
À l’initiative du Croissant-Rouge de Djibouti et de la Croix-Rouge Japonaise, une session d’échange d’expériences a réuni, les 3 et 4 février 2026, vingt agriculteurs issus de la ville de Dikhil et de ses localités périphériques. Organisée à la ferme de M. Djama Guedi Dideh, située à Harou, cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’un projet axé sur la protection et la restauration de l’environnement, ainsi que sur le renforcement des moyens de subsistance à travers des activités agricoles durables.

Pendant deux journées marquées par des discussions approfondies et des démonstrations pratiques, les participants ont bénéficié de l’expertise de Djama Guedi Dideh, agriculteur expérimenté reconnu pour son savoir-faire et son engagement en faveur d’une agriculture adaptée aux réalités climatiques locales. L’objectif principal de cette initiative était de favoriser le partage de connaissances et de bonnes pratiques entre exploitants agricoles confrontés à des défis similaires.
Les échanges ont porté sur plusieurs thématiques essentielles pour le développement d’une agriculture résiliente dans la région. L’agro-élevage et ses opportunités ont occupé une place centrale dans les discussions. Les participants ont pu analyser les avantages de l’intégration des cultures et de l’élevage, une approche permettant d’optimiser les ressources disponibles tout en diversifiant les sources de revenus.
La diversité des espèces végétales adaptées au climat aride de la région a également été examinée. Les agriculteurs ont partagé leurs expériences sur les variétés les plus résistantes à la sécheresse et aux fortes températures, mettant en avant l’importance de sélectionner des cultures capables de s’adapter aux conditions environnementales locales. Cette démarche vise à limiter les pertes et à améliorer la sécurité alimentaire au niveau communautaire.
La gestion du sol et la préservation de sa fertilité ont constitué un autre axe majeur des travaux. Les participants ont échangé sur les techniques permettant de maintenir la qualité des terres agricoles, notamment par la rotation des cultures et l’enrichissement naturel des sols. L’utilisation d’engrais organiques comme alternative écologique aux intrants chimiques a été largement encouragée, soulignant les bénéfices environnementaux et économiques d’une telle approche.
La question de l’eau, ressource précieuse dans la région de Dikhil, a suscité un intérêt particulier. Les techniques de gestion rationnelle de l’eau, incluant l’irrigation maîtrisée et les méthodes d’économie hydrique, ont été présentées et discutées. Les agriculteurs ont pu observer des démonstrations pratiques visant à améliorer la productivité tout en réduisant le gaspillage. Au-delà des aspects techniques, la session a abordé les stratégies de commercialisation des produits agricoles. Les participants ont échangé sur les circuits de distribution, la fixation des prix et les possibilités de valorisation des produits locaux. Cette dimension économique est apparue comme un levier déterminant pour améliorer les revenus des exploitants et assurer la viabilité de leurs activités.
Cette initiative a mis en lumière l’importance de la coopération entre agriculteurs pour faire face aux défis liés à la sécurité alimentaire, à la dégradation des ressources naturelles et à la volatilité des marchés. En favorisant l’expertise locale et le partage d’expériences, les organisateurs ont contribué à renforcer les capacités des producteurs et à encourager l’adoption de pratiques plus durables. Les participants ont exprimé leur satisfaction quant à la pertinence des échanges et à la qualité des enseignements reçus. Plusieurs d’entre eux ont souligné que ce type de rencontre constitue un espace privilégié d’apprentissage collectif, permettant de confronter les expériences, d’identifier des solutions concrètes et de créer un réseau de solidarité entre exploitants.
Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et la pression croissante sur les ressources naturelles, la promotion d’une agriculture respectueuse de l’environnement apparaît comme une nécessité. Les initiatives portées par le Croissant-Rouge de Djibouti et la Croix-Rouge Japonaise illustrent la volonté de soutenir les communautés rurales dans l’adoption de pratiques innovantes et adaptées.
En renforçant les compétences techniques des agriculteurs et en encourageant la collaboration, cet échange d’expériences à Harou contribue à poser les bases d’une agriculture plus résiliente, capable de répondre aux besoins alimentaires tout en préservant l’écosystème local.
Les organisateurs entendent poursuivre ce type d’actions afin d’accompagner durablement les producteurs dans leur quête d’autonomie et de prospérité.







































