La Journée internationale des droits des femmes montre que Djibouti n’a pas à rougir du chemin parcouru. Sous l’impulsion déterminée du Président Ismaïl Omar Guelleh, la femme djiboutienne est passée de l’ombre des traditions à la lumière des responsabilités. Non par décret symbolique, mais par une volonté politique assumée, traduite en lois, en institutions et en résultats concrets. À l’approche des échéances électorales, ce bilan mérite d’être dit haut et fort : l’émancipation des femmes, c’est l’émergence de la Nation tout entière.

Il y a encore vingt ans, la présence d’une femme à la tribune de l’Assemblée nationale relevait de l’exception. Aujourd’hui, elle est la règle. Ce basculement n’est pas le fruit du hasard : il est celui d’une décision politique courageuse, portée au plus haut niveau de l’État. L’instauration d’un quota de 25 % de femmes dans les instances élues a constitué un véritable séisme institutionnel, dont les répliques positives se font encore sentir.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2021, six femmes occupaient des portefeuilles ministériels. En 2026, près d’un quart de l’exécutif est féminin. Des femmes djiboutiennes siègent désormais à la tête de ministères stratégiques, représentent le pays dans les arènes diplomatiques internationales et dirigent de grandes institutions nationales. Ce n’est plus une percée : c’est une normalité conquise de haute lutte.

Sous la présidence d’Ismaïl Omar Guelleh, la révision constitutionnelle et la législation sur la parité ont posé les fondations d’un édifice qui, pierre après pierre, transforme la physionomie du pouvoir à Djibouti. Cette architecture juridique n’est pas ornementale, elle est structurelle. Elle a permis l’émergence d’une génération entière de femmes pionnières qui, par leur compétence et leur engagement, ont définitivement brisé le plafond de verre.

Éducation, santé, économie : les trois piliers de la liberté

On dit que l’émancipation ne se décrète pas dans les palais : elle se construit dans les salles de classe. Les campagnes de scolarisation obligatoire, portées avec constance par les pouvoirs publics, ont permis de réduire drastiquement l’écart entre filles et garçons dans l’accès à l’éducation primaire. Ces jeunes filles, souvent premières de leur lignée à tenir un livre, sont les ambassadrices d’une rupture générationnelle irréversible. Le savoir, pour elles, n’est pas un privilège : c’est une arme.

Sur le front social, des progrès significatifs ont été enregistrés dans la lutte contre les violences basées sur le genre et les mutilations génitales féminines. La réforme du code de la famille a tenté de corriger des injustices longtemps tolérées. L’activisme associatif, soutenu et encouragé par les institutions publiques, a su briser les silences qui protégeaient les pires traditions. Il reste du chemin, personne ne l’ignore, mais la direction est claire et la volonté intacte.

L’autonomisation économique constitue le troisième front de cette bataille. Des projets d’envergure, soutenus notamment par la Banque mondiale en partenariat avec l’État djiboutien, ciblent spécifiquement les femmes des zones rurales, là où le potentiel est immense et les inégalités les plus criantes. Car une femme économiquement libre n’est pas seulement une femme libérée : c’est un foyer stabilisé, une communauté renforcée, une nation qui avance.

Finir le travail dans l’arrière-pays

Soyons lucides, le bilan est réel, mais les inégalités territoriales persistent. À Djibouti-ville, la femme est cadre, avocate, cheffe d’entreprise.

Dans les régions de Tadjourah, Obock ou Dikhil, elle demeure trop souvent la première frappée par la précarité et la dernière informée de ses droits. Aujourd’hui, la modernité de l’État fait son chemin doucement mais sûrement après le travail accompli par le ministère de tutelle à travers ses nombreux projets d’activités génératrices de revenus.

Reconnaître cela n’est pas une faiblesse : c’est une exigence. C’est précisément parce que les fondations ont été posées avec sérieux que les attentes sont aujourd’hui légitimes et élevées. Les droits acquis sur le papier doivent devenir une réalité quotidienne pour toutes les femmes djiboutiennes, sans exception géographique, sans distinction sociale.

Le défi est donc posé avec clarté : il faut non seulement consolider les acquis dans les centres urbains, mais étendre la révolution jusqu’aux dernières circonscriptions de l’intérieur. Cela exige des investissements ciblés en formation et en microcrédit, mais aussi une transformation continue des mentalités portée par une politique publique sensible au genre et courageuse.

L’émancipation des femmes, programme de gouvernement

Il convient de rappeler qu’aujourd’hui, la question des droits des femmes ne saurait être réduite à un chapitre annexe. Elle en est la colonne vertébrale. Un pays qui libère ses femmes libère la totalité de son potentiel. Un gouvernement qui investit dans l’égalité investit dans sa propre crédibilité. Les femmes djiboutiennes, qui représentent une part déterminante du corps électoral, ont conscience de ce que le chemin parcouru leur a coûté et de ce qu’elles sont en droit d’exiger pour demain.

La femme djiboutienne d’aujourd’hui est le fruit d’un équilibre délicat entre un ancrage culturel fort et une aspiration irréversible à l’universalité des droits. Elle n’est plus l’objet des politiques publiques : elle en est l’architecte. Elle n’est plus la bénéficiaire de la modernité : elle en est le moteur du développement. Cette transformation, patiemment construite depuis l’indépendance et considérablement accélérée sous la présidence en exercice, constitue l’un des acquis les plus solides et les plus porteurs de la République de Djibouti.

Said Mohamed Halato