
À l’occasion d’une table ronde stratégique organisée hier, le Ministre de l’Économie et des Finances, chargé de l’Industrie M. Ilyas Moussa Dawaleh, a annoncé une série de mesures d’envergure pour débloquer l’accès à la propriété immobilière. Entre levée de la garantie silencieuse et gratuité des commissions, le gouvernement accentue sa pression et son soutien sur le secteur bancaire.

C’est un dossier qui ne quitte plus le sommet de la pile des priorités nationales, le logement abordable. Hier mardi 3 mars 2026, dans une atmosphère de travail réunissant la Ministre de la Ville, de l’Urbanisme et de l’Habitat Mme Amina Abdi Aden, le Gouverneur de la Banque Centrale de Djibouti M. Ahmed Osman Ali, le Directeur Général du Fonds de Garantie de Djibouti M. Aoud Ahmed Aoud et les patrons des banques de la place, le Ministre de l’Économie et de Finance M. Ilyas Moussa Dawaleh, a dressé un bilan sans concession, mais résolument tourné vers l’action.

Le point d’orgue de cette rencontre qui s’est tenue au Cabinet du ministre de l’Economie et de Finance, a été la confirmation d’une décision prise en décembre dernier, la levée de la garantie silencieuse. Jusqu’ici, ce mécanisme de partage de risque entre l’État et les banques manquait de visibilité. En officialisant la mise en œuvre de cette levée le mois de février, le gouvernement envoie un signal fort de transparence.
« Cette orientation traduit une volonté claire d’adaptation et de renforcement du dispositif », a martelé le Ministre de l’Economie. L’objectif est d’affirmer l’engagement de l’État comme partenaire direct du risque hypothécaire, tout en exigeant des banques un suivi plus rigoureux et une meilleure réactivité dans l’octroi des crédits.
Conscient que le coût du crédit reste un frein majeur pour les ménages à revenus modestes et intermédiaires, le gouvernement a décidé de frapper fort sur les frais annexes. Pour une période de 12 mois, les commissions applicables aux produits des promoteurs publics (ARULOS ET SIAF) sont portées à 0 %.
Il s’agit d’un effort financier substantiel pour les caisses de l’État, d’autant que les taux pratiqués jusqu’ici (0,5 % à 0,95 %) étaient déjà parmi les plus bas au monde. Cette mesure vise à créer un appel d’air immédiat pour les familles Djiboutiennes souhaitant devenir propriétaires. Le diagnostic est clair, le foncier n’est plus le goulot d’étranglement. Avec plus de 6 000 parcelles commercialisées par l’ARULOS entre 2024 et fin 2025, l’offre physique est là. Le Ministre de Finance et de l’Economie M. Ilyas Moussa Dawaleh a toutefois souligné le décalage persistant entre cette disponibilité de terrains et le volume de crédits accordés.
Pour illustrer le potentiel du mécanisme de garantie, le Ministre de l’Economie et de Finance a cité le succès du volet dédié aux petites et moyennes entreprises (MTPME/MTPMI) au sein du Fonds de Garantie de Djibouti (FOGAD), 357 opérations traitées et 1,5 milliard de FDJ mobilisés.
« Nous devons aujourd’hui permettre au segment du logement abordable d’atteindre un niveau de performance similaire », a insisté M. Ilyas Moussa, rappelant que les ressources publiques déposées dans les banques doivent servir, en retour, les priorités de développement national.
Au-delà des chiffres, le discours du ministre de l’Economie et de Finance a rappelé la dimension sociale et économique de ce projet. En stimulant le secteur immobilier, l’État ne se contente pas de loger les familles, il crée de l’emploi et consolide la classe moyenne, pilier de la stabilité du pays.
Sceller un partenariat public-privé indéfectible
L’ambition pour 2026 est désormais de sceller un partenariat public-privé indéfectible, où chaque acteur, banques, régulateurs et promoteurs, joue sa partition pour que la propriété immobilière ne soit plus un luxe, mais un droit accessible à tous dans des conditions soutenables.
La Ministre de la Ville, de l’Habitat et de l’Urbanisme de Djibouti, Mme Amina Abdi Aden a déploré, que deux années après, les contraintes auxquelles sont confrontés les foyers à revenu modeste pour accéder à un logement décent demeurent inchangées.
Et c’est avec une conviction empreinte d’empathie qu’elle a insisté sur la nécessité de donner à ces familles la possibilité d’accéder à un logement, soulignant ainsi l’impérieux devoir des acteurs concernés de leur offrir cette chance. Elle a accentué que le projet, initialement conçu pour être un levier de changement, soit à ce jour loin d’avoir atteint les objectifs qu’il s’était fixés, laissant ainsi un goût d’inachevé. La ministre a rappelé l’intention de la tenue de cette réunion, expliquant que c’est dans cette optique qu’a été sollicitée une réunion avec les acteurs clés de ce projet, notamment les banques, afin de comprendre les freins qui entravent leur participation financière. Il est essentiel de lever les obstacles qui empêchent ces institutions de soutenir un projet aussi vital pour les familles à revenu modeste, et de trouver ensemble des solutions pour débloquer ce dossier a assuré la ministre de la Ville, de l’Habitat et de l’Urbanisme. Le Gouverneur de la Banque Centrale de Djibouti M. Ahmed Osman Ali, avec une conviction empreinte de solennité, a affirmé que la réalisation de ce projet revêtait une importance capitale. Il a souligné que des études approfondies et pertinentes avaient été menées à son encontre, mettant en lumière les enjeux et les opportunités qu’il recèle.
Poursuivant son propos, le Gouverneur a rappelé que récemment, les acteurs concernés se sont réunis pour réexaminer avec la plus grande attention les paramètres financiers, notamment le coût de financement et les modalités de déblocage. Fort de ces réflexions, il conclut avec détermination qu’il est désormais temps de passer à l’action et de concrétiser ce projet tant attendu.
Durant cette réunion, le Directeur du Fonds de Garantie de Djibouti M. Aouad Ahmed Aouad a pris la parole pour dresser un tableau détaillé des actions programmées et des réalisations concrètes de ce projet. Avec clarté et précision, il a exposé les étapes franchies, les objectifs atteints et les perspectives qui s’offrent désormais. Sa présentation, riche en informations, a permis aux participants de mesurer l’avancement du projet et de mieux appréhender les défis qui restent à relever. Un débat fécond et empreint de convivialité s’ensuivit, où les différents participants ont pu exprimer leurs points de vue, partager leurs expériences et faire part de leurs suggestions. Les échanges, riches et animés, ont permis de confronter les idées, de dissiper les doutes et de renforcer la conviction collective que ce projet est non seulement nécessaire, mais également réalisable. L’atmosphère, à la fois studieuse et chaleureuse, a favorisé l’émergence de solutions innovantes et de pistes de travail prometteuses.
Djibril Abdi Ali









































