
Le système éducatif djiboutien a connu, au fil des années, une transformation profonde qui traduit la volonté nationale de construire une école accessible à tous et capable de répondre aux défis contemporains. Pendant longtemps, certains enfants, notamment ceux à besoins éducatifs spéciaux (EABES), ont été marginalisés, contraints à abandonner l’école ou à se contenter d’un parcours limité par des infrastructures inadaptées et un manque de soutien spécialisé. Les enfants présentant des déficiences motrices, sensorielles ou psychologiques se retrouvaient souvent exclus, tandis que d’autres, malgré leurs potentialités, étaient confrontés à un environnement scolaire peu préparé à répondre à leurs besoins particuliers.

Aujourd’hui, le gouvernement djiboutien, conscient de l’importance de l’inclusion pour le développement humain et social du pays, a mis en œuvre une série de mesures visant à garantir l’accès de tous à l’éducation. Les initiatives sont multiples : adaptation des salles de classe et des installations sanitaires pour les enfants à mobilité réduite, mise en place de classes spécialisées pour les enfants malentendants ou malvoyants, et formation d’enseignants capables de répondre aux besoins spécifiques de chaque élève. Cette transformation n’est pas uniquement matérielle : elle passe également par la sensibilisation des familles et des communautés à l’importance de l’éducation pour tous, indépendamment des capacités ou des limitations physiques et psychologiques.

Des campagnes de dépistage et d’appareillage des enfants présentant des handicaps ont été organisées à l’échelle nationale, permettant de détecter précocement les besoins et de leur offrir un soutien adapté. Les associations spécialisées, partenaires du ministère de l’Éducation, jouent un rôle clé dans la mise en œuvre de ces initiatives, en accompagnant la scolarisation des enfants sourds-muets, malvoyants ou présentant d’autres besoins spécifiques. Ce partenariat public-privé a permis d’augmenter de manière significative le taux d’inscription et de réduire le risque de décrochage scolaire. La mise en place de services d’assistance et d’orientation au sein des écoles favorise également la réussite et le maintien des enfants dans le système éducatif. Au-delà des aspects matériels et organisationnels, la question de l’inclusion renvoie à une réflexion plus large sur la qualité de l’enseignement et sur l’approche pédagogique adoptée par le pays. La scolarisation des enfants à besoins particuliers ne peut être efficace que si elle s’accompagne d’une stratégie globale de développement du capital humain, qui considère l’enfant dans sa globalité et non seulement à travers ses difficultés. Cette vision humaniste de l’éducation permet non seulement de réduire les inégalités mais également de créer un environnement scolaire plus solidaire et plus performant, où chaque élève peut développer son potentiel.
Réformes Pédagogiques et Modernisation du Système Éducatif
Parallèlement aux efforts d’inclusion, Djibouti a entrepris une modernisation ambitieuse de son système éducatif, centrée sur l’adaptation des méthodes pédagogiques et sur la mise en place de programmes répondant aux besoins réels du pays. L’introduction de l’Approche par les Compétences (APC) constitue l’une des réformes majeures de ces dernières années. Cette approche met l’accent sur le développement de compétences concrètes et transférables, permettant à l’élève de relier les connaissances théoriques à la pratique et de se préparer ainsi à un monde en constante évolution. L’APC favorise également la participation active des élèves, encourage la coopération et l’apprentissage collaboratif, et valorise l’évaluation formative comme outil de progression plutôt que comme simple mesure de contrôle. L’une des clés de cette modernisation réside dans la production locale de manuels scolaires et de supports pédagogiques par le CRIPEN, ce qui garantit une meilleure adéquation aux réalités socioculturelles de Djibouti et un accès équitable à tous les élèves, y compris dans les zones rurales.
La disponibilité de ressources adaptées, combinée à la formation continue des enseignants, constitue un levier majeur pour l’amélioration de la qualité de l’éducation. En outre, le renforcement de la santé scolaire et de la cantine contribue directement à la réussite des élèves en garantissant un environnement favorable à l’apprentissage et en répondant aux besoins nutritionnels des enfants.
L’enseignement supérieur n’est pas en reste. L’Université de Djibouti, qui concentre la formation des cadres nationaux et le développement de la recherche, joue un rôle déterminant dans l’accompagnement de la réforme éducative. Elle forme des enseignants capables de mettre en œuvre les nouvelles approches pédagogiques et prépare des professionnels compétents dans des secteurs clés pour le développement du pays.
La cohérence entre l’enseignement fondamental, secondaire et supérieur crée ainsi une continuité éducative qui permet aux élèves de progresser et de s’insérer efficacement dans le marché du travail.
Les résultats de ces réformes sont déjà perceptibles. L’amélioration des taux de réussite aux examens nationaux et aux évaluations standardisées démontre l’efficacité des initiatives engagées. Mais au-delà des chiffres, c’est la vision globale qui s’impose : une éducation inclusive et de qualité est un investissement durable dans le capital humain, la cohésion sociale et la prospérité économique. Elle permet de lutter contre l’exclusion, de valoriser chaque enfant et de préparer une génération capable de relever les défis de demain.
Ainsi, l’expérience djiboutienne illustre l’importance de combiner inclusion et modernisation pédagogique. L’école ne se limite plus à la transmission de savoirs : elle devient un véritable instrument de transformation sociale, un lieu où chaque élève, quel que soit son profil, peut trouver sa place et s’épanouir. En garantissant l’accès de tous à l’éducation et en développant des méthodes pédagogiques adaptées aux réalités du pays, Djibouti montre la voie d’une éducation intégrale, capable de conjuguer équité, qualité et innovation.
En définitive, les efforts engagés dans le domaine éducatif témoignent de la priorité nationale accordée au développement humain et à la réduction des inégalités. L’inclusion des enfants à besoins éducatifs spéciaux, la réforme pédagogique, la production locale de manuels et la formation continue des enseignants s’inscrivent dans une dynamique cohérente visant à transformer profondément le système éducatif.
Cette transformation ne se limite pas à des réformes techniques : elle repose sur une véritable philosophie de l’éducation, qui reconnaît l’importance de chaque enfant et de chaque apprenant dans le projet national.
Djibouti avance ainsi vers un modèle éducatif plus équitable, plus performant et plus résilient. L’école devient un espace où la diversité est valorisée, où l’excellence se conjugue avec l’inclusion et où chaque élève peut aspirer à un avenir meilleur.
Les prochaines années permettront de consolider ces acquis, de renforcer la formation des enseignants et d’étendre l’accès aux services éducatifs dans toutes les régions du pays. Le chemin vers une éducation pleinement inclusive et de qualité est encore long, mais les bases sont désormais solides et les résultats encourageants, offrant un horizon prometteur pour l’ensemble de la jeunesse djiboutienne.








































