À l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, le Président Ismail Omar Guelleh a prononcé un discours vibrant d’engagement et de reconnaissance envers la femme djiboutienne. Rappelant les progrès accomplis en matière d’éducation, de représentation politique et d’autonomisation économique, il a salué une génération qui « n’attend plus une place, elle la prend, elle la mérite, elle la construit ». Le Chef de l’État a également souligné les défis à relever : l’accès au financement, l’orientation vers les filières scientifiques et le changement des mentalités. Un message clair : la paix, la cohésion sociale et la Vision 2035 reposent sur la pleine participation des femmes à la construction nationale. Voici l’intégralité du discours du chef de l’Etat.

Mesdames et Messieurs,

Ce matin, l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes nous accueille dans cette salle.

Mais permettez-moi de dire ce que je vois vraiment.

Je vois la conscience vivante de notre nation.

Car la femme djiboutienne n’est pas simplement témoin de l’histoire de notre République.

Elle en est l’architecte.

Du sable rouge de nos régions de l’intérieur jusqu’’aux boulevards de notre capitale, elle porte sur ses épaules l’équilibre de notre société.

« Je vois la conscience vivante de notre nation. »

Hier, elle était la gardienne de nos traditions et de la paix dans le foyer. Aujourd’hui, elle est magistrate, ministre, ingénieure, médecin, commerçante et activiste. Elle a su briser les plafonds de verre sans jamais briser le lien sacré qui l’unit à ses racines.

En cette journée solennelle, je veux d’abord lui dire, à elle — simplement, directement — merci.

Mes chers compatriotes,

Célébrer nos acquis, c’est d’abord avoir le courage de les nommer. Depuis des années, sous l’impulsion des plus hautes autorités de l’État et grâce à l’engagement constant de la société civile — et je pense ici à l’UNFD en premier lieu— nous avons posé les fondations d’une transformation profonde.

La parité scolaire progresse. Et ses résultats sont là, visibles, concrets, irréfutables. La jeune Djiboutienne est aujourd’hui médecin, avocate, ingénieure, officière, chercheuse, cheffe d’entreprise. Elle est présente dans tous les corps de métiers, dans tous les secteurs de notre économie, dans toutes les sphères de notre vie publique. Elle n’attend plus une place — elle la prend, elle la mérite, elle la construit.

Les femmes s’investissent désormais dans les secteurs technologiques et portuaires, autrefois exclusivement masculins. Elles siègent à l’Assemblée Nationale. Elles dirigent des ministères. Elles créent des emplois.

« Elle n’attend plus une place , elle la prend, elle la mérite, elle la construit. »

Nous avons fait évoluer notre cadre juridique : le Code de la Famille renforcé, la lutte contre les violences faites aux femmes institutionnalisée, la loi sur les quotas qui a ouvert des portes que la tradition avait longtemps gardées fermées.

Ce chemin parcouru est réel. Il est mesurable. Et il doit être protégé. Mais célébrer nos acquis, c’est aussi avoir le courage de regarder vers l’horizon et de nommer les défis qui ralentissent encore la marche de nos sœurs et de nos filles.

Le premier défi est celui de l’autonomie économique. Si la femme djiboutienne est l’âme du commerce local, elle doit devenir l’architecte de l’économie de demain.

Nous devons fluidifier l’accès au financement, encourager l’entrepreneuriat numérique et faire en sorte que chaque femme puisse transformer son talent en une entreprise prospère. Cela vaut en particulier pour les femmes de l’intérieur, trop longtemps éloignées de l’accès au micro-crédit.

Le deuxième défi, c’est celui de l’éducation et de la spécialisation. Nous devons accompagner nos filles vers les filières d’excellence — les sciences, la technologie, les métiers portuaires qui font la force de notre nation.

Une jeune fille éduquée, c’est une famille sauvegardée. Une jeune fille diplômée et insérée, c’est une nation qui décolle.

« Il n’y a pas de paix nationale sans sécurité domestique. Il n’y a pas de cohésion sociale sans égalité des droits. »

Le troisième défi, le plus noble, reste celui du changement des mentalités.

Le respect des droits de la femme n’est pas une faveur que l’on accorde. C’est une justice que l’on restaure. Ce combat doit être celui de toute la société djiboutienne — et les hommes y ont leur part entière. Ce que l’on appelle la masculinité positive n’est pas un concept abstrait : c’est un choix quotidien. Il y a enfin les défis nouveaux que notre époque impose : l’extension des conflits dans notre région, la fracture numérique qui creuse des inégalités, la cybercriminalité qui cible souvent les plus vulnérables. Nous devons protéger les femmes de ces menaces modernes avec la même détermination que nous mettons à combattre les violences traditionnelles.

Mes chers compatriotes,

Nous avons réussi à faire de Djibouti une terre de paix dans une région soumise à de profondes turbulences. Mais nous savons que cette paix n’est pas acquise par décret. Elle se construit. Elle s’entretient. Et je veux vous dire aujourd’hui ma conviction la plus profonde sur ce qui la fonde réellement.

Il n’y a pas de paix nationale sans sécurité domestique. Il n’y a pas de cohésion sociale sans égalité des droits. Et il n’y a pas de développement durable sans que la moitié de notre nation y prenne toute sa place.

Au sein de ses communautés, dans la médiation locale, dans l’éducation des générations futures, la femme djiboutienne est l’actrice première de notre cohésion sociale.

Elle est, et elle a toujours été, un pilier de la stabilité de cette nation.

Une femme qui travaille, c’est une famille qui avance. Une femme protégée, c’est une communauté qui gagne en dignité. Une femme qui entreprend, c’est une nation qui accélère.

La paix que je veux pour notre peuple est une paix de justice, de sécurité et de progrès.

Notre Vision 2035 ne pourra se réaliser que si chaque femme se sent protégée par nos lois, soutenue par nos institutions et valorisée par notre culture. Ce n’est pas un idéal lointain.

C’est le contenu concret de notre ambition nationale.

Aujourd’hui, c’est aussi un jour où nous honorons des femmes d’exception.

Les trois Grands Prix du Chef de l’État que nous remettons à l’instant sont plus qu’une récompense. Ce sont trois messages envoyés à toutes nos filles : vos efforts sont vus. Votre courage est reconnu. Votre engagement est la force de cette nation. Je félicite chaleureusement les lauréates de l’année 2026.

Mes chers compatriotes,

Je crois fermement qu’une nation ne peut avancer si elle oublie la moitié de son âme.

L’avenir de Djibouti s’écrira au féminin — ou il ne s’écrira pas pleinement.

Alors regardons vers demain avec audace. Car lorsque la femme djiboutienne avance, c’est tout le pays qui fait un pas de géant.

Droits. Justice. Action.

Excellente fête à toutes les femmes de Djibouti.

Je vous remercie.