Le ministère de l’Agriculture a organisé, hier matin à l’hôtel Best Western Premier, un atelier national consacré à l’évaluation des interventions en cours et à l’élaboration du nouveau Programme d’Options Stratégiques pour le Pays (COSOP), dans le cadre de la coopération entre la République de Djibouti et le Fonds international de développement agricole (FIDA).

La rencontre s’est tenue en présence du Secrétaire général du ministère de l’Agriculture, M. Ibrahim Elmi Mohamed, du représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de la directrice du FIDA, ainsi que de plusieurs hauts responsables. Des représentants des institutions gouvernementales, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile et des acteurs du développement rural ont également pris part aux travaux.

Cet atelier avait pour objectif de dresser un bilan approfondi de la mise en œuvre du COSOP 2019–2024, d’en tirer les principaux enseignements et de définir les orientations stratégiques du futur programme, en cohérence avec les priorités nationales et les Objectifs de développement durable.

Face aux défis croissants liés au changement climatique, à la rareté des ressources naturelles et à la vulnérabilité des populations rurales, la République de Djibouti a fait du développement agricole durable et de la sécurité alimentaire des axes majeurs de sa politique de développement. Dans ce contexte, le partenariat avec le FIDA s’est imposé comme un pilier essentiel de l’action publique en faveur des zones rurales.

Le COSOP 2019–2024 a constitué le cadre structurant de cette coopération. Élaboré en parfaite cohérence avec la Vision nationale de développement et les engagements internationaux du pays, il a ciblé des domaines stratégiques tels que la gestion durable des ressources en eau, le renforcement de la résilience face aux sécheresses récurrentes, l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, ainsi que l’inclusion socioéconomique des populations rurales les plus vulnérables.

Gestion de l’eau et résilience climatique au cœur des interventions du COSOP

La rareté de l’eau, combinée à une variabilité climatique accrue, demeure l’un des principaux obstacles au développement rural. À travers le COSOP, des réponses structurantes ont été apportées à cette problématique, notamment grâce à la mise en œuvre de projets majeurs tels que PROGRES et PGIRE. Ces initiatives ont permis d’améliorer l’accès à l’eau pour les usages agricoles, pastoraux et domestiques, en privilégiant une approche intégrée et durable de la gestion des ressources hydriques.

Les investissements réalisés ont bénéficié en priorité aux ménages ruraux vulnérables, contribuant à la stabilisation des moyens de subsistance et à la réduction des risques liés aux pénuries d’eau.

Parallèlement, le renforcement de la résilience climatique a constitué un axe central du partenariat avec le FIDA.

Les interventions ont porté sur l’aménagement et la réhabilitation de points d’eau, la gestion durable des parcours pastoraux, la restauration des écosystèmes dégradés et la diffusion de techniques agricoles et pastorales adaptées aux conditions arides. Des actions de formation et de sensibilisation ont renforcé les capacités locales d’adaptation au changement climatique, favorisant une appropriation durable des pratiques résilientes par les communautés bénéficiaires.

L’inclusion économique et sociale des femmes et des jeunes en milieu rural figure également parmi les priorités transversales du COSOP. Le programme a soutenu le développement d’activités génératrices de revenus, le renforcement des compétences techniques et entrepreneuriales, ainsi que l’accompagnement des coopératives et associations féminines.  Ces actions ont contribué à l’autonomisation économique des femmes, à l’amélioration des revenus des ménages et à la création d’opportunités pour les jeunes, contribuant ainsi à réduire les facteurs de vulnérabilité et d’exode rural.

Sur le plan institutionnel, le partenariat avec le FIDA a permis de renforcer les capacités opérationnelles du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage, de la Pêche, de l’Eau et des Ressources halieutiques. La construction récente de bases régionales modernes à Dikhil et Tadjourah constitue à cet égard une avancée significative en matière de déconcentration des services publics et d’amélioration de l’accès des populations rurales aux services de proximité.

À l’approche de la clôture du COSOP 2019–2024, les acquis enregistrés appellent à être consolidés et capitalisés. Les autorités nationales, en concertation avec le FIDA et l’ensemble des partenaires, préparent la prochaine phase de coopération, orientée vers l’innovation, la digitalisation des services agricoles, la promotion de pratiques agroécologiques adaptées aux zones arides, la mise en place de banques de fourrage et la gestion durable des ressources naturelles. Les résultats obtenus démontrent qu’un partenariat fondé sur une vision stratégique claire, une appropriation nationale forte et une mobilisation collective peut générer des transformations durables. Le Gouvernement réaffirme enfin sa reconnaissance au Fonds international de développement agricole et à l’ensemble des partenaires pour leur engagement constant en faveur du développement rural et de la sécurité alimentaire.

Zouhour Abdillahi