
En prélude au rendez-vous annuel de la 35ème édition d’Intermodal Africa 2026, un forum technique s’est tenu hier au Kempinski Palace Hôtel. Les assises de cette édition, qui s’ouvrent aujourd’hui sous les cieux djiboutiens, se dérouleront sur trois jours et réuniront les principaux acteurs des ports, du transport maritime et de la logistique régionale.

Organisé par l’Association de Gestion des Ports de l’Afrique de l’Est et Australe, PMAESA de son abréviation anglaise, en étroite collaboration avec l’Autorité des Ports et des Zones Franches de Djibouti, ce forum technique avait pour thème « Renforcer le dialogue régional, la connectivité et la collaboration opérationnelle ». L’événement a rassemblé des représentants des ports membres de la PMAESA, ainsi que des acteurs publics et privés impliqués dans le développement portuaire et maritime de la Corne de l’Afrique. Parmi les participants figuraient le président de l’Autorité des Ports et des Zones Franches de Djibouti, M. Aboubaker Omar Hadi, le secrétaire général de la PMAESA, le colonel André Ciseau, et des hauts responsables des différents ports du pays. Des représentants de l’Autorité portuaire de Tanzanie, de l’Autorité portuaire de Namibie, du Port de La Réunion et de l’Organisation maritime pour l’Afrique orientale, australe et septentrionale (MOESNA) ont également pris part à ce forum, soulignant le caractère régional et interconnecté de la rencontre. Créée en avril 1973, la PMAESA est un organisme intergouvernemental à but non lucratif regroupant des exploitants de ports, des ministères de tutelle, des fournisseurs de services logistiques et maritimes, ainsi que d’autres intervenants du secteur portuaire et maritime dans l’ensemble de l’Afrique de l’Est, de l’Afrique australe et de l’océan Indien. Sa mission première est de renforcer les relations entre les ports membres afin de favoriser la coopération régionale et, à terme, l’intégration économique.
Analyse et perspectives du forum
Le forum technique a permis d’étudier en profondeur le paysage portuaire et maritime de la Corne de l’Afrique, avec un accent sur l’amélioration de la performance portuaire, la digitalisation, la coopération opérationnelle, la connectivité de l’arrière-pays et la facilitation du commerce. Les échanges ont également porté sur les défis liés à la croissance du trafic maritime, à la complexité des opérations et à la nécessité d’une harmonisation des pratiques entre ports membres.
Dans son allocution, le colonel André Ciseau a rappelé que la Corne de l’Afrique, avec une population dépassant les 100 millions d’habitants, occupe une position stratégique unique au sein de l’espace maritime régional. Selon lui, cette région relie l’Afrique aux routes commerciales mondiales, soutient les économies locales et sous-tend les chaînes d’approvisionnement humanitaire, tout en offrant un potentiel croissant dans le cadre de l’économie bleue.
Le secrétaire général de la PMAESA a également souligné que la performance des ports et des corridors maritimes influe directement sur le commerce mondial, la résilience économique et l’intégration régionale. Il a insisté sur les nouvelles exigences en matière d’efficacité, de sécurité, de durabilité, de numérisation et de capacités institutionnelles, qui imposent une coordination renforcée entre les différents acteurs.
De son côté, le président de l’Autorité des Ports et des Zones Franches de Djibouti, M. Aboubaker Omar Hadi, a mis en avant la position géographique stratégique des ports de la Corne de l’Afrique, situés au carrefour des principales routes maritimes et d’un corridor régional vital. Selon lui, cette localisation offre de grandes opportunités mais impose aussi une responsabilité partagée pour mettre en place des systèmes portuaires et logistiques efficaces, sûrs et résilients.

Le président a rappelé que l’objectif de Djibouti et de ses partenaires est de renforcer la coopération régionale, de relever les défis communs, de saisir les opportunités et de bâtir un avenir maritime plus connecté. Il a ajouté que l’efficacité portuaire et l’harmonisation des opérations sont indispensables pour stimuler la compétitivité et la croissance économique. Au-delà des infrastructures portuaires, la connectivité de l’arrière-pays et la facilitation des échanges commerciaux constituent des leviers essentiels, permettant de transformer les ports en véritables portes d’entrée de l’intégration économique régionale.
Les travaux du forum se sont poursuivis avec une série de présentations axées sur la numérisation et la collaboration opérationnelle. Les résultats de ces échanges serviront de base pour les discussions et les décisions qui seront prises lors de la 35ᵉ édition d’Intermodal Africa 2026, qui s’ouvre demain à Djibouti.
Sadik Ahmed









































