Né en Europe à l’initiative de cinq djiboutiennes engagées, le collectif « Femmes de foi, femmes de choix » s’impose progressivement comme une voix structurée et audible au sein de la diaspora. Implanté à Paris, Bruxelles, Londres et aux Pays-Bas, le mouvement fédère des femmes issues de différents horizons sociaux et professionnels autour d’un même objectif : promouvoir l’autonomisation féminine, renforcer la cohésion nationale et soutenir les dynamiques politiques et sociales de la République de Djibouti.

À l’heure où la diaspora occupe une place stratégique dans le développement national, cette initiative féminine traduit une volonté claire : inscrire les femmes expatriées dans le débat public et les encourager à jouer un rôle actif dans la construction de l’avenir du pays. Le premier Forum de la Diaspora djiboutienne qui a eu lieu au début de cette année  a d’ailleurs mis en lumière la vision gouvernementale qui intègre pleinement les communautés établies à l’étranger dans le Plan National de Développement (PND). Considérée comme une source majeure de transferts financiers mais aussi comme un vecteur de compétences, d’expertise et de savoir-faire, la diaspora est désormais perçue comme un levier essentiel de croissance et de modernisation.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit le collectif « Femmes de foi, femmes de choix ». L’association réunit des femmes vivant en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Angleterre et en Suède. À sa tête, cinq fondatrices incarnent cette ambition collective : Mme Assoum Halloita Houssein, présidente basée en France ; Mme Fatouma Abdillahi Assoweh, vice-présidente en Belgique ; Mme Fardoussa Houssein Ardeyeh, secrétaire générale à Bruxelles ; Mme Fatouma Ibrahim Rayaleh, comptable à Paris ; et Mme Filsan Abdi, conseillère aux Pays-Bas. À travers leurs parcours, ces femmes illustrent une diaspora résiliente, attachée à ses racines et déterminée à contribuer activement à la vie nationale.

Le collectif se définit comme un espace de solidarité, de réflexion et d’action. Fondé sur des valeurs de foi, de responsabilité et d’engagement citoyen, il œuvre à la valorisation du rôle des femmes dans la stabilité politique et la cohésion sociale. Ses membres affirment leur attachement à la transmission intergénérationnelle des valeurs culturelles et nationales, convaincues que l’identité djiboutienne constitue un socle solide pour les générations établies à l’étranger.

Au-delà du discours, l’association entend promouvoir l’autonomisation économique et politique des femmes, considérées comme des actrices clés du développement durable. En Europe comme à Djibouti, elles multiplient les initiatives favorisant la solidarité internationale et la participation active aux dynamiques sociales.

Mobilisation politique et engagement citoyen

L’engagement du collectif a pris une dimension particulièrement visible à l’approche des échéances électorales nationales. Le 31 janvier 2026, à Bruxelles, les cinq fondatrices ont organisé une soirée de pré-campagne marquée par une forte mobilisation féminine. Cette rencontre, conçue comme un gala, a rassemblé de nombreuses Djiboutiennes résidant en Europe, déterminées à faire entendre leur voix et à peser sur le débat politique.

Pour les membres du collectif, la distance géographique ne constitue pas un frein à l’exercice de la citoyenneté. Bien au contraire, elles considèrent leur position en Europe comme une opportunité d’amplifier leur engagement, de sensibiliser les électrices et de renforcer les liens avec leur pays d’origine. Cette mobilisation traduit la volonté des femmes de la diaspora de s’inscrire pleinement dans l’espace public et de participer aux grandes orientations nationales.

À travers cette initiative, le collectif a réaffirmé son soutien au président de la République, Ismaïl Omar Guelleh, mettant en avant la stabilité institutionnelle, le développement des infrastructures et les politiques de promotion du genre engagées sous sa gouvernance. Les membres saluent notamment les avancées en matière de représentation féminine dans les instances décisionnelles et d’autonomisation économique.

Certaines figures du collectif soulignent également le rôle déterminant joué par la Première dame, Kadra Mahamoud Haid, dans la promotion de l’égalité des genres et la lutte contre les discriminations. Pour elles, la progression de Djibouti sur ces questions positionne le pays comme une référence sur le continent africain.

Refusant toute logique d’incertitude politique, l’association affirme son attachement à la continuité de l’État et à une orientation qu’elle juge responsable et structurée. Toutefois, elle insiste également sur la nécessité d’encourager un débat public inclusif, où les femmes occupent une place centrale et contribuent activement aux choix collectifs.

En filigrane, l’action de « Femmes de foi, femmes de choix » s’inscrit dans une vision plus large : faire de la diaspora un pont solide entre l’Europe et Djibouti. Par la collaboration, la reconnexion et la coopération, le collectif aspire à stimuler l’émergence de futures générations de leaders, attachées à leurs valeurs et conscientes de leurs responsabilités.

À travers leurs engagements, ces femmes rappellent que la diaspora ne se limite pas à un apport financier. Elle est aussi une force de proposition, un relais d’influence et un espace d’innovation sociale. En valorisant la voix féminine, le collectif contribue à enrichir le débat national et à renforcer le sentiment d’appartenance.

Dans un contexte international marqué par des mutations rapides, l’initiative de ces cinq Djiboutiennes illustre la capacité de la diaspora à se structurer et à peser sur les dynamiques politiques et sociales de son pays d’origine. « Femmes de foi, femmes de choix » se veut ainsi un symbole d’engagement, d’unité et de responsabilité citoyenne, au service d’une cohésion nationale consolidée par la participation active de toutes ses filles, où qu’elles se trouvent.

Salah Ibrahim Rayaleh