
Dans un contexte de mondialisation et de diversification culturelle, l’enseignement des langues nationales reste un enjeu fondamental pour la construction de l’identité et le développement des sociétés. À Djibouti, où l’afar et le somali constituent les langues maternelles d’une grande partie de la population, leur intégration dans le système éducatif apparaît non seulement comme une nécessité culturelle, mais aussi comme un vecteur de réussite scolaire et d’inclusion sociale.
Les langues nationales sont des témoins vivants de l’histoire, de la culture et des traditions d’un peuple. L’afar et le somali, en tant que langues parlées depuis des générations, portent en elles des récits, des poèmes, des proverbes, des chansons et des pratiques sociales qui structurent la mémoire collective. Les enseigner à l’école permet aux jeunes générations de se reconnecter avec leur héritage et de renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté. Cela contribue également à préserver ces langues face à la prédominance des langues étrangères, qui tendent à uniformiser les pratiques linguistiques et culturelles.
De nombreuses études pédagogiques montrent que l’enseignement dans la langue maternelle améliore la compréhension, la participation et l’acquisition de connaissances. Les élèves qui maîtrisent leur langue maternelle dès les premières années peuvent transférer ces compétences à l’apprentissage des langues secondaires, telles que le français ou l’anglais. Dans ce contexte, intégrer l’afar et le somali dans les programmes scolaires constitue un levier efficace pour lutter contre le décrochage scolaire et améliorer les performances globales des élèves.
Renforcer l’inclusion sociale et la cohésion nationale
L’enseignement des langues nationales contribue également à l’inclusion sociale. Il reconnaît la diversité linguistique et culturelle comme une richesse plutôt qu’une barrière. Les enfants des communautés afar et somali se sentent valorisés lorsque leur langue est enseignée à l’école, ce qui renforce leur estime de soi et leur participation à la vie civique. Sur le plan national, cette approche favorise la cohésion et le dialogue interculturel, en donnant à tous les citoyens un accès équitable à l’éducation et aux opportunités.
Au-delà des aspects culturels et sociaux, l’enseignement des langues nationales est un facteur de développement économique et scientifique. Il permet de former des jeunes capables de mobiliser leurs compétences linguistiques pour la documentation locale, la communication communautaire, la recherche et la promotion du tourisme culturel. De plus, la valorisation des langues nationales peut encourager la production de contenus pédagogiques, littéraires et numériques adaptés aux réalités locales.
L’intégration de l’afar et du somali dans le système éducatif ne se limite pas à la transmission d’un code linguistique : elle représente un investissement stratégique pour l’avenir de Djibouti. C’est un moyen de préserver la richesse culturelle, de renforcer la réussite scolaire, d’assurer l’inclusion sociale et de favoriser le développement durable. Enseigner ces langues, c’est rappeler aux jeunes que leurs racines et leur identité sont un capital précieux, et que leur voix peut pleinement contribuer à la construction d’une nation harmonieuse et prospère.
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