Le système éducatif djiboutien, hérité de la période coloniale était marqué par un faible taux de scolarisation et d’alphabétisation. La construction nationale se faisait majoritairement hors des bancs de l’école. Face à ces défis, il est devenu impératif de repenser le système éducatif dans son ensemble.  Les États Généraux de l’Éducation Nationale (EGE) de Djibouti, lancés en 1999 et conclus en 2000, constituent un tournant majeur dans l’histoire éducative du pays. Initiés sous la présidence d’Ismaïl Omar Guelleh, ces assises visaient à réformer en profondeur un système hérité de la colonisation française, pour mieux répondre aux défis socio-économiques du pays.

Contexte

Comme nous l’avons vu dans des articles précédents, pendant la période coloniale, le système éducatif à Djibouti était limité et destiné principalement aux enfants des colons et à une toute petite élite locale. L’enseignement était exclusivement en français et était centré sur la culture française. Elle servait aussi à former des fonctionnaires locaux pour servir l’administration locale. Les infrastructures scolaires étaient rares et concentrées à Djibouti-ville.

Après l’indépendance, en 1977, Djibouti a néanmoins maintenu plus ou moins ce système éducatif très inégalitaire. Le système est resté limité et élitiste, le français étant la langue d’enseignement principale, et le système a conservé une structure similaire à celle de la France. Les curricula étaient devenus obsolètes, centrés sur des connaissances théoriques européennes, sans lien avec les besoins locaux. Les enseignants étaient en nombre largement insuffisant. Les infrastructures étaient limitées et délabrées : salles surpeuplées, manque de manuels et de matériel pédagogique. Le taux d’analphabétisme adulte atteignait 60 %, reflétant un échec générationnel. Le constat était alors alarmant à la veille de l’an 2000.

Ismail Omar Guelleh est arrivé au pouvoir en 1999. Le nouveau Président de la République de Djibouti prévoit dans son programme une série de réformes importantes à mettre en œuvre. Parmi ces réformes, le Président Guelleh souhaite mettre l’accent sur la croissance économique comme moteur du développement. Cela implique une volonté politique forte du gouvernement pour attirer l’investissement et exploiter les potentialités du pays. La stratégie principale du Président était d’utiliser l’éducation et la formation comme leviers essentiels pour le développement économique du pays. Pour le nouveau chef de l’État, la réforme de l’Éducation est naturellement la mère des réformes. Le Président a bien conscience que l’Éducation est un investissement clé pour l’avenir de Djibouti.

En somme, dès 1999, la vision du Président Ismaïl Omar Guelleh était de transformer Djibouti, en s’appuyant sur la stabilité retrouvée pour initier des réformes structurelles profondes, avec un accent particulier sur le capital humain via l’éducation et la formation. L’éducation a été érigée en priorité nationale. C’est pourquoi, le Président Ismail Omar Guelleh décide de lancer les États généraux de l’éducation afin d’identifier les problèmes du système éducatif, d’impliquer tous les acteurs dans la réforme et de définir une vision à long terme pour l’éducation à Djibouti.

Le déroulement des États Généraux de l’Éducation

Les états généraux de l’éducation nationale ont suivi une méthodologie participative et inclusive. Pour une participation large, l’ensemble des acteurs de l’éducation ont été conviés à savoir les enseignants, les élèves, les parents, la société civile, les partenaires techniques…etc. Des ateliers et des groupes de travail ont été organisés pour identifier les problèmes et proposer des solutions. Des enquêtes et des études préalables ont été menées pour collecter des données sur le système éducatif. Un vaste débat national a été organisé pour partager les conclusions et recueillir les contributions. Cette approche visait à impliquer tous les acteurs et à définir une vision partagée pour l’éducation à Djibouti.

Le ministre de l’Éducation nationale, M. Abdi Ibrahim Absieh, a mis en place un Comité national d’organisation et de suivi des États généraux de l’Éducation. Le Comité planifie 3 phases pour l’organisation des EGE : Une phase préparatoire puis les EGE et enfin la troisième phase de rédaction du rapport général qui contient les recommandations.

