
Prière nocturne au nombre impair, la Salat al-Witr occupe une place précieuse dans le cœur du musulman. Elle est accomplie après la prière d’Isha et avant l’aube, et vient clore les prières de la nuit dans un esprit de recueillement et de proximité avec Allah. Pour nous, croyants, elle n’est pas un simple acte surérogatoire : elle est un rendez-vous intime avec notre Seigneur. Le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) ne la délaissait jamais, même en voyage. Il a dit, selon un hadith rapporté par Sunan Abi Dawud : « Que celui qui souhaite prier le Witr avec une seule rak‘ah le fasse. » Cette parole montre la souplesse et la miséricorde de notre religion, tout en soulignant l’importance de cette prière. Le mot « Witr » signifie «impair ». Allah est Unique, Al-Wahid, et Il aime ce qui est impair. La prière du Witr peut être accomplie en une, trois, cinq, sept ou neuf rak‘ats. La forme la plus répandue est celle de trois unités. Selon les enseignements rapportés par Aïcha (qu’Allah l’agrée), le Prophète priait le Witr à différents moments de la nuit, mais le moment le plus méritoire reste le dernier tiers, appelé le sahar, lorsque les invocations sont exaucées et que les cœurs sont les plus sincères.
Une Sunna confirmée au cœur de la vie spirituelle
La majorité des savants considèrent le Witr comme une Sunna fortement recommandée, tandis que l’école hanafite le qualifie de wajib. Concrètement, cela signifie que nous ne devrions pas la négliger. Elle complète nos prières obligatoires et renforce notre lien avec Allah. Pour l’accomplir, nous formulons l’intention dans notre cœur, nous nous tournons vers la Qibla et nous commençons par le takbir. Après la récitation de la Fatiha, il est recommandé, dans le cas de trois rak‘ats, de réciter la sourate Al-A‘la dans la première unité, Al-Kafiroun dans la deuxième et Al-Ikhlas dans la troisième. Il est également conseillé de réciter les sourates Al-Ikhlas, Al-Falaq et An-Nas. La prière peut être effectuée à voix basse. Le Witr comprend souvent l’invocation appelée Qunoot. Son omission n’annule pas la prière selon la majorité des avis, mais en école hanafite, un oubli nécessite une prosternation de réparation. Les savants nous mettent en garde contre les invocations excessivement longues ou innovées : la simplicité et la sincérité sont la clé.
Si un musulman a déjà accompli le Witr puis souhaite prier davantage durant la nuit, il peut le faire par unités de deux rak‘ats, sans répéter le Witr. Car il n’y a pas deux Witrs dans une même nuit. En cas d’oubli ou de sommeil, il est recommandé de rattraper le Witr durant la journée en nombre pair : celui qui a l’habitude de prier trois rak‘ats en accomplira quatre, en prononçant le taslim après chaque série de deux.
Au-delà des règles juridiques, le Witr est un moment de vérité avec soi-même. C’est dans le silence de la nuit que le croyant se tient humblement devant son Seigneur, implore Son pardon, expose ses faiblesses et renouvelle son espérance. Cette prière nous apprend la constance, la discipline et l’amour d’Allah. Elle est une lumière dans nos nuits et une force dans nos journées.
Djibril AA








































