
Le gouvernement djiboutien a examiné mardi dernier en Conseil des ministres un projet de décret visant à classer le site d’art rupestre d’Abourma au patrimoine culturel national, une initiative qui pourrait marquer un tournant dans la préservation du patrimoine historique et archéologique du pays.
Situé dans la région de Tadjourah, au nord de Djibouti, le site d’Abourma est considéré comme l’un des ensembles rupestres les plus remarquables de la Corne de l’Afrique. Il comprend plus de 937 panneaux de gravures répartis sur plusieurs kilomètres, dont l’état de conservation est jugé « exceptionnel » par les spécialistes. Ces gravures témoignent de l’évolution des sociétés humaines dans cette zone stratégique, à la croisée des routes entre l’Afrique et la péninsule Arabique, et offrent un précieux aperçu des pratiques culturelles, sociales et spirituelles des populations anciennes.
Selon le ministère chargé de la Culture, « la protection du patrimoine culturel national constitue un pilier essentiel de notre identité et de notre mémoire collective ». Le gouvernement rappelle que la sauvegarde de tels biens relève de la responsabilité de l’État, conformément à la loi n°208/AN/25/9e L relative à la protection et à la valorisation des biens culturels. La reconnaissance officielle du site d’Abourma s’inscrit ainsi dans une démarche de préservation systématique et durable des trésors historiques du pays.
Présenté comme la quatrième question à l’ordre du jour du Conseil des ministres, le projet de décret vise à reconnaître officiellement la valeur archéologique, historique, artistique et scientifique du site.
Une fois adopté, ce classement devrait permettre de mettre en place des mesures de conservation renforcées et de prévenir toute dégradation liée aux activités humaines, qu’il s’agisse de constructions, de déplacements de sols ou de visites non encadrées. Le site pourrait également bénéficier d’un contrôle plus strict des accès, garantissant ainsi la protection des gravures contre les altérations ou le vandalisme.
Les experts estiment qu’Abourma constitue un témoignage exceptionnel de la présence humaine ancienne dans la Corne de l’Afrique. Les panneaux gravés révèlent non seulement des scènes de chasse et des représentations animales, mais également des symboles et motifs qui pourraient témoigner de pratiques rituelles et sociales complexes. Ces éléments offrent aux archéologues et historiens un outil précieux pour mieux comprendre l’évolution culturelle et les interactions entre populations dans cette région depuis plusieurs millénaires.
Au-delà de sa valeur scientifique, le classement d’Abourma au patrimoine culturel national ouvre des perspectives de développement touristique et éducatif.
La mise en valeur du site pourrait attirer chercheurs et visiteurs du monde entier, contribuant à la promotion de la richesse historique de Djibouti et à la sensibilisation du public à l’importance de la protection du patrimoine. Des programmes de recherche nationaux et internationaux pourraient y être développés, permettant un inventaire plus complet des gravures et une analyse approfondie de leur signification et de leur contexte.
Pour le gouvernement djiboutien, cette initiative illustre la volonté d’intégrer la préservation culturelle dans la stratégie nationale de développement.
La reconnaissance d’Abourma comme site protégé renforce également l’image du pays sur le plan régional et international, en soulignant son engagement envers la conservation des biens culturels et la valorisation des connaissances historiques locales.
Le projet de décret, actuellement soumis à l’examen final, pourrait être adopté dans les prochaines semaines, officialisant ainsi le statut d’Abourma au patrimoine culturel national.
Les autorités envisagent déjà la mise en place de plans de gestion durable et d’initiatives de sensibilisation destinées à impliquer les communautés locales dans la protection du site. Ces mesures visent à garantir que le site continue de transmettre aux générations futures l’héritage de l’histoire et de la culture djiboutiennes.
Le site d’Abourma, par son importance scientifique et culturelle, pourrait ainsi devenir un symbole de la préservation du patrimoine national, tout en offrant de nouvelles opportunités pour la recherche et l’éducation, confirmant la place de Djibouti sur la carte des destinations patrimoniales majeures de la région.













