La phase préparatoire : La phase préparatoire des EGE a permis de prendre toutes les dispositions pour garantir la réussite de la phase principale des EGE. Cette première phase qui s’est déroulée de juin à septembre 1999 a servi à préparer la logistique, la documentation, la liste des participants, la mobilisation des acteurs et la diffusion des informations importantes sur l’évènement. Des commissions de travail sur chacun des niveaux d’enseignement ont été mises en place. Ces commissions ont procédé d’abord à un diagnostic sans complaisance du système éducatif. Des consultations ont été organisées dans les établissements scolaires pour une meilleure implication de l’ensemble de la communauté éducative. Un document de synthèse de ce diagnostic a été partagé à l’ensemble des participants des EGE en décembre. L’objectif principal était de réaliser un état des lieux exhaustif des problèmes structurels.

Cela incluait l’analyse des taux de scolarisation, des ressources insuffisantes (manque d’écoles, de matériel et de formateurs), et des disparités régionales (l’éducation était plus accessible à Djibouti-ville qu’en zones rurales). Ce diagnostic, effectué via des consultations et des enquêtes, a permis d’identifier un certain nombre de freins à une éducation inclusive de qualité.

La phase principale des États généraux de l’éducation : Les États généraux placés sous le haut patronage du Président Ismail Omar Guelleh se sont déroulés au Palais du Peuple et au Centre de formation des personnels de l’Éducation nationale (CFPEN) du 02 au 07 décembre 1999. 179 participants qui représentaient les différentes couches de la société djiboutienne, ont été répartis en 7 groupes de travail thématiques : structures et organisation, finalités de l’école, gestion et administration, les enseignants, coûts et financements, participations non gouvernementales à l’éducation, la réussite. Dès le premier jour, les problèmes unanimement identifiés sont partagés par exemple le taux de scolarisation très bas (moins de 40%), l’absence de préscolaire public, le nombre très faible de structures scolaires, le taux élevé de de déperdition en primaire, le nombre insuffisant des enseignants, le coût élevé des manuels scolaires, l’inadéquation entre formation et emploi, le manque d’université, la formation professionnelle très limitée…etc.  Les jours qui ont suivi, les 7 ateliers ont travaillé pour identifier les problèmes dans leur domaine de réflexion et ont avancé des pistes de solutions.

Lors de la séance plénière du 07 décembre, les travaux et les recommandations des différents groupes de travail ont été présentés et discutés. Suite aux débats, parfois très animés, certaines solutions à mettre en oeuvre ont néanmoins fait consensus : la scolarité obligatoire allant de 6 à 16 ans ; le maintien de la langue française comme langue d’enseignement ; une politique nationale de production des manuels scolaires au CRIPEN ; la promotion des activités artistiques et culturelles dans les établissements scolaires ; la modification de l’architecture scolaire en mettant en place 2 ans de préscolaire et en ramenant le primaire à 5 années d’enseignement (au lieu de 6) ; séparer l’enseignement de l’arabe et l’enseignement religieux (éducation religieuse, morale et civique) ; l’introduction à moyen terme des langues nationales dans l’enseignement ; le développement de la formation professionnelle ; transparence de l’attribution des marchés publics ; création d’ une nouvelle taxe pour financer la formation professionnelle…etc.

Lors de la cérémonie de clôture retransmise en direct à la télévision, le Président de la République avait déclaré : « il nous appartient désormais à tous de répondre collectivement au paradoxe de notre système éducatif qui voulait qu’avec un maximum de dotation de ressources humaines et financières, dans un contexte de rareté des moyens, nous continuions à produire l’échec. »

La troisième phase a consisté à rédiger un rapport général sur les États généraux de l’Éducation. Le rapport regroupe les travaux des commissions et la synthèse des recommandations. Le rapport général est intitulé « l’école en question ».

La mise en œuvre des recommandations des EGE à travers la réforme de l’Éducation

Ces assises nationales ont constitué le point de départ d’une réforme structurelle majeure du système éducatif djiboutien. Les États Généraux ont débouché sur des mesures concrètes. Les lois-cadres mises en place après les EGE que sont la loi d’orientation du système éducation et la loi d’organisation du ministère forment la base légale des réformes, encore en vigueur aujourd’hui.

