La coopération entre la République de Djibouti et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance a connu un nouveau temps fort hier lundi 2 mars 2026, à l’occasion de la visite officielle de la Directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Est et australe, Etleva Kadilli. Reçue successivement par le Premier ministre, Abdoulkader Kamil Mohamed, puis par le Président de l’Assemblée nationale, Dileita Mohamed Dileita, la responsable onusienne a salué la solidité d’un partenariat fondé sur la promotion et la protection des droits de l’enfant, tout en appelant à un renforcement des actions conjointes dans des secteurs clés tels que la santé, l’éducation et la protection sociale.

La délégation de l’UNICEF comprenait également Alison Parker, Directrice régionale adjointe, ainsi que Ramatou Touré, nouvelle Représentante de l’organisation à Djibouti. Leur présence témoigne de l’importance accordée par l’institution internationale à la coopération avec Djibouti, pays engagé depuis plusieurs années dans une dynamique de réformes structurelles et de consolidation de son capital humain.

Au cours de l’audience accordée à la Primature, les échanges ont porté sur le renforcement du partenariat stratégique entre le Gouvernement et l’UNICEF dans les domaines prioritaires de la santé, de l’éducation, de la protection de l’enfance, de la protection sociale et de l’autonomisation des femmes. Le Premier ministre a salué la qualité de la coopération bilatérale et réaffirmé l’engagement constant du Gouvernement en faveur du développement du capital humain, qu’il a qualifié de pilier central du Plan national de développement 2025–2030.

Dans un contexte régional marqué par des défis économiques, climatiques et sécuritaires, les autorités djiboutiennes considèrent l’investissement dans l’enfance et la jeunesse comme un choix stratégique de long terme. L’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, notamment pour les populations les plus vulnérables, demeure au cœur des priorités nationales. L’UNICEF accompagne cette ambition à travers des programmes de vaccination, de santé maternelle et infantile, d’appui à la scolarisation et de renforcement des capacités institutionnelles. La Directrice régionale s’est félicitée des progrès enregistrés par Djibouti, en particulier en matière de scolarisation. Elle a souligné l’importance de poursuivre les efforts pour améliorer la qualité de l’enseignement, réduire les inégalités et promouvoir une éducation inclusive. L’accent a également été mis sur la nécessité de consolider les programmes de vaccination et de renforcer les dispositifs de santé maternelle et infantile, afin de garantir une prise en charge adaptée aux besoins des mères et des enfants, en particulier dans les zones les plus exposées à la vulnérabilité.

Le partenariat entre Djibouti et l’UNICEF ne se limite pas à l’exécution de projets sectoriels. Il s’inscrit dans une vision plus large de transformation sociale, visant à créer un environnement protecteur et favorable à l’épanouissement de chaque enfant. À cet égard, la collaboration avec les ministères techniques, notamment celui de la Santé et celui en charge de la Femme et de la Solidarité, a été mise en avant comme un levier essentiel d’efficacité et de cohérence des politiques publiques.

Une coopération renforcée avec le Parlement pour consolider le cadre juridique

La visite de la Directrice régionale de l’UNICEF s’est poursuivie à l’Assemblée nationale, où elle a été reçue par le Président de l’institution, entouré des membres du Bureau parlementaire. Cette rencontre a permis d’élargir le dialogue au volet législatif et institutionnel de la protection des droits de l’enfant.

Le Président de l’Assemblée nationale a salué la qualité du partenariat entre Djibouti et l’UNICEF, rappelant que la promotion, la protection et la réalisation effective des droits de l’enfant constituent des engagements internationaux auxquels le pays demeure attaché. Il a souligné que la défense des droits de l’enfant représente un pilier fondamental du développement durable, de la cohésion sociale et de la construction d’une société inclusive. Au cours des échanges, la Directrice régionale a mis en lumière les avancées notables réalisées par Djibouti en matière de protection de l’enfance et de promotion des droits des filles. Elle a notamment cité l’adoption par l’Assemblée nationale de la loi interdisant les mutilations génitales féminines, qualifiée d’étape majeure dans la protection de l’intégrité physique, de la dignité et de la santé des filles. Cette législation, fruit d’un engagement politique affirmé, marque un jalon essentiel dans la lutte contre les pratiques préjudiciables et traduit la volonté des autorités djiboutiennes de placer l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur de l’action publique.

Pour l’UNICEF, l’existence d’un cadre juridique solide doit s’accompagner d’une application effective des lois. C’est dans cette perspective que la Directrice régionale a exprimé le souhait de renforcer la collaboration avec le Parlement, notamment pour soutenir l’élaboration, l’actualisation et le suivi des textes relatifs à la protection des enfants, à l’éducation inclusive, à la santé maternelle et infantile, ainsi qu’à la prévention de toutes les formes de violence, d’exploitation et de discrimination. Les responsables parlementaires ont, pour leur part, réaffirmé leur engagement à poursuivre le renforcement du cadre juridique et institutionnel en faveur du bien-être et de l’épanouissement des enfants. Ils ont insisté sur le rôle central du pouvoir législatif dans la consolidation des acquis sociaux et dans l’adaptation des lois aux évolutions des réalités économiques et culturelles. Au-delà des discours, la visite de la délégation régionale comprend également des visites de terrain destinées à illustrer concrètement les résultats du partenariat entre Djibouti et l’UNICEF. Ces déplacements permettront d’évaluer l’impact des programmes mis en œuvre dans les établissements scolaires, les structures de santé et les centres communautaires, et de recueillir les retours des bénéficiaires.

Pour Djibouti, la consolidation de cette coopération s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à faire du capital humain le moteur principal de son développement. La jeunesse représente une part importante de la population nationale, et les investissements réalisés aujourd’hui en matière d’éducation, de santé et de protection sociale conditionnent la stabilité et la prospérité futures du pays.

De son côté, l’UNICEF considère Djibouti comme un partenaire engagé, capable de porter des réformes ambitieuses dans un environnement régional complexe. L’organisation entend poursuivre son appui technique et financier, en veillant à aligner ses interventions sur les priorités nationales et sur les objectifs de développement durable.

La convergence de vues exprimée tant à la Primature qu’à l’Assemblée nationale témoigne d’une volonté commune de renforcer un partenariat stratégique au service des enfants et des femmes. En plaçant la dignité, la protection et l’épanouissement de l’enfant au centre de l’action publique, Djibouti et l’UNICEF réaffirment que le développement ne peut être durable sans justice sociale ni égalité des chances.

Au terme de cette séquence diplomatique et institutionnelle, un message clair se dégage : l’avenir du pays se construit dès aujourd’hui à travers l’investissement dans son capital humain. La coopération renouvelée entre Djibouti et l’UNICEF apparaît ainsi comme un levier déterminant pour garantir à chaque enfant la possibilité de grandir en sécurité, dans la dignité et dans le plein respect de ses droits.