Le Forum International sur l’Adaptation Climatique a officiellement débuté, marquant un tournant décisif dans la manière dont la région aborde les enjeux environnementaux. Dès les premières allocutions, une détermination palpable se dégage : ici, nul ne s’est déplacé pour formuler de vagues promesses ou pour céder à la  fatalité. Bien au contraire, les débats s’annoncent porteurs d’une volonté inédite d’agir, révélant une ambition collective de transformer Djibouti en un véritable laboratoire à ciel ouvert pour les solutions climatiques innovantes, où la science n’est plus un simple outil mais devient le socle sur lequel reposent la survie et la prospérité des populations locales.

Forum tourné vers l’action, au-delà des constats alarmants

Les intervenants n’ont pas ménagé leurs mots en dressant un état des lieux sans complaisance. Les données scientifiques sont alarmantes et leur message est sans ambiguïté : de 2023 à 2025, la planète connaît des températures records, exacerbées par des concentrations de gaz à effet de serre jamais atteintes depuis près d’un million d’années.  Ces chiffres, loin d’être de simples abstractions, prennent corps dans la vie quotidienne des habitants de la Corne de l’Afrique : montée du niveau de la mer, cyclones de plus en plus intenses, écosystèmes fragilisés et pressions accrues sur les ressources naturelles. Ici, ces menaces ne sont plus des scénarios hypothétiques mais des réalités tangibles qui exigent des réponses urgentes et adaptées.

Le choix de la résistance, une réponse mesurable à une réalité mesurable

Face à cette urgence, Djibouti refuse de rester figé dans le rôle de témoin impuissant. Un message fort s’est imposé : « Le changement climatique est une réalité mesurable. Notre réponse doit l’être aussi. » Cette affirmation résume la posture adoptée par le pays : s’engager résolument dans une démarche fondée sur la rigueur scientifique, l’innovation technologique et la solidarité internationale. Les autorités le répètent avec clarté : il n’est plus question d’assister passivement à des discussions stériles, mais de devenir un acteur de premier plan dans la recherche de solutions concrètes et applicables, en tissant des alliances avec des partenaires venus d’horizons divers.

De carrefour géopolitique à laboratoire scientifique à ciel ouvert

Ce forum symbolise ainsi une mutation profonde du pays. Jadis connu pour son rôle de carrefour stratégique du commerce maritime et sa position géopolitique clé, la république de Djibouti aspire désormais à devenir un pôle d’attraction pour la communauté scientifique mondiale. L’objectif affiché est ambitieux : transformer la nation en un espace de cocréation où chercheurs, décideurs politiques et communautés locales travaillent main dans la main. Dans cette dynamique, le forum cherche à établir une passerelle inédite entre les savoirs africains, asiatiques et occidentaux, favorisant le croisement des expériences et des expertises pour générer des solutions sur mesure, adaptées aux réalités du terrain.

Jeunesse et femmes : les catalyseurs reconnus d’une résilience novatrice

L’un des moments marquants de cette cérémonie d’ouverture a été la reconnaissance officielle du rôle crucial joué par la jeunesse et les femmes dans la lutte contre le changement climatique. Le forum mise ouvertement sur une nouvelle génération de scientifiques djiboutiens, notamment ceux qui, après avoir acquis des compétences à l’étranger, reviennent pour investir leur savoir dans le développement du pays. Ces jeunes chercheurs sont perçus comme des catalyseurs de changement, porteurs d’idées novatrices et capables de faire émerger des réponses inédites aux défis climatiques. Les femmes, quant à elles, ont été saluées pour leur engagement continu dans la recherche et l’innovation. Leur participation active est désormais reconnue comme un levier essentiel pour briser les schémas traditionnels et accélérer la transition vers des modèles de développement résilients et inclusifs. Comme l’a souligné un intervenant applaudi par l’assemblée : « L’intelligence et la résilience dont nous avons besoin n’ont pas de genre.»

L’impératif du concret : de la charte aux actions à impact immédiat

À la différence de nombreux sommets internationaux qui se soldent par des résolutions imprécises ou des projets restés lettre morte, ce forum entend déboucher sur du concret. Les organisateurs ont insisté sur la nécessité de formuler des recommandations immédiatement applicables, de lancer des programmes de recherche collaborative et de promouvoir des initiatives qui auront un impact réel sur la vie quotidienne des citoyens. Un engagement fort sera scellé par la signature d’une charte de partenariat lors de la clôture du forum, symbole d’une volonté d’inscrire ces efforts dans la durée et d’assurer un suivi rigoureux des actions engagées.

Un signal puissant : la petite nation qui ambitionne de devenir un modèle

Que doit-on retenir alors ? Ce sommet envoie un signal puissant à la communauté internationale : la République de Djibouti ne se résigne pas à subir les conséquences du dérèglement climatique, mais choisit d’être à l’avant-garde de la résistance et de l’innovation. En misant sur l’intelligence collective, la coopération entre continents et la mobilisation de toutes les forces vives du pays, Djibouti entend transformer le défi climatique en une opportunité de développement et de rayonnement.  Le véritable enjeu, désormais, sera de traduire cette vision ambitieuse en plans d’action concrets, capables de produire des résultats tangibles à court et moyen terme.

Ce qui se joue à Djibouti dépasse désormais les frontières nationales : c’est la démonstration qu’un petit État peut, par la force de sa volonté et l’audace de ses choix, devenir un modèle d’adaptation pour l’ensemble du continent africain et au-delà. La Conviction de la République de Djibouti est profonde, l’avenir climatique de la région se construira autant dans les laboratoires scientifiques que dans les salles de décision, et l’heure est venue de passer de la parole aux actes.

Said Mohamed Halato