
Six années après le lancement des travaux de mise en place à Djibouti d’une infrastructure portuaire dédiée à la réparation et à la maintenance des navires, l’initiative se concrétise. Le Président de la République, Son Excellence M. Ismaïl Omar Guelleh, l’a inauguré, jeudi dernier. Installé sur un site chargé d’histoire de l’ancien port, le chantier de réparation naval de Djibouti est appelé à dynamiser l’économie nationale et à renforcer la position stratégique du pays.

La République de Djibouti a inauguré en grande pompe, le jeudi 2 avril, son tout premier chantier de réparation et d’entretien naval. Cet événement consacre l’aboutissement d’une vision axée dans le domaine du développement portuaire du Président de la République, Son Excellence M. Ismail Omar Guelleh. Venant s’ajouter aux six ports modernes et spécialisés déjà opérationnels, cette nouvelle infrastructure constitue le maillon manquant qui devait propulser Djibouti dans la cour des grandes puissances maritimes.

Placée sous le haut patronage du Président de la République Son Excellence M. Ismaïl Omar Guelleh, la cérémonie dédiée à cet événement s’est déroulée sous une tente érigée en face à la capitainerie de l’ancien port, sur un site chargé d’histoire en présence d’un parterre de personnalités nationales et internationales, parmi lesquelles le Premier ministre Abdoulkader Kamil Mohamed, plusieurs membres du gouvernement dont le ministre des Infrastructures et de l’Équipement Hassan Houmed Ibrahim, le président de l’Autorité des Ports et des Zones Franches Aboubaker Omar Hadi, le président du groupe Damen Shipyards, Arnout Damen, les hauts responsables des différentes entités de l’APZFD, des pilotes djiboutiens de la marine marchandes…etc. Tous réunis autour de cet évènement historique, marquant l’entrée du pays dans une nouvelle ère maritime.

A quelques encablures d’une des routes maritimes les plus stratégiques de la planète le Président Ismaïl Omar Guelleh, coupe le ruban du tout premier chantier de réparation et d’entretien naval du pays, concrétisant ainsi son ambition de faire de Djibouti une plateforme maritime complète, intégrée et compétitive à l’échelle internationale.
Dès l’ouverture de son allocution, le Président Ismail Omar Guelleh donne le ton. « J’ai tenu à venir présider cette cérémonie pour marquer l ’importance particulière que j’attache à ce projet. Le chantier de réparation navale a toujours été une priorité nationale et constitue le maillon manquant de notre écosystème portuaire » a-t-il indiqué.

