
Djibouti a accueilli du 2 au 5 mars 2026 la13e édition du Congrès international annuel de la Société Africaine de Médecine Légale (ASFM), un rendez-vous scientifique majeur placé sous le thème « La médecine légale face au phénomène des migrants ». L’événement, organisé dans la capitale djiboutienne, s’est ouvert sous la présidence de Son Excellence Abdoulkader Kamil Mohamed, qui a tenu à marquer personnellement l’importance stratégique de cette rencontre pour le pays et pour le continent.

Dès la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre a donné le ton. Devant un parterre composé de membres du Gouvernement, de parlementaires, de représentants du corps diplomatique, d’experts venus d’Afrique et d’autres régions du monde, il a souligné que la tenue de ce congrès à Djibouti ne relevait pas du hasard. Selon lui, elle s’inscrit dans une vision claire des autorités nationales visant à faire de la République un carrefour régional d’excellence scientifique, académique et médicale.
Le Premier ministre a salué l’engagement des organisateurs et des congressistes, rappelant que leur présence à Djibouti témoignait de la vitalité d’une discipline à la croisée de la science et du droit. Il a insisté sur la dimension internationale de la rencontre, qui a réuni des délégations issues de plus de 34 pays africains et partenaires, transformant la capitale en véritable plateforme d’échanges sur les enjeux contemporains liés à la médecine légale.

Autour du Premier ministre, plusieurs membres du Gouvernement ont pris part à l’événement, notamment les ministres en charge du Travail, de l’Intérieur, de l’Éducation, de l’Agriculture, de l’Environnement et de l’Enseignement supérieur. La présence de responsables des forces de l’ordre, de la gendarmerie et de la police a également illustré la dimension transversale de la médecine légale, qui mobilise à la fois les institutions judiciaires, sécuritaires et académiques.
Dans son discours, le Premier ministre a rappelé que la médecine légale est « le point de rencontre ultime entre la science et la justice », une discipline appelée à jouer un rôle central dans un monde marqué par des flux migratoires croissants, des crises humanitaires complexes et des défis sécuritaires multiples. Pour lui, la modernisation et l’adaptation permanente de cette spécialité sont devenues incontournables face aux attentes d’une société exigeant davantage de rigueur, de transparence et d’humanité dans le traitement des affaires judiciaires.
Le thème retenu cette année, centré sur les phénomènes migratoires, a occupé une place centrale dans les échanges. Djibouti, pays de transit situé au carrefour de la Corne de l’Afrique et de la péninsule arabique, est directement concerné par les dynamiques migratoires régionales. Le Premier ministre a souligné que cette réalité confère à la thématique du congrès une résonance particulière pour le pays. Selon lui, la réponse aux défis migratoires doit être à la fois humanitaire, scientifique et juridique, toujours guidée par le respect de la dignité humaine.
Médecine légale et migrations : une exigence de vérité et d’humanité
Les travaux du congrès ont mis en lumière les multiples dimensions médico-légales liées aux migrations : identification des personnes décédées, documentation des violences, traitement des cas de traite et d’exploitation, appui aux procédures judiciaires et protection des droits fondamentaux. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer les capacités techniques des États africains et d’améliorer la coopération transfrontalière.
Le président de la Société Africaine de Médecine Légale a souligné que ce congrès constituait une occasion unique de consolider la coopération entre professionnels et de sensibiliser aux défis posés par les migrations. Le président du comité d’organisation a, pour sa part, mis en avant la dimension pratique des travaux, appelant à l’élaboration de solutions concrètes et adaptées aux réalités africaines.
Dans son intervention, le Premier ministre a insisté sur l’importance d’une meilleure articulation entre l’univers judiciaire et le monde médical. Il a relevé que la médecine légale demeure parfois sous-estimée, alors qu’elle constitue un maillon essentiel dans la quête de vérité et la protection des droits. Pour lui, le renforcement des structures médico-légales participe directement à la consolidation de l’État de droit.
« En accueillant cette 13ᵉ édition, Djibouti réaffirme son rôle de carrefour régional pour le partage d’expertise et la collaboration sur les grands enjeux de santé et de développement », a déclaré le Premier ministre, réaffirmant l’ambition du pays de jouer un rôle moteur dans la promotion des sciences médico-légales en Afrique.
Au-delà des considérations techniques, les discussions ont également porté sur les enjeux éthiques. Comment garantir la dignité des personnes migrantes dans les procédures d’identification ? Comment assurer l’indépendance des expertises ? Comment renforcer la formation des praticiens face à des situations de plus en plus complexes ? Autant de questions qui ont animé les panels et ateliers.
Le Premier ministre a exprimé le vœu que les travaux débouchent sur des recommandations fortes et ambitieuses, porteuses d’innovations et d’engagements concrets pour le continent. Il a souligné que l’Afrique devait se doter d’outils modernes et adaptés à ses réalités, afin de répondre efficacement aux défis contemporains.
La tenue de ce congrès intervient dans un contexte international tendu, marqué par des crises géopolitiques et humanitaires, notamment au Proche-Orient où les affrontements entre l’Iran et Israël connaissent une escalade préoccupante. Sans s’étendre sur ces développements, plusieurs intervenants ont rappelé que l’instabilité régionale et mondiale alimente les mouvements de populations et renforce la nécessité d’outils médico-légaux performants pour documenter les violations et protéger les victimes.
Le Premier ministre, en présidant personnellement l’ouverture, a donné à cette rencontre une dimension politique et stratégique assumée. Son intervention a mis en exergue la volonté du Gouvernement d’inscrire la médecine légale dans une dynamique de modernisation des institutions et de renforcement de la crédibilité du système judiciaire. Durant les quatre jours de travaux, les experts ont partagé des expériences nationales, présenté des recherches innovantes et discuté des meilleures pratiques en matière d’investigation médico-légale. Les échanges ont également porté sur la formation universitaire et la nécessité de développer des cursus spécialisés en Afrique, afin de réduire la dépendance à l’expertise extérieure.
En conclusion de son discours inaugural, le Premier ministre a exprimé la fierté de Djibouti d’accueillir ce rendez-vous continental. Il a formulé le souhait que ce congrès marque une étape importante dans le développement des sciences médico-légales en Afrique et contribue à renforcer leur place dans les systèmes de justice au service d’une vérité « toujours plus juste et plus humaine ».
Par sa présence active et ses orientations, le Premier ministre a placé la barre haut pour cette 13ᵉ édition de l’ASFM. Au-delà des débats techniques, le message adressé aux congressistes était clair : Djibouti entend s’affirmer comme un acteur engagé dans la promotion de la coopération scientifique africaine et dans la défense d’une approche humaniste des enjeux migratoires.
À l’issue de cette rencontre, la capitale djiboutienne aura été, pendant quelques jours, le théâtre d’un dialogue approfondi entre scientifiques, magistrats, responsables sécuritaires et décideurs publics. Un dialogue placé sous le signe de la responsabilité partagée et de la recherche de solutions adaptées aux réalités du continent.
Pour le Premier ministre, l’enjeu dépasse le seul cadre du congrès. Il s’agit de consolider un écosystème où la science, le droit et l’action publique convergent pour renforcer la confiance des citoyens dans les institutions. En ce sens, la 13ᵉ édition du Congrès international de la Société Africaine de Médecine Légale restera comme un moment fort de la diplomatie scientifique djiboutienne et de l’affirmation du rôle régional du pays.









































