgétaire, efficacité administrative et responsabilité environnementale.