L’inauguration du Djibouti Ship Repair s’inscrit dans une transformation profonde du modèle économique du pays, qui a fait le choix stratégique de capitaliser sur sa position géographique exceptionnelle.
Situé à la jonction de la Mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb, Djibouti se trouve au cœur d’un corridor maritime par lequel transitent chaque année des dizaines de milliers de navires reliant l’Europe, l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique.
Dans ce contexte, le développement d’un service local de réparation navale s’imposait comme une évidence économique. Les navires, soumis à des normes internationales strictes, nécessitent des opérations d’entretien régulières, souvent tous les deux ans. Jusqu’ici, ces opérations étaient réalisées dans d’autres ports, privant Djibouti d’une source de revenus considérable.
Le Président Ismaïl Omar Guelleh l’a rappelé avec force. « Un port moderne ne se limite plus à être un point d’entrée ou de sortie des marchandises. Il doit être un véritable écosystème, un carrefour dynamique où coexistent transport maritime, logistique, industrie, services et innovation » a insisté le Président
Une infrastructure de pointeau service de la performance
Le chantier naval inauguré se distingue par des caractéristiques techniques de haut niveau, qui le positionnent parmi les installations les plus performantes de la région. Doté d’une cale sèche flottante capable d’accueillir des navires de plus de 200 mètres de long et d’une capacité de levage impressionnante, il offre une flexibilité opérationnelle permettant de répondre à une large gamme d’interventions.
Réparation de coques, maintenance des moteurs, entretien des systèmes de navigation, fabrication de pièces mécaniques : l’ensemble des services nécessaires à la maintenance navale est désormais disponible localement.
Rappelons que, durant la phase de construction de ce chantier d’envergure, le partenaire néerlandais a assuré la formation de huit jeunes ingénieurs djiboutiens. Ces derniers sont appelés à prendre progressivement la relève à l’issue de la période transitoire de trois ans prévus par le contrat, au cours de laquelle la gestion de cette infrastructure a été confiée à l’entreprise néerlandaise par le gouvernement djiboutien.
Le président du groupe Damen Shipyards, Arnout Damen, a salué la qualité exceptionnelle de l’ouvrage. « Je suis très fier de cette installation de réparation navale exceptionnelle et à la pointe de la technologie que nos équipes ont construite et livrée au peuple djiboutien » a-t-il déclaré avant de mettre l’accent sur la pertinence du projet.
« L’idée de créer un chantier de réparation navale à Djibouti est tout à fait logique, compte tenu de sa position stratégique et de l’importance du trafic maritime dans la région » a-t-il justifier et d’ajouter par la suite : « Cette infrastructure permettra au pays de devenir un véritable hub de services maritimes complets ».
Au-delà de sa dimension technique, le chantier naval constitue un puissant levier de développement économique. En captant une partie du marché de la maintenance navale, Djibouti ouvre la voie à de nouvelles sources de revenus et renforce sa compétitivité régionale.
Mais l’impact le plus tangible se situe sans doute sur le plan social. Le projet devrait générer plusieurs centaines d’emplois directs et des milliers d’emplois indirects, dans des secteurs techniques à forte valeur ajoutée.
Le président de l’Autorité des Ports et des Zones Franches, Aboubaker Omar Hadi, a dans son intervention, insisté sur cet aspect fondamental. « Notre engagement ne se limite pas à construire des infrastructures. Il s’agit aussi de former des hommes et des femmes, car notre plus grande richesse réside dans notre capital humain » a-t-il précisé.
Revenant sur l’historique du projet, M. Aboubaker Omar a rappelé : « L’arrivée de la cale sèche flottante en 2023 a marqué le début des phases décisives, notamment le transfert de savoir-faire ».
Aujourd’hui, les premiers résultats sont déjà visibles selon lui. « Nous avons déjà assuré la maintenance de plusieurs navires à des fins de formation, ce qui témoigne de la montée en compétence de nos équipes » a-t-il précisé.
Un impact économique élargi
L’apport économique du chantier naval dépasse largement le cadre du port. En effet, la durée d’escale des navires génère des retombées dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, du transport et notamment des services logistiques. Le président du groupe Damen Shipyards a évoqué cette dynamique dans son discours. « Les navires resteront plus longtemps au port, et leurs équipages contribueront à dynamiser l’économie locale, notamment dans les secteurs de l’hôtellerie, du transport et des services » a-t-il souligné. Un cercle vertueux qui participe à la diversification de l’économie nationale.
Pour le ministre Hassan Houmed Ibrahim, l’inauguration du chantier naval s’inscrit pleinement dans la stratégie de développement à long terme du pays. « Cette infrastructure s’inscrit dans la Vision 2035, celle de faire de Djibouti une plateforme logistique et maritime de référence mondiale » a-t-il rappelé dans son discours. Il a également insisté sur la cohérence de l’ensemble des investissements réalisés : « Le Djibouti Ship Repair Yard ne s’ajoute pas simplement à notre offre portuaire : il l’élargit, la consolide et la valorise ». Et de conclure sur l’importance régionale du projet : « Les navires empruntant le détroit de Bab el-Mandeb disposent désormais d’un chantier de référence en mer Rouge et en Afrique de l’Est ».
Le succès de ce projet repose sur un partenariat stratégique entre Djibouti et le groupe Damen Shipyards, partenaire historique du pays depuis plusieurs décennies. Ce partenariat ne se limite pas à la construction de l’infrastructure. Il inclut également un programme de formation, un accompagnement en gestion et un transfert de compétences destiné à garantir la pérennité du chantier. Comme l’a souligné Arnout Damen : « Nous sommes pleinement engagés et convaincus que cette collaboration fera de ce projet un grand succès commun ».
En filigrane de cette inauguration, c’est toute une vision qui se dessine : celle d’un pays qui entend tirer pleinement parti de ses atouts géographiques pour s’imposer comme un acteur incontournable du commerce maritime mondial.
Le Président Ismaïl Omar Guelleh a résumé cette ambition en des termes clairs :« Ce chantier constitue un actif stratégique national, au service de la compétitivité portuaire, du développement de l’économie bleue et du rayonnement de Djibouti ».
Le chantier naval de Djibouti ne marque pas une fin, mais le début d’une nouvelle phase de développement. Comme l’a si bien résumé le président de l’Autorité des Ports et des Zones Franches de Djibouti, M. Aboubaker Omar Hadi : « Le voyage ne fait que commencer, et l’avenir est désormais entre nos mains ».
En tout cas, vu les ambitions affichées, une chose est sûre, Djibouti est désormais en route pour rejoindre la cour des grandes puissances maritimes.
RACHID BAYLEH









































