
Le mois béni du Ramadan a débuté à Djibouti aujourd’hui, mercredi 18 février, à l’instar de l’ensemble de la Oumma. De Djibouti à La Mecque, les cœurs des croyants s’unissent dans le même élan d’adoration, accueillant ce rendez-vous annuel avec Allah comme une miséricorde renouvelée.
Pour nous qui connaissons déjà les fondements de notre religion, le Ramadan n’est pas une simple prescription rituelle. Il est un rappel vivant de notre pacte avec le Très-Haut. Le jeûne, prescrit aux croyants afin d’atteindre la taqwa, est une discipline du corps autant qu’une éducation du cœur. Il ne s’agit pas seulement de s’abstenir de nourriture et de boisson, mais de purifier nos intentions, de maîtriser nos paroles et de redresser nos comportements. Les prières nocturnes – Tarawih et Tahajjud – sont ces moments où la communauté se tient debout, humble, espérant le pardon et la proximité divine.
Dans le silence de la nuit, chacun mesure sa fragilité et implore la miséricorde d’Allah. Le Coran, révélé en ce mois, retrouve sa place centrale dans nos foyers. Sa récitation quotidienne n’est pas un simple exercice de lecture, mais un dialogue intime avec la Parole d’Allah, une guérison pour les cœurs et une lumière pour nos décisions. La Zakat et les aumônes volontaires prennent également une dimension particulière. Nous savons que la purification des biens accompagne celle de l’âme. En ressentant la faim, nous renouvelons notre empathie envers les plus vulnérables et transformons le jeûne en solidarité agissante. Le Ramadan nous rappelle que la foi ne se limite pas à l’intime : elle se traduit par la justice sociale et le partage. L’éthique du jeûne, telle que rapportée dans Sahih al-Bukhari, nous enseigne la retenue face à l’offense et la dignité dans l’épreuve. Dire « Je jeûne » n’est pas une formule, mais un engagement à élever notre comportement au niveau de notre adoration.
De même, le hadith fondamental rapporté dans les Les 40 Hadiths d’An-Nawawi nous rappelle que les actes ne valent que par leurs intentions. Le Ramadan est donc l’école de la sincérité (ikhlâs), où chaque geste doit être dépouillé de toute ostentation. Ce mois est aussi un temps de réconciliation. Avant de lever les mains en invocation, nous sommes appelés à alléger nos cœurs : restituer les droits, demander pardon, rompre avec la rancœur. On ne chemine pas vers Allah en portant le poids d’une injustice.
À Djibouti comme partout dans la Oumma, ce Ramadan s’ouvre comme une opportunité de renaissance spirituelle. À nous d’en faire un véritable tournant : organiser nos journées autour de l’essentiel, préserver nos sens, multiplier les invocations et ancrer en nous des habitudes qui survivront à l’Aïd.
Qu’Allah fasse de ce mois un temps d’élévation, qu’Il accepte notre jeûne, nos prières et nos œuvres, et qu’Il nous accorde d’en sortir purifiés, raffermis dans la foi et meilleurs dans notre comportement.
DAA








































