Grâce à la politique de promotion des personnes vivant avec un handicap, impulsée par le Président de la République, Son Excellence M. Ismail Omar Guelleh, des centaines de Djiboutiens à mobilité réduite, retrouvent aujourd’hui, autonomie et dignité dans leurs déplacements.

Reportage sur cette initiative qui a changé des vies.

Dans les rues de Djibouti-ville, il n’est plus rare de croiser de petits scooters électriques filant silencieusement entre les voitures et les passants. À leur guidon, des hommes et des femmes que la vie avait un temps immobilisé par un accident, une maladie ou un handicap moteur. Aujourd’hui, grâce à un programme national de promotion des personnes à besoins spécifiques, inscrit dans la vision d’un Président déterminé à améliorer les conditions de vie de sa population, ces citoyens ont retrouvé la liberté de se déplacer.

Au-delà de l’image symbolique, ces scooters électriques représentent, à Djibouti, une véritable révolution pour le développement socio-économique des personnes handicapées. Dans les quartiers de la capitale comme dans l’ensemble des principales villes et localités des régions de l’intérieur, ils ont profondément transformé le quotidien de centaines de djiboutiens à besoins spéciaux, leur permettant de se déplacer, pour aller travailler, se rendre à l’école ou simplement, participer à la vie sociale.

Immersion au cœur d’une initiative qui a changé des vies.

Il est neuf heures du matin dans le quartier Cheikh Moussa de Balbala. Sur une avenue bordée de petits commerces, Mohamed Mahamoud Hassan avance tranquillement sur son scooter électrique à trois roues. Agé de 61 ans, cet enseignant, à la retraite aujourd’hui, a perdu l’usage de ses membres inférieurs après un accident de travail, en 2012. Pendant plusieurs années, il dépendait entièrement de sa famille pour se déplacer et la joie se lit lorsqu’on évoque avec lui, son tricycle.

« Avant, je ne pouvais pratiquement pas sortir de la maison. Chaque déplacement, dépendait de la disponibilité d’un proche ou d’un voisin pour m’accompagner », se souvient-il. « Se déplacer avec un fauteuil roulant nécessite beaucoup d’efforts, je ne pouvais pas aller bien loin. Mes déplacements se limitaient souvent à quelques mètres, aller juste aux toilettes ou m’installer sous l’arbre devant la maison pour prendre un peu l’air. Ma vie quotidienne se résumait ainsi », poursuit-il avec émotion. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres personnes en situation de handicap, l’absence de moyens de mobilité adaptés transformait chaque sortie en véritable épreuve, réduisant considérablement l’autonomie et la participation à la vie sociale.

Mais depuis qu’il a reçu son scooter électrique dans le cadre du programme national de soutien aux personnes handicapées, son quotidien a radicalement changé.

« Aujourd’hui, je peux aller seul là où je veux, voir mes amis, faire mes démarches administratives. C’est comme si j’avais retrouvé mes jambes », confie-t-il avec un sourire.

Dans la circulation dense de la capitale, son scooter se faufile avec facilité. Alimenté par batterie rechargeable, l’engin est conçu pour être stable et simple d’utilisation, même pour les personnes souffrant de handicaps moteurs importants. L’initiative émane du Président de la République, Son Excellence M. Ismail Omar Guelleh qui place l’inclusion sociale des personnes handicapées au cœur des priorités nationales.

« À chaque fois que je vois une personne handicapée circuler sur un scooter électrique, je ne peux m’empêcher de formuler des prières pour le Président de la République », confie Waïs Ali, chauffeur de taxi dans la capitale. « Vous ne pouvez pas imaginer combien ces personnes vivaient auparavant dans la souffrance et la dépendance. Beaucoup restaient confinées chez elles, faute de moyens pour se déplacer dignement. Aujourd’hui, Alhamdoulillah, elles peuvent aller là où elles veulent et quand elles le souhaitent, sans avoir besoin de l’aide permanente d’une tierce personne », explique-t-il. Habitué à parcourir quotidiennement les grands axes de la ville, Waïs Ali croise régulièrement ces scooters électriques qui sillonnent désormais les axes routiers de la capitale, à l’instar des autres automobilistes. « C’est un véritable changement dans leur vie. Qu’Allah, le Miséricordieux et le Tout-Puissant, récompense le Président Ismail Omar Guelleh pour cette initiative, si importante pour ces hommes et femmes qui retrouvent enfin une part de leur liberté et de leur dignité », conclut-il avec conviction.

Un levier de développement pour les femmes et les jeunes handicapés.

