L’Assemblée nationale a officiellement ouvert, dimanche 1er mars 2026, sa première session ordinaire dans un cadre solennel et hautement symbolique, marqué par un cérémonial républicain et la présence des plus hautes autorités de l’État. À moins de sept semaines de l’élection présidentielle, cette rentrée parlementaire revêt une portée particulière, mêlant impératifs institutionnels et enjeux politiques majeurs. La cérémonie s’est tenue au siège de l’Assemblée Nationale sous la présidence de Son Excellence Dileita Mohamed Dileita, Président de l’Assemblée nationale. Elle a été rehaussée par la présence de Son Excellence Abdoulkader Kamil Mohamed, Premier ministre, des membres du Gouvernement, des députés, ainsi que de nombreuses personnalités issues du corps diplomatique, des organisations internationales, des forces de défense et de sécurité, et de la société civile.

Conformément aux dispositions constitutionnelles, l’ouverture de la session a donné lieu à un cérémonial républicain, avec notamment les honneurs militaires rendus par la Gendarmerie nationale. L’exécution solennelle de l’hymne national a donné le ton d’une séquence institutionnelle où symboles et responsabilité politique se sont conjugués.

Dans son discours d’ouverture, le Président de l’Assemblée nationale a replacé cette rentrée parlementaire dans son contexte politique spécifique. À quelques semaines du scrutin présidentiel, il a rappelé que les Djiboutiennes et les Djiboutiens seront appelés à se prononcer sur un choix déterminant : celui du projet de société et du leadership appelé à porter les aspirations nationales.

Insistant sur la dimension démocratique de l’échéance, il a souligné que le vote constitue à la fois l’expression d’un droit fondamental et l’accomplissement d’un devoir civique. Pour lui, la participation au scrutin est l’un des piliers de la souveraineté populaire et de la vitalité des institutions républicaines. Ce rappel intervient dans un contexte régional souvent marqué par l’instabilité, où la régularité des échéances électorales apparaît comme un marqueur de continuité institutionnelle.

Mais au-delà de l’appel au civisme, l’intervention du Président de l’Assemblée nationale a clairement pris une tonalité politique affirmée. Il a exprimé sans ambiguïté son soutien à la candidature du Président de la République, Ismaïl Omar Guelleh, également désigné sous le nom d’Al Hajj Ismaïl Omar Guelleh. Selon lui, le projet porté par le Chef de l’État demeure la garantie de la stabilité, de la continuité institutionnelle et du développement socio-économique du pays.

Dans cette perspective, il a appelé les membres de l’Union pour la Majorité Présidentielle, les parlementaires et les membres du Gouvernement à redoubler d’efforts sur le terrain. L’objectif affiché est de présenter aux citoyens le bilan des réformes engagées et les acquis consolidés au cours des dernières années : modernisation des infrastructures, avancées en matière de gouvernance, amélioration des services publics et diversification économique.

Le message est clair : la campagne qui s’annonce doit être fondée sur la pédagogie du bilan et la projection vers l’avenir. Les élus de la majorité sont invités à défendre une vision stratégique à long terme pour Djibouti, articulée autour de la stabilité politique et de la poursuite des réformes structurelles.

À l’issue de cette allocution, le Premier ministre a pris la parole pour présenter la déclaration de politique générale du Gouvernement devant la représentation nationale. Son intervention, dense et programmatique, a détaillé les grandes orientations pour l’année 2026.

Le Premier ministre  a mis l’accent sur la consolidation de la stabilité institutionnelle, qu’il considère comme le socle indispensable de toute politique de développement. Il a également réaffirmé la volonté de poursuivre les réformes structurelles destinées à renforcer la compétitivité de l’économie nationale et à moderniser l’administration publique.

Répondre aux attentes légitimes des populations

Le développement socio-économique figure parmi les priorités annoncées. Le Premier ministre a évoqué la poursuite des investissements dans les infrastructures stratégiques, l’amélioration des services publics et la mise en œuvre de politiques publiques orientées vers l’emploi et le pouvoir d’achat. Il a insisté sur la nécessité de répondre aux attentes légitimes des populations, notamment en matière d’accès aux services essentiels et d’opportunités économiques.

Un point central de son intervention a porté sur la coordination entre l’Exécutif et le Législatif. Le Premier ministre a souligné l’importance d’une collaboration étroite entre les deux pouvoirs afin d’assurer l’efficacité de l’action publique. Cette coopération est présentée comme une condition essentielle pour garantir la cohérence des politiques adoptées et leur traduction concrète sur le terrain.

Dans un contexte marqué par des défis régionaux et internationaux, les autorités ont également rappelé l’importance de préserver la paix, la sécurité et la stabilité, éléments considérés comme des atouts majeurs pour attirer les investissements et consolider les acquis du développement.

La séquence parlementaire ne s’est toutefois pas achevée avec la déclaration de politique générale. Le Président de l’Assemblée nationale a annoncé que ce discours fera l’objet d’un débat ultérieur au sein de l’hémicycle. Cette étape permettra aux députés d’exercer pleinement leurs missions de contrôle de l’action gouvernementale, conformément aux prérogatives constitutionnelles du Parlement.

Cette annonce souligne la volonté affichée de respecter les mécanismes institutionnels et de garantir un espace d’échange démocratique. Le débat à venir offrira aux différents groupes parlementaires l’occasion de formuler observations, recommandations et propositions, renforçant ainsi le rôle du Parlement dans l’architecture institutionnelle du pays.

Au-delà de la dimension protocolaire, l’ouverture de cette session ordinaire marque donc le début d’une période politiquement intense. À l’approche de l’élection présidentielle, les institutions se trouvent à la croisée des chemins : assurer la continuité de l’État tout en accompagnant une séquence électorale déterminante.

La mobilisation évoquée par les plus hautes autorités traduit la conscience de l’importance de cette échéance. Elle s’inscrit dans une stratégie visant à consolider les acquis, à rassurer les partenaires nationaux et internationaux et à projeter l’image d’un pays engagé dans une trajectoire de stabilité et de développement.

Dans les semaines à venir, l’Assemblée nationale jouera un rôle central. Entre examen des textes législatifs, débat sur la politique générale et suivi des réformes en cours, les députés seront appelés à conjuguer responsabilité institutionnelle et engagement politique.

L’ouverture de cette première session ordinaire apparaît ainsi comme un moment charnière. Elle confirme la centralité des institutions dans la vie politique nationale et souligne l’importance du dialogue entre les pouvoirs publics. Elle rappelle surtout que, dans une démocratie, les échéances électorales ne suspendent pas l’action de l’État, mais s’inscrivent dans la continuité de son fonctionnement.

Dans un environnement régional souvent incertain, Djibouti affiche ainsi la volonté de maintenir le cap institutionnel et de poursuivre ses réformes. Le débat parlementaire à venir constituera un test de maturité politique, où s’exprimeront les différentes sensibilités représentées au sein de l’hémicycle.

À l’heure où le pays se prépare à un rendez-vous électoral décisif, l’ouverture solennelle de la session parlementaire envoie un signal de continuité et de mobilisation. Les institutions sont en ordre de marche ; reste désormais à convaincre les électeurs que les orientations défendues répondent à leurs attentes et à leurs aspirations profondes.