
Au cœur des travaux du 39ᵉ Sommet de l’Union africaine, le Président de la République, Ismaïl Omar Guelleh, a livré une allocution empreinte de gravité et de lucidité sur l’un des défis majeurs du continent : la gestion durable de l’eau. Dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique, les inégalités d’accès aux ressources hydriques et les impératifs de développement socio-économique, le Chef de l’État a placé cette question au rang des priorités stratégiques pour l’Afrique. Devant ses pairs réunis à l’occasion de la 39ᵉ Session ordinaire de l’Union africaine, il a rappelé que l’eau constitue bien plus qu’une ressource naturelle : elle est une condition essentielle de la dignité humaine, un levier de stabilité et un socle incontournable de la prospérité partagée. En soulignant que « sans eau, point d’agriculture productive, point de sécurité alimentaire », le Président Guelleh a mis en lumière le caractère structurant de cette ressource dans la réalisation de l’Agenda 2063, vision d’une Afrique intégrée et maîtresse de son destin. Son intervention a également insisté sur la nécessité d’une politique continentale ambitieuse, fondée sur la coopération régionale, l’interconnexion des bassins hydrauliques et le partage équitable des ressources transfrontalières. L’expérience de Djibouti, bénéficiant d’un système d’adduction en eau potable en provenance de l’Éthiopie, a été citée comme une illustration concrète de l’intégration africaine en action. À travers cette prise de parole, le Président Guelleh a appelé à faire de l’eau un facteur d’unité plutôt que de division, convaincu que sa gestion solidaire conditionne la paix, la sécurité et le développement durable du continent. Voici l’intégralité du discours du chef de l’Etat.
C’est avec joie que je prends part à cette 39ème Session Ordinaire de l’UA et que je salue la volonté politique qui nous anime et qui nous a réunit aujourd’hui autour de ce thème vital. Permettez-moi, tout d’abord, d’exprimer notre profonde gratitude à la République fédérale démocratique d’Éthiopie pour son hospitalité fraternelle et pour l’excellente organisation de cette trente-neuvième session de notre institution. Je tiens, également, à saluer l’engagement constant de la Commission de l’Union africaine en faveur des grandes priorités de notre continent. Nécessité vitale, l’eau figure au premier rang de ces priorités. Elle touche au cœur même de la dignité humaine et constitue une préoccupation quotidienne pour nombre de nos populations, aussi bien dans les zones rurales que dans les espaces urbains. Elle est, aussi, une condition essentielle de la réussite de l’Agenda 2063, cette vision commune d’une Afrique prospère, intégrée et maîtresse de son destin que nous appelons de nos vœux.
Monsieur le Président,
L’eau est un facteur structurant dans le développement socio-économique de nos nations. Sans eau, point d’agriculture productive, point de sécurité alimentaire. Sans eau, point d’industrialisation durable. L’accès sûr et équitable à cette ressource conditionne l’amélioration des conditions de vie, la création d’emplois et la réduction des inégalités. Nous en sommes tous conscients, notre continent fait face à une répartition profondément inégale de ses ressources hydriques. Certains de nos pays sont confrontés à un stress hydrique sévère, tandis que d’autres subissent, de manière récurrente, des inondations dévastatrices. Une telle situation révèle l’ampleur des défis auxquels nous sommes collectivement confrontés. À ces déséquilibres structurels, s’ajoute la perturbation croissante du cycle de l’eau sous l’effet du changement climatique. Les sécheresses prolongées et les pluies irrégulières fragilisent nos écosystèmes et compromettent nos efforts de développement. Face à cette réalité, il devient impératif pour l’Afrique de se doter d’une véritable politique continentale de l’eau, une politique ambitieuse tournée vers l’avenir. Cette politique doit encourager les interconnexions hydrauliques régionales, à l’image des projets de partage de bassins fluviaux ou de transferts d’eau entre zones excédentaires et zones déficitaires. À cet égard, l’expérience de Djibouti, qui bénéficie aujourd’hui d’un apport significatif en eau potable provenant de la République fédérale démocratique d’Éthiopie, à travers un système d’adduction transfrontalière, est une excellente illustration d’intégration régionale et surtout de ce que la coopération africaine peut produire de meilleur. Cette politique doit, donc, reposer sur un esprit de coopération, de partage et de gestion équitable lorsque les ressources sont transfrontalières. Car l’eau ne connaît pas de frontières .Elle doit être un facteur d’unité car il y va de la préservation de la paix et de la sécurité régionale et internationale. Par ailleurs, notre continent doit investir résolument dans les technologies innovantes, notamment dans le dessalement de l’eau de mer, en particulier pour les pays côtiers confrontés à une rareté chronique de l’eau douce. Dans ce domaine, Djibouti a fait du dessalement un pilier stratégique de sa politique hydrique, avec la mise en service d’unités de dessalement permettant de sécuriser l’alimentation en eau potable de la capitale, réduisant ainsi la pression sur les nappes phréatiques.
Monsieur le Président,
Toute politique de l’eau doit, systématiquement, intégrer la question de l’assainissement. La promotion et l’amélioration de l’assainissement constitue un levier majeur de santé publique, en réduisant significativement les maladies hydriques et en améliorant la qualité de vie de nos populations. Elle ouvre, également, des perspectives nouvelles en matière de recyclage des eaux usées et de leur utilisation dans des projets intégrés, notamment pour l’agriculture, les espaces verts et certaines activités industrielles.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
L’eau étant un bien commun et un pilier de notre avenir collectif, nous sommes convaincus que ce Sommet apportera une contribution substantielle aux efforts déployés en vue de trouver les solutions les plus à même d’universaliser l’accès à l’eau potable et à l’assainissement et d’assurer une gestion durable des ressources hydriques disponibles.
Je vous remercie de votre aimable attention.









































