À Djibouti, la promotion de la bonne gouvernance ne se limite plus aux seules sphères civiles. Elle s’invite désormais au cœur de la formation militaire, là où se forgent les valeurs et les responsabilités des futurs cadres de la nation. C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’atelier de formation organisé par l’Inspection Générale de l’État (IGE) à l’intention des élèves officiers de l’Académie Militaire Interarmées d’Arta (AMIA), tenu hier  dans le cadre prestigieux du Sheraton Hôtel.

Placée sous le signe de la transparence, de l’éthique et de la redevabilité, cette rencontre a réuni de hauts responsables institutionnels, parmi lesquels le Directeur général de l’AMIA, le Colonel Ibrahim Youssouf Dabar, le Directeur des études de l’Académie, le Colonel Amrani Ezzedine, coopérant marocain, ainsi que les responsables de l’Inspection Générale de l’État. Objectif affiché : sensibiliser les futurs officiers aux principes fondamentaux de la bonne gouvernance et à la lutte contre la corruption dans la gestion des affaires publiques.

Ouvrant les travaux, l’Inspecteur général d’État de Djibouti, M. Hassan Issa Sultan, a livré un plaidoyer fort en faveur d’une gouvernance intègre, inscrite au cœur même de l’action publique. Dans un discours à la fois pédagogique et solennel, il a tenu à déconstruire les perceptions réductrices de l’audit, trop souvent perçu comme une contrainte bureaucratique.  « L’audit, a-t-il souligné, est avant tout une sentinelle de la gouvernance, un outil stratégique indispensable au bon fonctionnement des institutions de défense et de sécurité. »

Avec une éloquence empreinte de gravité, le patron de l’IGE a redonné ses lettres de noblesse à l’institution qu’il dirige, la présentant non comme un organe de sanction, mais comme le gardien vigilant de la probité publique. Il a rappelé que la mission première de l’Inspection Générale réside dans la garantie de la droiture de l’État et la saine gestion des deniers publics, piliers essentiels de la confiance entre les citoyens et leurs dirigeants.

M. Hassan Issa Sultan a également mis en lumière la restructuration profonde de l’IGE, désormais organisée en directions spécialisées, afin de renforcer ses capacités de contrôle, d’évaluation et de vérification de la légalité. Une transformation qui vise à faire de l’Inspection Générale une organisation agile, efficace et résolument tournée vers l’excellence institutionnelle. Il a exhorté les élèves officiers à incarner, tout au long de leur carrière, les valeurs d’intégrité, de responsabilité et de redevabilité. Prenant la parole à son tour, le Directeur général de l’AMIA, le Colonel Ibrahim Youssouf Dabar, a insisté sur l’importance cardinale de la formation éthique des futurs officiers, appelés à devenir les garants d’une gouvernance exemplaire au sein des forces armées. Évoquant la rigueur du processus de sélection, face à un afflux massif de candidatures, il a rappelé que seuls les profils les plus méritants avaient été retenus, constituant ainsi l’élite appelée à servir la nation. Le Colonel Dabar a souligné que les programmes de formation de l’AMIA intègrent désormais des enseignements spécifiques sur la gestion rigoureuse des ressources, le respect strict des procédures administratives et la prévention des dérives. Ces initiatives, a-t-il précisé, s’inscrivent dans une volonté affirmée de modernisation des Forces armées djiboutiennes, en plaçant la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption au cœur de leur fonctionnement.

Les participants ont ensuite suivi plusieurs présentations techniques portant sur les principes de la bonne gouvernance, les mécanismes de contrôle et d’audit, ainsi que les dispositifs de prévention de la corruption en vigueur à Djibouti. Les échanges ont permis aux élèves officiers d’exprimer leurs préoccupations et de partager leurs réflexions sur les défis liés à la gestion des affaires publiques.

L’atelier s’est achevé par une cérémonie de remise de certificats, en présence du Directeur de l’IGE et du Commandant de l’Académie Militaire Interarmées d’Arta, symbolisant l’engagement commun des deux institutions en faveur d’un État plus transparent et plus responsable.

À travers cette initiative, l’Inspection Générale de l’État réaffirme son rôle central dans la consolidation de la bonne gouvernance à Djibouti et son engagement à accompagner durablement les institutions publiques, civiles comme militaires, dans leur mission de service au peuple djiboutien.

Djibril A A