La Loi d’Orientation de l’Éducation

La loi d’orientation acte la refondation de l’école djiboutienne. Ce texte-cadre définit les principes fondamentaux, comme l’éducation est un droit universel, la promotion de l’égalité des genres et l’adaptation aux besoins locaux. Elle oriente les politiques vers une éducation de qualité, inclusive et tournée vers l’avenir. Cette loi définit les principes fondamentaux et les objectifs stratégiques du système éducatif djiboutien. Elle est inspirée des recommandations des EGE et s’aligne sur la Constitution de Djibouti (1992), qui garantit le droit à l’éducation. Elle comprend 25 articles et vise à établir une vision à long terme pour une éducation inclusive et de qualité. Le cœur de la loi est la promotion d’une éducation pour tous, en mettant l’accent sur l’équité (article 2 : droit à l’éducation gratuite et obligatoire de 6 à 16 ans), la qualité (article 3 : adaptation aux besoins socio-économiques) et la citoyenneté (article 4 : enseignement des valeurs démocratiques et de tolérance). Elle fixe des cibles comme l’éradication de l’analphabétisme.

La loi a introduit un nouveau système éducatif, remplaçant l’ancien modèle par un cycle d’enseignement fondamental (incluant préscolaire, primaire et moyen). Des mesures ont été prévues pour revoir les programmes, les méthodes d’enseignement et la formation initiale et continue des enseignants. Il a été instauré un Comité Supérieur de l’Éducation (CSE) (qui a remplacé le Comité National d’Organisation et de Suivi des États Généraux de l’Éducation en 2001) et des Comités régionaux de l’Éducation pour piloter et suivre la réforme au niveau national et régional, favorisant une approche décentralisée. En outre, la loi a encouragé la collaboration entre le gouvernement, le secteur privé, les communautés et les partenaires techniques et financiers dans le développement de l’éducation.

La loi d’orientation a permis une profonde transformation du système éducatif djiboutien. Cette loi répondait aux diagnostics des EGE, qui révélaient des inégalités régionales. Elle a permis une augmentation importante du taux de scolarisation et notamment en primaire.

La Loi d’Organisation de l’Éducation

Complémentaire à la Loi d’Orientation, cette loi structure administrativement le système éducatif. Adoptée peu après, elle restructure l’administration éducative, créant des directions régionales et centralisant la gestion des ressources. Elle renforce l’autonomie des établissements et introduit des mécanismes d’évaluation. Elle organise les niveaux d’enseignement, les institutions et la gouvernance, avec 30 articles. Elle vise à rationaliser la gestion pour une mise en œuvre efficace des réformes des EGE. Elle vise à adapter la structure administrative aux objectifs de la loi d’orientation.

Le changement le plus notable a été l’élargissement des attributions du ministère, qui est devenu le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation professionnelle (MENFOP), reconnaissant le lien crucial entre l’éducation et l’insertion professionnelle. Un service de l’évaluation a été rattaché au secrétariat exécutif du Comité Supérieur de l’Éducation, chargé de concevoir et de mettre en œuvre des évaluations et des études sur le système éducatif pour un meilleur suivi.

Des structures spécifiques ont été créées, telles que le Centre de Formation des Enseignants de l’Enseignement Fondamental (CFEEF), pour professionnaliser la formation des maîtres. Les différentes directions et services centraux ont vu leurs rôles redéfinis pour une meilleure efficacité administrative, en phase avec les nouvelles orientations stratégiques.

Cette loi redressait les dysfonctionnements administratifs identifiés lors des EGE, comme le manque de coordination. Elle a indirectement facilité la construction de nouvelles écoles et la formation d’enseignants, contribuant à une amélioration des indicateurs éducatifs (amélioration du taux d’alphabétisation).

Progrès et réalisations

La loi d’orientation a posé les bases d’une décennie fondatrice pour l’école djiboutienne et a été suivie par des plans stratégiques successifs (schémas directeurs de l’Éducation). Les EGE ont contribué à une hausse du taux de scolarisation. Suite à la réforme issue des EGE, des progrès considérables ont été réalisés en matière d’accès à l’éducation de base. Le nombre total d’élèves a augmenté de manière substantielle. Des efforts d’inclusion ont permis une meilleure scolarisation des filles et des enfants en situation de handicap. Cela inclut des initiatives comme la production de manuels scolaires de qualité et très abordables par le CRIPEN et des programmes de cantines scolaires pour réduire l’absentéisme. Les résultats des examens nationaux comme le baccalauréat se sont nettement améliorés, témoignant d’une amélioration notable de la performance académique et de la rigueur pédagogique.

