Chaque année, le mois de Ramadan transforme la circulation à Djibouti en un véritable casse-tête, surtout à l’approche de l’heure du Foutour. Les axes principaux de la ville se retrouvent saturés par un flux intense de véhicules, piétons et motards pressés de rejoindre leurs familles pour rompre le jeûne. Cette période critique nécessite une vigilance accrue et une patience sans faille de la part de tous les usagers de la route.

Les trente à soixante minutes précédant la rupture du jeûne sont particulièrement sensibles. Fatigue, faim et stress se conjuguent pour provoquer des comportements à risque, allant de la conduite agressive aux excès de vitesse et aux dépassements dangereux, surtout chez les motards. Les klaxons retentissent, les moteurs grondent et la nervosité générale transforme les rues en un espace de forte tension. Selon Ahmed, chauffeur de taxi, certains jeunes adoptent une conduite irresponsable et mettent en danger la vie des autres, rappelant que mieux vaut arriver quelques minutes en retard que de subir un accident.

Les forces de sécurité face à un défi majeur

Pour encadrer cette affluence, la sécurité routière déploie des effectifs renforcés sur tous les axes stratégiques de la ville, notamment aux ronds-points, sur le pont de Balbala, vers l’aéroport et aux feux de signalisation. La police et la gendarmerie intensifient leurs patrouilles, sensibilisent les automobilistes aux risques et veillent au respect du code de la route. Le lieutenant Garad de la police routière souligne : « L’empressement pousse certains automobilistes à adopter une conduite dangereuse. La fatigue et la déshydratation aggravent la situation, et l’irritabilité rend les réflexes moins vifs. »

Dans certains cas, des gestes simples mais significatifs sont mis en œuvre pour encourager la prudence, comme offrir dattes et eau aux conducteurs afin de favoriser une rupture du jeûne sereine. Les autorités rappellent que le respect des priorités, des passages piétons et des règles de circulation est essentiel pour garantir une mobilité sécurisée. En conclusion, le Ramadan à Djibouti impose à tous une conduite plus responsable et vigilante. La patience, le respect du code de la route et l’attention aux autres usagers restent les meilleures protections contre les accidents, faisant de la sécurité routière un enjeu collectif durant ce mois sacré.

Saleh Ibrahim Rayaleh