Hausse des températures, sécheresses prolongées, inondations récurrentes et élévation du niveau de la mer : la République de Djibouti subit déjà de plein fouet les effets du changement climatique. Selon le Directeur général de l’Agence nationale de la météorologie, Mohamed Ismail Nour, ces phénomènes constituent un défi majeur pour l’environnement, l’économie et les populations les plus vulnérables.

Le changement climatique n’est plus une projection lointaine pour la République de Djibouti. Situé dans la Corne de l’Afrique, notre  pays, déjà confronté à un climat aride et à des ressources naturelles limitées, voit aujourd’hui les effets du réchauffement climatique s’intensifier, avec des conséquences directes sur la vie quotidienne des populations et sur les secteurs clés de l’économie nationale. L’un des impacts les plus marquants est l’augmentation continue des températures. Djibouti, déjà classé parmi les régions les plus chaudes du monde, connaît des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et extrêmes.

Les températures atteignent régulièrement des niveaux records, mettant à rude épreuve la santé publique, les conditions de travail et les systèmes agricoles.

À cette hausse thermique s’ajoute une sécheresse de plus en plus sévère. Le pays fait face à des périodes de sécheresse prolongées, aggravées par le changement climatique, réduisant considérablement la disponibilité des ressources en eau.

Cette situation affecte l’agriculture, l’élevage et l’approvisionnement en eau potable, des secteurs essentiels pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés rurales. Paradoxalement, Djibouti est également confronté à des épisodes d’inondations récurrentes.

Lors des saisons des pluies, des précipitations torrentielles et inhabituelles provoquent des crues soudaines des oueds et des débordements des systèmes de drainage. Ces phénomènes entraînent d’importants dégâts matériels, la destruction d’abris, des perturbations majeures des infrastructures — notamment des routes coupées — ainsi que des risques sanitaires liés aux maladies hydriques.

Des événements marquants ont été enregistrés en 1967, 1972, 1989, 1994, 2004, 2018 avec le cyclone Sagar, et en 2019, affectant des milliers de personnes et nécessitant des interventions humanitaires urgentes. Pays côtier, Djibouti demeure également vulnérable à l’élévation du niveau de la mer. Une montée des eaux menace les zones côtières, les habitations, les terres agricoles ainsi que les infrastructures stratégiques, notamment les installations portuaires, piliers de l’économie nationale. Le changement climatique pèse lourdement sur l’agriculture et l’élevage, secteurs déjà fragilisés par la rareté de l’eau et la chaleur intense. La baisse des rendements agricoles et les pertes de cheptel mettent en péril les moyens de subsistance de nombreuses familles, en particulier dans les zones rurales. Les populations les plus vulnérables sont les premières touchées. Les communautés rurales et les habitants des zones informelles subissent de plein fouet les effets du dérèglement climatique, notamment en matière d’accès à l’eau, de sécurité alimentaire et de santé.

Face à ces défis, le gouvernement djiboutien, en collaboration avec des organisations internationales et des partenaires régionaux, a engagé plusieurs actions visant à renforcer la résilience du pays.

Ces initiatives portent notamment sur l’amélioration de la gestion de l’eau, la préservation des ressources naturelles et l’adaptation aux effets du changement climatique. Djibouti participe également à des programmes régionaux destinés à une meilleure gestion des ressources hydriques et à une réponse coordonnée aux impacts climatiques.

En définitive, les conséquences du changement climatique sont déjà tangibles à Djibouti. Selon les experts, il est désormais essentiel de poursuivre et d’intensifier les investissements dans des solutions durables et adaptées afin de faire face à ces défis à long terme et de protéger les générations futures.