Les infrastructures ont été améliorées et renforcées. La construction de nouvelles écoles et rénovation existantes a mené à une amélioration de l’accès et à la réduction des classes surpeuplées dans certaines zones urbaines. Depuis 1999, la construction de nouveaux établissements scolaires est continue. En 25 ans, le nombre de structures scolaires a été multiplié par au moins 5.  Par ailleurs, Djibouti a atteint les objectifs de l’ODD 4 (Éducation de qualité) pour le primaire, avec un taux de scolarisation secondaire supérieur à 70 %. Les réformes ont stimulé l’innovation, comme l’introduction du numérique dans les écoles.

La réforme a bénéficié d’une volonté politique continue et d’un engagement fort des partenaires internationaux qui continuent de soutenir le secteur de l’éducation à travers des plans de travail ambitieux.

Impact de la réforme sur la société Djiboutienne

Les États Généraux ont eu un impact positif immédiat et durable sur la société djiboutienne, posant les jalons d’une décennie fondatrice pour l’école djiboutienne. Le système éducatif a connu une expansion considérable de 2000 à 2025, faisant l’objet de bilans et de projections réguliers. La volonté politique est restée un atout majeur. Des progrès notables ont été réalisés en termes d’infrastructures et de taux de scolarisation. Le taux de scolarisation primaire a significativement augmenté, avec une réduction des écarts urbains/ruraux. Djibouti vise la scolarisation universelle à court terme. Les curricula modernisés ont favorisé une meilleure maîtrise des langues et des compétences pratiques, contribuant à une baisse du taux d’analphabétisme. Ces objectifs étaient justifiés par des études préalables, comme le Rapport sur le développement humain de Djibouti, qui soulignait que l’éducation était un levier clé pour réduire la pauvreté et stabiliser le pays. La mise en œuvre des recommandations des EGE à travers le Plan décennal de l’Éducation (2000-2010), a contribué à une augmentation du taux d’alphabétisation à 70 % dès 2010.

L’impact social le plus significatif est l’augmentation massive des effectifs scolarisés, faisant de l’éducation un droit accessible à un plus grand nombre de Djiboutiens, sans distinction d’âge, de sexe ou d’origine sociale. La réforme a contribué à valoriser l’éducation formelle au sein d’une société traditionnellement pastorale et majoritairement orale. L’engouement de la population pour l’alphabétisation s’est accru. Des progrès notables ont été réalisés dans la scolarisation des filles, contribuant à un changement progressif des dynamiques sociales, bien que des défis persistent. En intégrant des notions de contextualisation dans les programmes, la réforme a également cherché à renforcer l’identité nationale et la cohésion sociale, l’école devenant un outil de construction nationale. La réforme a permis de mobiliser des financements de partenaires internationaux, essentiels pour le développement des infrastructures scolaires et la mise en œuvre des plans d’action sectoriels.

L’objectif principal de la réforme était de former un capital humain qualifié, essentiel pour le développement économique de Djibouti, notamment dans les secteurs stratégiques comme les infrastructures portuaires et la logistique. Djibouti a renoué avec la croissance économique après 2001. Les rapports soulignent une portée significative des progrès de l’instruction. Son impact sur le développement économique est réel, mais peut être renforcé en améliorant l’adéquation formation-emploi. Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFOP) met l’accent sur le développement et la diversification de l’enseignement technique et professionnel. Des formations professionnelles qualifiantes à court terme sont lancées dans des secteurs clés comme la conduite routière, la manutention, la mécanique, et l’hôtellerie. Ces mesures visent à construire des ponts durables entre la formation et l’emploi, reconnaissant que “la formation professionnelle est un levier stratégique pour l’emploi et le développement”.

