Installé au Canada depuis plusieurs décennies, Hassan Aïdid Ahmed fait partie de ces Djiboutiens de la diaspora qui n’ont jamais rompu le lien avec leur pays natal. Professionnel expérimenté du secteur de l’imagerie médicale et entrepreneur engagé dans l’innovation dans ce domaine, il porte aujourd’hui un regard admiratif sur le développement socio-économique de Djibouti. Portrait d’un homme animé par un patriotisme profond et par la volonté de mettre son expertise au service de ses compatriotes.

Né à Djibouti, Hassan Aïdid Ahmed grandit au quartier 7, dans un environnement marqué par les valeurs de solidarité, de discipline et d’engagement communautaire. Durant sa jeunesse, il est membre actif de l’Association des Scouts de Djibouti, une expérience qui forge son sens de responsabilité, son esprit d’équipe et son attachement aux valeurs citoyennes. Des principes qui orienteront son parcours personnel et professionnel.

Après des études primaires et secondaires à Djibouti, il embrasse une carrière d’enseignant où il exerce dans plusieurs établissements scolaires, notamment à l’école de Mouloud dans la région de Dikhil. Cette première vie professionnelle, tournée vers la transmission du savoir, témoigne déjà de son engagement envers la jeunesse.

En vue de poursuivre ses études et élargir ses horizons, il quitte Djibouti en 1987 et pose ses valises au Canada. Hassan Aïdid n’a que vingt ans, lorsqu’il s’installe à Ottawa, la capitale canadienne, loin de sa famille, ses amis d’enfance notamment ceux de l’association des Scouts. Guidé par une volonté d’excellence, il entame alors un long parcours d’intégration et d’apprentissage.

Après des études universitaires, il intègre le secteur de la santé et obtient d’abord un diplôme de technologue en pharmacie.

« Je voulais devenir pharmacien », explique-t-il. Mais une passion qu’il a développée dans son parcours professionnel, l’attire et le pousse en imagerie médicale.

Hassan Aïdid se spécialise alors dans l’IRM (imagerie par résonance magnétique), un outil indispensable dans le diagnostic de nombreuses pathologies, notamment les AVC et les tumeurs cérébrales. Aujourd’hui il exerce au sein de structures hospitalières canadiennes de référence, où rigueur scientifique, précision et humanité sont indissociables. Une immersion qui lui permet de maîtriser les rouages complexes du système de santé moderne, notamment les enjeux liés à l’optimisation des services et à la gestion des flux de patients.

Fort de cette expertise, il se lance dans le domaine de l’entrepreneuriat et crée Resilient36, une structure spécialisée dans l’optimisation des services d’imagerie médicale, à travers la réduction des délais d’attente, très long dans le secteur. Un défi majeur pour de nombreux systèmes de santé à travers le monde.

« Au cœur de notre approche se trouve un engagement profond en faveur de la collaboration avec les établissements de santé », explique-t-il. Contrairement aux modèles traditionnels, son entreprise ‘‘Resilient36’’ privilégie la fluidité des services hospitaliers. La méthodologie mise en place se veut à la fois novatrice et humaine. L’entreprise met à disposition des technologues hautement qualifiés.

Tout au long de son parcours au Canada, Hassan n’a jamais rompu le lien avec sa communauté d’origine. L’accompagnement et le soutien des membres de la diaspora djiboutienne ont toujours constitué une priorité pour lui, qu’il s’agisse de conseils, d’orientation professionnelle ou de solidarité tout simplement. Une fidélité discrète mais constante à ses racines.

De retour au pays, il mesure l’ampleur de la transformation spectaculaire qu’a connue Djibouti. « Durant mon absence, beaucoup de choses ont changé. Des réalisations majeures ont vu le jour. Le gouvernement a investi dans de vastes projets portuaires, aéroportuaires et ferroviaires, dotant le pays d’infrastructures modernes et structurantes », observe-t-il avec admiration.

Cette mutation profonde ravive en lui l’ambition de contribuer activement à cet élan de développement. Hassan Aïdid nourrit ainsi le projet de s’installer durablement dans sa ville natale afin de mettre son expertise au service du système de santé national. Il envisage de créer sa propre entreprise, une structure spécialisée dans l’imagerie médicale, pensée pour répondre aux réalités locales et renforcer l’offre de soins grâce à des solutions innovantes.

« J’exhorte la diaspora djiboutienne aussi bien en Europe, au Canada, aux USA, … etc, de profiter du développement pour investir dans notre pays d’origine et faire profiter les compétences que nous avons acquises à notre population. C’est le moment pour mettre en œuvre toute cette connaissance au service de notre pays. Notre pays offre aujourd’hui un fort potentiel économique » a-t-il dit dans un message adressé à la diaspora djiboutienne à travers le monde.  

RACHID BAYLEH