Les travaux de la Réunion ministérielle biennale d’évaluation de la Plateforme de soutien de l’IGAD sur les déplacements forcés se sont ouverts lundi à Nairobi, sous la présidence de Souleiman Moumin Robleh, Secrétaire général du Ministère de l’Intérieur de Djibouti et président en exercice de l’IGAD. Cette rencontre régionale de haut niveau rassemble les États membres, les partenaires humanitaires, les agences de développement et les bailleurs actifs dans la gestion des réfugiés et des déplacés internes de la région.

L’édition 2025 intervient dans un contexte de pressions humanitaires croissantes. La région de l’IGAD compte désormais plus de 25 millions de personnes déplacées, dont environ 19 millions de réfugiés et plus de 6 millions de déplacés internes, un chiffre en constante augmentation sous l’effet des crises politiques, climatiques et sécuritaires.

Représentant le Secrétaire exécutif de l’IGAD, Dr Workneh Gebeyehu, l’Ambassadeur Moussa Meigague, Directeur de la Division Santé et Développement social, a ouvert les travaux techniques. Il a rappelé l’importance de la Plateforme de soutien, lancée lors du Forum mondial sur les réfugiés en 2019, et qui constitue aujourd’hui l’un des principaux instruments de coordination régionale pour une réponse collective aux déplacements forcés. Parmi les défis émergents qu’il a mis en avant figurent les impacts du changement climatique, la pression sur les services urbains, l’augmentation des besoins en protection et la nécessité d’un meilleur alignement entre les acteurs humanitaires, du développement et de la paix.

Le Kenya, pays hôte, a réaffirmé son rôle moteur à travers l’intervention de Mercy Mwasori, Commissaire par intérim aux Affaires des Réfugiés. Elle a salué l’engagement continu des États membres dans la mise en œuvre des engagements pris lors du Forum mondial sur les réfugiés et assuré de la détermination du Kenya à poursuivre son leadership dans la protection et l’inclusion des populations déplacées.

Dans son allocution d’ouverture de la session ministérielle, Souleiman Moumin Robleh a mis en lumière plusieurs avancées politiques majeures réalisées depuis la Déclaration de Nairobi de 2017. Parmi elles, l’adoption du Cadre politique régional sur la protection des réfugiés en 2023, la création du Forum régional d’engagement des réfugiés en 2024, ainsi que des progrès notables dans l’intégration des réfugiés aux systèmes nationaux d’éducation et de santé. Il a exhorté les États membres à consolider trois priorités : l’unité régionale comme socle des solutions durables, la participation active des réfugiés aux processus décisionnels et l’intégration de l’adaptation climatique dans l’ensemble des politiques de protection.

Le président en exercice de l’IGAD a également insisté sur l’urgence de mobiliser davantage de financements, en particulier après le retrait complet du HCR dans certaines zones sensibles, qui accentue la pression sur les États hôtes et les systèmes nationaux.

Les sessions techniques qui ont eu lieu  du 25 au 26 novembre ont permis  d’évaluer les progrès accomplis depuis la précédente réunion, d’identifier les obstacles persistants et de proposer des recommandations qui ont été  soumises aux ministres lors de la session du 27 novembre. Celle-ci a abouti  à un communiqué ministériel fixant les nouvelles priorités régionales pour les deux prochaines années.

Créée en 2019, la Plateforme de soutien demeure un pilier essentiel de la coopération régionale. Elle œuvre à harmoniser les politiques des États membres et à promouvoir des solutions durables adaptées à l’évolution des crises humanitaires dans la région de l’IGAD.