
Après une année sans la moindre goutte, la pluie est revenue à Tadjourah. Un vendredi après-midi, le ciel s’est ouvert, offrant à la ville une averse tant attendue. Une pluie rare, venue après des mois de sécheresse, perçue par tous comme une miséricorde.

Vendredi dernier, l’atmosphère avait changé. L’air s’était chargé d’une humidité nouvelle, le ciel s’était couvert sans bruit. Puis la pluie était tombée. Lentement d’abord, puis avec plus d’insistance. Une eau bienvenue, tombant sur une terre qui n’avait connu que poussière et chaleur.
Les habitants n’ont pas tardé à sortir. Dans les ruelles de la ville blanche, les enfants se sont mis à courir sous la pluie. Les anciens, silencieux, regardaient le ciel avec reconnaissance. Tout le monde savait ce que cela signifiait : un soulagement, une pause dans l’épreuve, un signe d’espoir. Mais cette pluie n’est pas venue seule. Elle était accompagnée de vents puissants. Des toitures ont été endommagées, des poteaux électriques ont cédé, et plusieurs habitations ont subi des dégâts. Heureusement, aucun blessé n’a été signalé. L’essentiel a été préservé, mais l’épisode rappelle la vulnérabilité de certaines infrastructures face aux intempéries. Cette pluie a rappelé combien Tadjourah avait attendu, patiemment, avec dignité. Elle a aussi mis en lumière la nécessité d’agir : renforcer les constructions, préparer les habitants aux phénomènes extrêmes, améliorer l’alerte et la réponse. Car dans un pays où le climat devient de plus en plus instable, l’anticipation est un devoir.

Ce qui s’est passé vendredi à Tadjourah dépasse le simple événement météorologique. C’est toute une ville qui a retrouvé un souffle. C’est une région qui, après avoir résisté, a reçu enfin un signe. Et c’est une nation qui, à travers cet instant, peut puiser une leçon: celle de l’endurance, de la solidarité, et de la confiance placée en plus grand que soi.
Ali Salfa












