Des défis persistants

Les États Généraux ont posé des bases solides, mais des défis structurels persistent. Malgré les progrès en matière d’accès, des défis demeurent concernant la qualité intrinsèque de l’apprentissage et l’efficacité interne du système. Des efforts continus sont nécessaires pour renforcer le pilotage du système éducatif par l’exigence de résultats et l’amélioration des rendements des personnels. En outre, les réformes n’ont pas suffisamment réduit les disparités entre Djibouti-ville et les zones rurales, où le taux d’abandon scolaire reste plus élevé. L’impact de la réforme sur l’éducation secondaire et supérieure a été important, mais le taux d’accès à l’université reste relativement moyen.

L’un des principaux enjeux actuellement est la portée limitée des progrès de l’instruction sur l’insertion professionnelle. L’inadéquation entre les compétences acquises à l’école et les besoins du marché du travail, notamment dans les secteurs portuaires et logistiques en expansion, reste un point de friction. Le principal défi de l’adéquation formation-emploi réside dans le décalage persistant entre les compétences fournies par le système éducatif et les besoins réels du marché du travail, malgré les efforts de développement économique et les taux de scolarisation en hausse. Le système éducatif peine à produire des profils adaptés aux secteurs porteurs de l’économie djiboutienne. Il est crucial d’identifier les métiers dont le pays aura besoin aujourd’hui et demain, et d’anticiper les métiers qui n’existent pas encore pour préparer une main-d’œuvre agile.

Les EGE avaient consacré la reconnaissance des langues nationales (afar, somali) pour une éducation bilingue, pour favoriser l’identité culturelle tout en préparant à l’intégration régionale. L’intégration des langues nationales dans les programmes scolaires tarde à être concrétisée. Néanmoins, il existe un développement de l’enseignement bilingue ces dernières années qui proposent des programmes d’enseignement en arabe et en français. L’anglais est aussi de plus en plus présent dans les programmes scolaires. Djibouti vise désormais à développer un enseignement trilingue (français, arabe, anglais) dans les écoles.

Le budget alloué à l’éducation est conséquent à Djibouti (20 % du budget total de l’Etat), mais il reste mal équilibré entre la part dédiée au fonctionnement et celle pour les investissements, entraînant avec le temps une pénurie de matériels pédagogiques et une dégradation des infrastructures notamment dans les régions rurales. Pour surmonter cet obstacle, le ministère a entrepris de mieux coordonner les appuis des partenaires techniques et financiers et étudie la possibilité de renforcer la gestion décentralisée en s’appuyant sur les collectivités.

Conclusion

Les États Généraux de l’Éducation Nationale de Djibouti ont constitué un moment charnière, servant de fondation à la réforme profonde du système éducatif djiboutien. Vingt-cinq ans après la refondation de l’école djiboutienne, le bilan est largement positif et présente des avancées significatives. Les résultats clés sont l’amélioration de l’accès à l’éducation, la promotion d’une éducation inclusive et équitable et le renforcement des capacités de gestion du ministère de l’Education nationale. Mais aussi le développement de l’enseignement supérieur, les initiatives en matière de formation professionnelle, la politique du livre mis en œuvre au CRIPEN et la formation d’un nombre important d’enseignants.

Cette grande réforme de l’éducation de 1999 a eu un impact très positif sur l’économie du pays. Les efforts pour augmenter l’accès à l’éducation ont contribué à une main d’œuvre plus qualifiée et productive, qui a soutenu la croissance économique. L’amélioration de l’éducation a permis de développer les compétences et les connaissances de la population, ce qui a contribué à l’innovation et à la compétitivité économique. Les investissements dans l’éducation ont aidé à réduire la pauvreté en offrant des opportunités d’emploi et de mobilité sociale.

Cependant, en 2025, Djibouti fait face à des défis émergents tout en poursuivant les efforts engagés. La COVID-19 a révélé des lacunes en éducation à distance ; l’intégration des TIC nécessite des infrastructures (écoles connectées). Par ailleurs, les sécheresses affectent les écoles rurales, l’éducation doit promouvoir la résilience. Également, les défis en matière de formation professionnelle sont multiples. Des initiatives sont en cours pour relever ces défis, comme la création de centres de formation spécialisés.

Abdallah Hersi