
« La solidarité, ce n’est ni l’exclusion ni l’indifférence, mais une présence constante auprès de celles et ceux qui traversent l’épreuve. » Cette phrase du président Ismaïl Omar Guelleh a donné le ton pour le lancement de la Semaine nationale de la solidarité 2026. Elle incarne non seulement une orientation politique, mais aussi une philosophie profondément ancrée dans le tissu social djiboutien, où le soutien mutuel et la proximité humaine sont valorisés comme des réponses essentielles aux difficultés de la vie. Elle résume tout l’esprit du programme. Ce n’est pas juste une question de discours ou de décorations, c’est le fruit d’un travail politique et social construit patiemment depuis presque vingt ans.

Derrière chaque édition, il y a la volonté de créer des liens durables entre les citoyens, de renforcer la confiance dans les institutions et de faire en sorte que chaque action prise contribue à l’amélioration concrète de la vie quotidienne, en particulier pour les plus vulnérables.
Jeudi dernier, sous l’égide du chef de l’État, le Palais du Peuple s’est transformé. Entre la musique, les stands, les gens venus de partout femmes, jeunes, responsables communautaires on sentait une vraie énergie.
Mais derrière toute cette animation, le message était simple : ici, la solidarité n’est pas une option. C’est un pilier du pays. Cette effervescence collective témoigne d’un engagement partagé, d’une volonté de faire front commun face aux défis, et d’un enthousiasme à célébrer non seulement les réussites mais aussi les efforts quotidiens de centaines de citoyens. Depuis 2008, la Semaine nationale de la solidarité a changé de statut. Elle n’est plus un simple symbole, elle est devenue un vrai outil pour la politique sociale.
Le gouvernement s’en sert pour rappeler que lutter contre la pauvreté, aider les communautés à prendre leur destin en main et affronter les défis climatiques ou économiques, tout ça découle d’un choix politique assumé.
C’est aussi au cœur de la Vision Djibouti 2035, qui place l’humain au premier plan. Cette évolution marque une volonté de passer du discours à l’action, de transformer les aspirations collectives en programmes concrets, et de s’assurer que la solidarité soit intégrée dans toutes les politiques publiques, du développement rural à la modernisation urbaine.
Cette édition 2026 marque un tournant. Le discours du président n’avait rien de lyrique ou de facile. Il l’a dit franchement : « Nous ne promettons ni mirages ni illusions. » Pas question de promettre la lune, mais une volonté de ne laisser personne de côté. Cette honnêteté donne du poids au programme.
Elle témoigne d’une maturité politique et d’une conscience aiguë des réalités du pays, où l’efficacité prime sur les effets d’annonce et où l’on préfère bâtir patiemment des solutions durables, plutôt que de céder à la tentation de promesses vaines.
Sur le fond, la Semaine met en avant une approche sociale de plus en plus structurée. On parle de renforcement des filets de sécurité, de transferts monétaires ciblés, de soutien aux orphelins avec le programme Yatim, d’autonomisation économique grâce aux caisses d’épargne communautaires, de réduction des inégalités territoriales surtout dans des régions comme Dikhil.
Placer l’humain au cœur de chaque politique
L’action sociale cherche désormais la résilience, pas juste l’assistance. Cette dynamique s’appuie sur des outils modernes de gestion sociale, sur l’implication active des acteurs locaux et sur la volonté de bâtir une société où chacun peut surmonter les difficultés, non pas seul, mais avec le soutien d’une communauté solidaire et proactive.
Autre point fort : le désir clair de réduire la dépendance à l’aide extérieure. Le message est autant politique qu’économique. Djibouti veut s’appuyer sur ses propres forces, ses institutions, ses communautés. La solidarité nationale devient un levier pour la souveraineté, une façon de renforcer la cohésion dans un environnement régional incertain. Ce choix stratégique traduit une ambition d’émancipation, une volonté de maîtriser son destin collectif et d’offrir aux générations futures un modèle de développement fondé sur l’autonomie et la responsabilité partagée.
La santé et l’éducation sont au centre de cette vision. Garantir l’accès aux soins, refuser que l’argent bloque l’accès à la dignité, ouvrir les portes de l’éducation et de la formation professionnelle aux enfants tout cela incarne une idée exigeante de l’État social, où la compassion va de pair avec la responsabilité. Les efforts déployés pour améliorer les infrastructures de santé, former des professionnels compétents et innover dans les méthodes pédagogiques illustrent cette détermination à placer l’humain au cœur de chaque politique, à offrir à chacun la possibilité de s’épanouir et de contribuer au développement du pays.
Au bout du compte, cette Semaine nationale de la solidarité 2026 ressemble moins à une célébration qu’à un moment de vérité. On voit un pays qui reconnaît ses fragilités mais ne renonce pas à ses ambitions. Un pays où la cohésion ne se décrète pas une fois pour toutes: elle se construit chaque jour, dans le collectif, l’écoute et l’engagement.
Cette dynamique collective, nourrie par des expériences partagées et une volonté d’inclusion, permet de transformer les difficultés en leviers de progrès et d’inspirer la confiance nécessaire pour affronter les incertitudes de l’avenir.
Beaucoup de pays parlent de solidarité. Djibouti, à sa manière, essaie de la vivre. Et c’est peut-être ça le plus important : faire de la solidarité une méthode de gouvernement, une promesse tenue envers les plus vulnérables.
La force de cette démarche réside dans sa capacité à unir la société autour de valeurs communes, à promouvoir la justice sociale et à inscrire durablement la solidarité au cœur du projet national.
Said Mohamed Halato









































