Le ramadan est un mois saint et béni pour tous les musulmans, c’est l’occasion de se remplir de spiritualité, d’adoration et d’abstinence, Il symbolise le pardon et le rapprochement avec Allah. Cependant, ce mois est souvent détourné par la surconsommation, le gaspillage alimentaire et la fête de la boulimie ou l’on s’empiffre à l’infini durant le soir.

Le ramadan est  bien entamé, quatrième pilier de l’islam, il est une période de grande importance pour le calendrier musulman. Aussi, ce mois de privation et de partage représente une haute saison pour les commerçants et pousse les jeûneurs à faire trop de marketing pour calmer l’apathie de la faim.

Pour les familles, les préparatifs pour ce début de ramadan vont bon train à tel point que les boutiques ne désemplissent pas dans les grandes artères commerciales de la ville (PK 12, Place Mahamoud Harbi, Ryad).

Pour les commerçants c’est une période propice à leurs activités à l’exemple du magasin Harir où Mme Amina explique qu’elle stocke depuis le mois de décembre, spécialement pour le ramadan les nouveaux articles de casseroles dans son dépôt. Tout est prêt et disponible, ustensiles de cuisine pratiques  mais tous les matériels religieux pour bien communier avec Allah (tapis pour prier, chapelet, coran, boubou..etc.). C’est un mois alliant spiritualité, partage et décoration intérieure, nous dit-elle.

Autres lieux de vente stratégique lors du Ramadan, les grandes surfaces comme Nougaprix caractérisés par une forte affluence de jeûneurs. On y observe deux files d’attente distinctes : l’une, chargée, pour le matériel et les provisions, et une autre, plus spirituelle et moins dense, se préparant pour le mois sacré, il y a également, celles qui cherchent des solutions rapides (plats préparés) pour la rupture du jeûne

Pour certains commerces, le chiffre d’affaires peut représenter 15% à 20% de chiffre d’affaires annuel, tels que les pâtisseries, les bouchers qui génèrent 3 mois de chiffres d’affaires habituel en un seul mois. Quant à la livraison à domicile, elle atteint des pics énormes entre 20h et 23h30 avec des flux en hausse de 30 à 40% par rapport à la moyenne annuelle.

Excès de consommation

Pendant le ramadan, la fin du jeûne entraîne parfois des excès alimentaires en tout genre, ce qui peut être néfaste pour la santé. La surconsommation alimentaire pendant cette période est un phénomène paradoxal fréquent, où les tables de rupture du jeûne (iftar) sont souvent surchargées au coucher du soleil, dépassant largement les besoins réels des convives. Et le soir, la table est souvent mieux garnie que le nombre d’invités, avec des repas parfois plus fastueux que la normale. Ce phénomène, entraînant des repas trop riches et sucrés, provoque des pics glycémiques, des prises de poids, une fatigue accrue et des problèmes digestifs, soulignant la difficulté d’équilibrer tradition et santé.

Poussés par la faim du jeûne et le marketing, les achats compulsifs augmentent, entraînant des tables surchargées et des dépenses en hausse.

Mohamed, 11 ans, qui entame son tout premier ramadan cette année souligne son grand enthousiasme pour bien manger et dévorer tout lors de iftar mais l’estomac a ses limites, sa mère inquiétante, le pousse à prendre encore de soupe, de gâteau alors qu’ il n’en peut plus. La  surconsommation lors de l’iftar entraîne fréquemment des lourdeurs digestives, empêchant certains jeûneurs d’accomplir la prière de Tarawihs avec aisance.

Les repas copieux après le jeûne provoquent une distension gastrique et une acidité accrue, rendant tout mouvement difficile. Pendant le mois de Ramadan, l’organisme est trop sollicité par la digestion ce qui le fatigue fortement et perturbe le sommeil.

C’est pourquoi, les professionnels de la santé recommandent en ce sens une rupture du jeûne légère, suivie d’une marche légère après l’iftar pour améliorer la digestion.

C’est une tendance qui malheureusement contraste fortement avec les valeurs de partage, de modération et d’empathie du mois béni de ramadan qui préconise abstinence, retenue et effort.

Concernant le gaspillage, l’ampleur du gâchis varie et s’amplifie selon les conditions économiques de chaque famille, il y a des foyers qui après chaque dîner le soir, jettent presque 50 à 1500 bouffes par jour pendant le mois du ramadan.

Le Ramadan est un mois de spiritualité et de discipline, contredisant souvent la surconsommation observée. Limiter les excès alimentaires permet de ressentir la faim des démunis, favorisant la solidarité et évitant le gaspillage. Manger modérément au futour est essentiel pour la santé, évitant la fatigue et le stockage de graisses.

Saleh Ibrahim Rayaleh