En signe de reconnaissance, Mohamed Mahamoud a fondé en 2015 une association baptisée « MERCI IOG », réunissant des Djiboutiens atteints de handicaps des membres inférieurs. Le sourire et la joie qui illuminent son visage lorsqu’il circule au guidon de son scooter sur la route de Venise, qu’il emprunte souvent pour se rendre au centre-ville, en disent long sur l’importance de ce véhicule électrique pour lui, tout comme pour les autres bénéficiaires de ce programme, notamment les membres de «MERCI IOG ». « Outre ce scooter qui me permet aujourd’hui de me déplacer plus facilement, j’ai également été évacué en Inde en 2013 pour subir une opération au niveau de la colonne vertébrale, et ce grâce aux instructions du Président de la République. À cette époque, nous étions 104 patients djiboutiens – hommes, femmes et enfants – issus de toutes les couches sociales », explique-t-il, fier de son association qui, précise-t-il, compte « actuellement 250 membres ».

À l’instar de ses congénères masculins, Amina Mohamed, 29 ans, utilise son scooter tous les jours pour quitter son domicile situé à PK 12 et se rendre à son lieu de travail, une petite boutique de vente des vêtements près-à-portés, située à la place Mahamoud Harbi, en plein centre-ville.

Atteinte d’un handicap moteur depuis l’enfance, elle explique que sa vie professionnelle aurait été presque impossible sans ce véhicule. « Avant, je prenais les transports en commun. Il fallait que je quitte la maison très tôt, juste après la prière, pour espérer que les bus acceptent de m’embarquer avec mon fauteuil roulant. Chaque matin, je devais réveiller mes sœurs ou mon petit frère pour qu’ils m’accompagnent jusqu’à la route où passent les Bajajs, qui transportent les habitants de ce secteur de Balbala à proximité du 4ᵉ arrondissement. De là, je prenais ensuite un bus pour me rendre jusqu’à la place Mahmoud Harbi », explique-t-elle. Un long trajet où elle parcourt aujourd’hui sans difficulté, en toute autonomie. « Dès que je rentre à la maison, je recharge les batteries pour que je puisse la reprendre le lendemain matin sans craindre une panne électrique » indique-t-elle.

« Actuellement, pour aller au travail, je sors de chez moi, quand je veux et je rentre, quand je veux ! C’est une vraie liberté, n’est-ce pas ? » ajoute-t-elle sourire aux lèvres.

À Djibouti-ville, ces scooters sont désormais visibles dans de nombreux quartiers. On les aperçoit devant les banques, les services de l’administration, les mosquées, les marchés ou les centres de santé. On les croise partout. Leur présence est devenue familière.  Ainsi, au-delà de la mobilité, ces scooters contribuent aussi à rompre l’isolement social que connaissaient ces personnes handicapées.

Pour beaucoup de bénéficiaires, la mobilité retrouvée s’accompagne d’un regain de confiance. Hassan Abdi, un jeune technicien en électricité, raconte comment son tricycle lui a permis de lancer une petite activité de réparation de machine à laver.

« Je me déplace chez les clients avec mon scooter. Sans ça, je n’aurais jamais pu exercer ce travail », dit-il. Cette autonomie économique constitue l’un des objectifs majeurs du programme.

Pour les responsables des programmes sociaux de l’Agence Nationale des Personnes Handicapées (ANPH), chargés de la mise en œuvre de ce programme, la distribution de scooters électriques représente une avancée importante dans la construction d’une société plus inclusive. Elle témoigne surtout d’une volonté politique visant à garantir la dignité et l’égalité des chances pour tous les citoyens.

Il est à noter que malgré ces avancées majeures, certains défis subsistent. Les infrastructures urbaines, par exemple, ne sont pas toujours adaptées aux scooters, les routes dégradées ou l’absence de rampes dans certains bâtiments. La question de l’entretien et du remplacement des batteries constitue également un enjeu important pour assurer la durabilité du programme.

Cependant, pour les bénéficiaires, ces difficultés restent secondaires face à l’importance de ces tricycles pour leur quotidien.

En tout cas, dans les rues de Djibouti, la présence de ces petits véhicules électriques démontre assez les réalités de la transformation sociale à Djibouti. Chaque scooter symbolise un citoyen à besoins spéciaux qui a retrouvé la possibilité de se déplacer, de travailler et de participer pleinement à la vie de la communauté.

Pour Mohamed Mahamoud Hassan, rencontré au début de ce reportage, l’initiative a réellement changé sa vie. « Ce scooter m’a redonné ma liberté », dit-il en démarrant le moteur électrique de son scooter.

Puis il s’éloigne et s’éclipse dans l’embouteillage matinal, laissant derrière lui, l’image d’un pays qui a su tenir les promesses faites à l’Afrique et au monde en matière d’inclusion sociale des personnes à besoins spécifiques.

RACHID BAYLEH