Quand l’éphémère efface l’avenir

À l’heure où de plus en plus de jeunes s’aventurent dans les méandres de la drogue et de l’alcool, souvent sous l’effet d’une simple curiosité mal orientée, une prise de conscience collective s’impose. Derrière l’illusion d’un soulagement se cache une descente aux enfers aux conséquences parfois irréversibles. Cet article tire la sonnette d’alarme et appelle à protéger ceux qui incarnent l’avenir de la nation : Les jeunes.

Être jeune, c’est avancer sur un fil tendu entre espoir et incertitude. C’est explorer, rêver, se construire, mais aussi douter, trébucher et parfois s’égarer. À cette étape fragile de la vie, où tout semble possible mais où tout peut aussi basculer, certains jeunes s’aventurent sur des chemins périlleux. L’un des plus redoutables est celui de la consommation de drogue ou d’alcool.

Ce n’est pas toujours par révolte ou par goût du danger que ce choix s’impose. Bien souvent, il s’agit d’un appel silencieux, d’une tentative de fuir un mal-être, de combler un vide intérieur ou de répondre à une pression extérieure. Ce besoin d’évasion, d’intégration ou d’expérimentation, bien que compréhensible, peut avoir des conséquences dramatiques sur la santé, la scolarité, les relations et l’avenir tout entier. Il est donc crucial de comprendre les raisons qui poussent certains jeunes à se tourner vers ces substances, pour mieux les aider à ne pas s’y perdre.

Les racines d’un mal-être silencieux

Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes s’initient à la consommation de drogues, parfois dès le collège ou le lycée. Derrière chaque cas, il y a une histoire, une faille, une douleur. Personne ne naît avec le désir de se droguer. Ce geste n’est jamais inné ; il est souvent une réaction.

Pour certains, la vie quotidienne devient une épreuve. Ils évoluent dans des environnements familiaux instables, marqués par les conflits, l’absence, la pauvreté ou même les violences. D’autres traversent des épisodes de solitude profonde, d’humiliations scolaires, ou souffrent d’un manque de reconnaissance et d’estime de soi. Dans ces contextes, la drogue apparaît comme une échappatoire, une parenthèse où la douleur semble suspendue, où les blessures se taisent un instant.

Mais il n’y a pas que la souffrance qui pousse vers l’addiction. Il y a aussi ce besoin d’appartenance, ce désir viscéral de ne pas être exclu. Face au regard du groupe, face à l’insistance d’un camarade ou à la peur du rejet, certains jeunes finissent par céder. « Juste une fois », disent-ils. Mais cette fois peut suffire pour s’enchaîner à une dépendance qui détruira bien plus qu’un moment d’égarement.

La curiosité joue également un rôle important. L’envie d’expérimenter, d’aller au-delà des interdits, est une tentation fréquente. Surtout lorsque la société elle-même envoie des signaux ambigus : des séries télévisées qui banalisent l’usage de stupéfiants, des musiques qui glorifient l’ivresse, des influenceurs qui associent la consommation à la réussite ou à la liberté. Dans cet univers de représentations erronées, la frontière entre le réel et l’illusion se brouille dangereusement.

Des conséquences qui marquent à vie

Ce que les jeunes découvrent trop tard, c’est que la drogue ne résout rien. Elle ne guérit pas, elle ne libère pas. Elle masque temporairement la douleur, pour mieux la renforcer ensuite. Elle apaise un instant, pour mieux enchaîner ensuite. Très vite, le corps réclame. L’esprit chancelle. La dépendance s’installe sans prévenir. On croit pouvoir arrêter quand on veut, mais on n’y arrive plus. Ce qui n’était qu’un essai devient une nécessité, un besoin qui envahit chaque jour, chaque pensée.

Physiquement, les effets sont ravageurs. La mémoire s’affaiblit, la concentration se brouille, l’énergie disparaît. Des troubles graves apparaissent : anxiété chronique, dépression, crises de panique, parfois même des lésions irréversibles au cerveau ou au cœur. Le corps s’use, lentement mais sûrement.

Psychologiquement, l’impact est tout aussi profond. L’enthousiasme s’éteint, les rêves s’effacent, la volonté s’effondre. Le jeune s’isole, s’éloigne de ses proches, coupe les liens avec ses amis, ses parents, ses enseignants. La confiance mutuelle disparaît. Le dialogue devient impossible. La honte, la colère et la solitude prennent le dessus.

Et puis viennent les conséquences sociales : l’échec scolaire, l’abandon des études, l’errance, parfois la délinquance. Pour satisfaire une addiction devenue plus forte que la raison, certains commettent l’irréparable : vol, mensonge, violence. Et dans les cas les plus dramatiques, c’est la santé, l’avenir, voire la vie qui sont irrémédiablement perdus.

Une alerte à prendre au sérieux

Il est trop facile de condamner les jeunes consommateurs sans chercher à comprendre ce qui les pousse à franchir cette ligne rouge. Le vrai combat ne se mène pas dans les discours moralisateurs ou la peur, mais dans l’écoute, l’éducation et la prévention.Les familles, les écoles, les associations, les services de santé, les leaders communautaires et religieux doivent unir leurs forces pour bâtir des environnements protecteurs. Il faut créer des espaces où la parole circule librement, où chaque adolescent se sent vu, écouté, valorisé.

Des campagnes de sensibilisation adaptées, des ateliers de prévention en milieu scolaire, des programmes de soutien psychologique accessibles : autant de mesures nécessaires pour construire des digues face au courant de la dépendance. Il faut aussi, et surtout, investir dans les alternatives : le sport, l’art, le bénévolat, l’engagement associatif, tout ce qui nourrit la confiance en soi et l’appartenance à un collectif positif.

Un message aux jeunes : vous avez de la valeur

À vous, jeunes qui vous sentez perdus, à bout de force ou en marge, sachez que vous n’êtes pas seuls. Il existe des gens qui tiennent beaucoup à vous, même si vous ne les voyez pas tout de suite. Il existe des chemins de lumière, même si vous êtes dans l’obscurité. Vous n’avez pas besoin d’une substance pour être fort. Vous n’avez pas besoin d’un joint, d’un cachet ou d’un verre pour mériter d’être aimé ou pour exister.

La drogue vous promet l’oubli, mais elle vous efface. Elle vous vole votre liberté, vos rêves, votre avenir. Elle vous fait croire qu’elle est une amie, alors qu’elle est un piège. Ce n’est pas un chemin, c’est un gouffre.

Parlez. Criez. Demandez de l’aide. Il y aura toujours quelqu’un pour vous écouter, pour vous tendre la main. Vous avez des talents. Vous avez un avenir. Et vous avez surtout un choix.

Choisir la vie, c’est choisir la dignité

Refuser l’appel de la drogue, c’est faire preuve de courage. C’est affirmer que votre vie a du sens. C’est dire non à ce qui détruit, pour dire oui à ce qui construit.

Chers jeunes, vous êtes la force tranquille d’un pays. Vous êtes la promesse d’un renouveau. Ne laissez pas l’éphémère vous dérober ce que vous avez de plus précieux : votre avenir.

Protégez-vous. Refusez le piège. Choisissez la vie.

Willo Riguah Ilmi