
Djibouti trace sa feuille de route pour les cinq prochaines années avec un objectif clair : diversifier l’économie et créer des emplois pour sa jeunesse. Après des progrès notables ces dernières années, notre pays mise désormais sur la pêche, le tourisme, l’agriculture et le numérique pour élargir ses sources de revenus. L’emploi des jeunes reste la priorité absolue, avec des formations adaptées et un soutien à la création de petites entreprises. Le plan prévoit aussi des investissements sociaux pour améliorer l’accès à l’électricité, à l’eau et aux soins de santé. Les infrastructures portuaires et touristiques seront modernisées pour dynamiser l’économie locale. Ce programme quinquennal conjugue croissance économique et progrès social, en plaçant les citoyens au cœur de la transformation. À Djibouti de concrétiser cette vision et de bâtir un avenir prospère pour tous.

Plan National de Développement 2025-2030
Emploi, pêche, tourisme, la feuille de route pour les cinq ans à venir
On entend parler d’économie un peu partout à la télévision, sur les réseaux sociaux, dans les conversations. On lance des expressions comme “croissance économique”, “modèle de développement”, “plans de développement” ou même “transformation structurelle”. Honnêtement, pour beaucoup, tout cela paraît un peu abstrait, presque venu d’ailleurs. Pourtant, il y a quelques jours, Djibouti s’est donné de nouveaux objectifs pour les cinq prochaines années. Et cette fois, cela vous concerne directement, ainsi que votre famille et vos voisins. Alors, ce Nouveau Plan National de Développement, qu’est-ce que c’est exactement ? De quoi s’agit-il concrètement et qu’est-ce qui se prépare ?

Djibouti a bien progressé mais le travail n’est pas fini
Commençons par une bonne nouvelle : au cours des dix dernières années, le pays a connu de réels progrès. La pauvreté a diminué. Aujourd’hui Davantage de personnes ont accès à l’électricité, les enfants vont plus souvent à l’école, et les mères survivent plus fréquemment à l’accouchement. Mais il y a un problème majeur. Presque toutes les ressources du pays proviennent d’une seule source : le port et ses activités connexes. C’est comme une famille qui dépend uniquement du revenu d’une seule personne. Tant que tout va bien, cela fonctionne. Mais si cette personne tombe malade, perd son emploi, ou si la situation change, tout s’effondre. C’est la même chose pour un pays. Un ralentissement du commerce mondial, un conflit dans la région, ou un pays voisin qui construit son propre port, et Djibouti se retrouve en difficulté. C’est précisément ce que le nouveau Plan national de développement ADEEG 2025-2030 cherche à changer.

Diversifier : un grand mot pour une idée simple
On entend souvent cette expression : “diversifier l’économie.” Mais concrètement, ça représente quoi pour nous ? En résumé, Djibouti veut se donner d’autres façons de gagner de l’argent, pas seulement grâce à son port. L’objectif, c’est de créer des emplois et de nouvelles sources de revenus en misant aussi sur la pêche, le tourisme, l’agriculture, l’industrie légère ou encore le numérique.
Prenons la pêche, par exemple. Djibouti a une mer pleine de potentiel, mais on l’exploite à peine. Le projet, c’est de moderniser les infrastructures à Tadjourah, Obock et Khor Angar, de construire des quais adaptés, des équipements pour garder le poisson frais, et des points de vente. Si cela fonctionne, un pêcheur d’Obock pourrait non seulement nourrir sa famille, mais aussi vendre ses poissons ailleurs, gagner plus et améliorer sa vie.
Regardons aussi le tourisme. Le Lac Assal, c’est sans doute un des endroits les plus incroyables au monde, encore plus salé que la mer Morte, avec des paysages hors du commun. Pourtant, très peu de visiteurs y restent plusieurs jours et dépensent de l’argent sur place. L’idée, c’est de changer cela, de bâtir une vraie offre touristique qui profite aux habitants : des guides, des hébergements, des restaurants, des artisans. En somme, que tout le monde en profite.
L’emploi des jeunes : l’urgence des urgences
Soyons clairs : la principale préoccupation des familles djiboutiennes, c’est l’emploi des jeunes. Actuellement, près de trois jeunes sur dix qui pourraient travailler sont sans emploi. Ce chiffre doit vraiment nous inquiéter. Une jeunesse sans travail, c’est une jeunesse qui se décourage, qui perd confiance et au fond, c’est tout le pays qui gaspille sa meilleure richesse.
Le plan est ambitieux : faire descendre le chômage d’ici 2030. Pour ça, plusieurs mesures sont proposées. D’abord, il faut enfin faire correspondre ce qu’on enseigne dans les écoles techniques et professionnelles avec ce que recherchent réellement les entreprises. Concrètement, cela signifie, par exemple, un centre de formation pour la pêche et l’aquaculture à Obock, un autre pour l’agriculture à Ali Sabieh, ou encore des formations en numérique à Djibouti-ville. Le but est clair : que les jeunes apprennent des métiers qui existent déjà ou qui vont bientôt exister, pas seulement obtenir des diplômes sans débouchés. Le plan veut aussi encourager la création de petites entreprises, surtout par les femmes et les jeunes, en facilitant l’accès au financement. Aujourd’hui, une jeune femme pleine d’idées qui veut lancer son entreprise se heurte immédiatement à des obstacles : les banques ne lui font pas confiance, et les garanties exigées sont hors de portée. Justement, le plan souhaite remettre en question ces anciennes pratiques.
L’argent : d’où vient-il et où va-t-il ?
Cette initiative, présentée comme un levier majeur pour l’avenir du pays, repose sur une large mobilisation des acteurs économiques et internationaux.
Le financement de ce projet nécessitera une dynamique collective. La réussite de ce chantier national dépendra en grande partie de la capacité à fédérer autour de cet objectif commun les partenaires étrangers, les investisseurs privés.
Sur le plan des investissements, la majeure partie des fonds sera consacrée à la transformation du tissu productif du pays. L’objectif affiché est de positionner Djibouti comme un hub régional dans les secteurs stratégiques que sont l’énergie, les échanges commerciaux modernes et l’innovation technologique. Parallèlement à cette modernisation économique, une enveloppe significative est spécifiquement dédiée au développement social. Ce volet du plan met l’accent sur ce que le gouvernement qualifie de “bien le plus précieux” : le peuple djiboutien.
Ce programme quinquennal se veut ainsi un investissement global pour le Djibouti de demain, conjuguant développement économique et progrès social.
Ce que ça change pour vous, concrètement
Si tout cela se concrétise, voici à quoi pourrait ressembler votre quotidien d’ici 2030 : l’électricité coûtera moins cher, elle atteindra davantage de foyers, même loin de la capitale. L’eau potable sera accessible à encore plus de familles. Les soins de santé seront plus faciles d’accès dans les régions, grâce à des bateaux-hôpitaux qui relieront Djibouti-ville, Tadjourah et Obock. C’est la promesse. Mais rien n’est acquis. Entre un beau plan et un vrai changement, tout repose sur une question : est-ce qu’on appliquera vraiment ce qu’on a écrit ? Les projets verront-ils le jour ? L’argent sera-t-il bien investi ? Les jeunes formés trouveront-ils un emploi ?
Avant-hier, d’autres ont construit le port qui fait vivre le pays. Aujourd’hui, c’est à la nouvelle génération de bâtir plus grand une économie où le pêcheur d’Obock, l’artisane d’Ali Sabieh et le développeur de Balbala font, chacun à leur façon, avancer le pays. Ce plan, ce n’est qu’une carte. À Djibouti de dessiner la route.








































