
Chaque année, le mois béni de Ramadan revient comme une école spirituelle et morale. Mais au-dèlà de sa dimension religieuse, il apparait aussi, pour beaucoup de spécialistes, comme un véritable mois de santé. le jeune agit comme un mécanisme de régulation et de purification du corps. il offre à l’organisme un temps de repos indispensable dans un monde marqué par l’excès alimentaire et la sédentarité.
Louange à Allah, Seigneur des mondes. Que la paix et la bénédiction soient sur notre Prophète Muhammad, sur sa famille et sur ses compagnons. Chaque année, le mois béni de Ramadan revient comme une école spirituelle et morale. Mais au-delà de sa dimension religieuse, il apparaît aussi, pour beaucoup de spécialistes, comme un véritable mois de santé.
Le jeûne en islam n’est pas une simple pratique culturelle ou sociale. Il est une prescription divine, un acte d’adoration ordonné par Allah à Ses serviteurs. Il suffit au croyant de savoir qu’Allah a prescrit le jeûne pour qu’il s’y soumette avec confiance et sincérité, sans chercher nécessairement à en percer tous les secrets. Car l’essence de l’adoration repose sur l’obéissance et la soumission au Créateur.
Le verset 183 de la sourate Al-Baqara rappelle clairement la finalité spirituelle du jeûne : « Ô vous qui avez cru ! On vous a prescrit le jeûne comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, afin que vous atteigniez la piété. » La finalité première du Ramadan est donc la taqwa, cette conscience permanente d’Allah qui purifie le cœur et élève l’âme.
Cela dit, si le jeûne est avant tout un acte d’adoration, il comporte également des bienfaits tangibles pour l’être humain. Ces bénéfices ne constituent pas la raison fondamentale de sa prescription, mais ils en sont des conséquences positives, visibles et mesurables. À travers les siècles, croyants et savants ont constaté que les lois divines correspondent à la nature profonde de l’homme et à ses intérêts les plus authentiques. Parmi les vertus les plus évoquées du jeûne figure la préservation de la santé. À condition d’être pratiqué avec modération, notamment au moment de la rupture, le jeûne agit comme un mécanisme de régulation et de purification du corps. Il offre à l’organisme un temps de repos indispensable dans un monde marqué par l’excès alimentaire et la sédentarité.
Les médecins ont souvent souligné que le jeûne permet à l’estomac et aux intestins de se débarrasser des résidus accumulés au fil des mois. L’appareil digestif, constamment sollicité, retrouve un rythme plus naturel. Certaines affections digestives, inflammations chroniques du colon ou troubles hépatiques peuvent connaître une amélioration lorsque le jeûne est observé dans des conditions équilibrées. Il ne s’agit évidemment pas de remplacer l’avis médical, mais de constater que la privation temporaire et maîtrisée de nourriture peut constituer une forme de diète bénéfique.
Le jeûne agit également sur le métabolisme. De nombreuses études contemporaines évoquent ses effets sur la perte de poids, la régulation de la tension artérielle et l’amélioration de certains paramètres liés au diabète ou aux maladies cardiovasculaires. En réduisant l’apport calorique et en instaurant une discipline alimentaire, le Ramadan devient une occasion de rééquilibrage pour ceux qui souffrent d’obésité ou de troubles métaboliques.
Une purification intérieure aux effets physiologiques
Au-delà de la dimension digestive, le jeûne touche aussi le système nerveux et l’équilibre psychique. Le docteur Muhammad Abû Chawk, dans un article consacré au lien entre jeûne et système nerveux, explique que la spiritualité du Ramadan favorise la purification de l’âme, l’endurance et la compassion envers les plus démunis. En s’éloignant des plaisirs excessifs, le croyant discipline ses passions et apaise ses tensions intérieures.
Cette sérénité spirituelle se répercute sur le corps. Le système nerveux, lorsqu’il est apaisé, contribue à l’équilibre de l’ensemble des organes. À l’inverse, le stress, l’anxiété et la colère perturbent les fonctions physiologiques. Ramadan devient alors un temps de rééducation émotionnelle : moins de colère, moins de rancune, davantage de patience et de maîtrise de soi.
De nombreux praticiens, y compris en Occident, se sont intéressés aux vertus thérapeutiques du jeûne. Le pionnier américain de la culture physique, Bernarr Macfadden, a consacré des ouvrages entiers à ses bienfaits. Il affirmait que le jeûne permet d’assainir l’organisme des résidus toxiques accumulés par l’alimentation et certains médicaments. Selon lui, il pouvait accélérer la guérison de maladies gastriques, sanguines ou articulaires.
D’autres médecins comme le Dr. Alain Scohy, le Dr. Carlson ou le Dr. Jennings ont également expérimenté le jeûne dans le cadre de traitements alternatifs. Même le Dr. Robert Barthlow évoquait son rôle dans la régénération cellulaire. Si certaines affirmations méritent d’être examinées avec prudence à la lumière des données scientifiques actuelles, il n’en demeure pas moins que le jeûne suscite un intérêt croissant dans le domaine de la santé publique.
Toutefois, l’islam insiste sur la modération. Le jeûne ne doit pas être suivi de repas excessifs qui annuleraient ses effets bénéfiques. Le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) nous a enseigné l’équilibre : quelques dattes, de l’eau, puis un repas mesuré. Le véritable esprit du Ramadan ne réside pas dans l’abondance des tables, mais dans la sobriété et la gratitude.
Ramadan agit également comme un remède social. En ressentant la faim, le croyant développe une empathie sincère envers les pauvres. Cette compassion se traduit par la zakat, les aumônes et les gestes de solidarité. La santé d’une société ne se mesure pas uniquement à ses indicateurs médicaux, mais aussi à la qualité de ses liens humains. Or, Ramadan renforce ces liens.
Spirituellement, le jeûne purifie le cœur des maladies invisibles : orgueil, jalousie, haine. Le verset 53 de la sourate Fussilat rappelle : « Nous leur montrerons Nos signes dans l’univers et en eux-mêmes, jusqu’à ce qu’il leur devienne évident que c’est cela la vérité. » Les signes d’Allah apparaissent autant dans l’ordre cosmique que dans le fonctionnement harmonieux du corps humain.
Ainsi, Ramadan n’est pas seulement un mois de privation. Il est un mois de transformation. Transformation du regard, du comportement, de l’alimentation et des habitudes. Il enseigne la maîtrise de soi dans une époque dominée par l’immédiateté et la consommation.
Certes, le jeûne ne convient pas à toutes les situations médicales, et l’islam prévoit des dispenses pour les malades, les voyageurs ou les personnes vulnérables. La religion n’impose pas l’épreuve au détriment de la santé. Mais pour ceux qui peuvent l’accomplir, Ramadan demeure une opportunité unique de réconciliation entre le corps et l’âme.
En définitive, parler de Ramadan comme du « mois de la santé » ne signifie pas réduire son sens à une simple cure annuelle. Il s’agit plutôt de comprendre que la législation divine vise le bien global de l’être humain : sa foi, son équilibre psychologique et son intégrité physique.
La piété demeure la finalité première, mais la santé en est l’une des manifestations visibles.
Louange à Allah, le Sage, qui a prescrit à Ses serviteurs des actes d’adoration dont les bienfaits dépassent leur entendement. Ramadan revient chaque année comme un rappel : en disciplinant nos désirs, nous retrouvons notre équilibre. En purifiant nos cœurs, nous préservons nos corps. Et en nous rapprochant de notre Créateur, nous apprenons à mieux vivre ici-bas.








































