
À l’occasion de la 56e édition de la Journée internationale de la Francophonie, célébrée le 20 mars, Djibouti a vibré, jeudi, au rythme de la langue française, de la diversité culturelle et des idéaux de paix. Organisée au Palais du Peuple par le Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, cette célébration a placé la jeunesse au centre des débats, en écho au thème retenu cette année par l’Organisation internationale de la Francophonie : « Génération paix ? La contribution de la jeunesse à un monde plus apaisé ».
Dans une ambiance à la fois festive et studieuse, élèves, enseignants, responsables institutionnels et partenaires internationaux se sont réunis pour célébrer une langue qui dépasse le simple cadre de la communication pour incarner des valeurs universelles de dialogue, de solidarité et de coexistence pacifique.
Au Palais du Peuple, les activités culturelles et éducatives se sont succédé, donnant à voir une Francophonie vivante et incarnée par la jeunesse djiboutienne. Prestations théâtrales, animations pédagogiques et échanges interactifs ont illustré la vitalité de la langue française dans les établissements scolaires, à l’image de la performance remarquée du Collège du Stade, saluée pour sa créativité et son message engagé.
Placée sous l’égide du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulkader Houssein Omar, aux côtés de la ministre de la Jeunesse et de la Culture, Hibo Moumin Assoweh, la cérémonie a rassemblé un large éventail de personnalités politiques, diplomatiques et culturelles. Parmi elles figuraient notamment Jérôme Bresson, ambassadeur de France, Hu Bin, ambassadeur de Chine, Nicolas Simard, ambassadeur du Canada, ainsi que José Barahona, coordinateur résident des Nations Unies à Djibouti.
Moment fort de la cérémonie, le message de la Secrétaire générale de l’OIF, Louise Mushikiwabo, a été diffusé en ouverture. Elle y a réaffirmé l’importance de la paix, du dialogue et de la solidarité dans un monde marqué par de multiples crises, tout en appelant à une mobilisation collective en faveur d’un avenir plus humain. Elle a également évoqué les préparatifs du prochain sommet de la Francophonie prévu au Cambodge, soulignant les enjeux stratégiques de cette rencontre.
Dans son allocution, le ministre Abdoulkader Houssein Omar a insisté sur le rôle fondamental de la langue française comme vecteur de valeurs et d’ouverture. « La Francophonie est un phare », a-t-il déclaré, rappelant que cette langue porte en elle des principes essentiels tels que l’éducation, la citoyenneté, le partage et la paix. Il a également souligné que la construction d’une paix durable passe inévitablement par l’implication active des jeunes générations.
Un message largement partagé par les partenaires internationaux. L’ambassadeur de France, Jérôme Bresson, a rappelé l’ampleur de la Francophonie dans le monde, avec près de 400 millions de locuteurs, tout en saluant l’attachement de
Djibouti à cet espace linguistique et culturel. Il a annoncé, à cette occasion, une semaine d’activités à l’Institut français de Djibouti, incluant dictées, projections cinématographiques et rencontres culturelles.
De son côté, l’ambassadeur du Canada, Nicolas Simard, a mis en avant le rôle de Djibouti comme pôle de stabilité régionale, saluant l’engagement des autorités en faveur du dialogue et de la paix. Il s’est également dit impressionné par la mobilisation de la jeunesse autour de la langue française et du dialogue interculturel.
Prenant la parole, la ministre Hibo Moumin Assoweh a insisté sur la responsabilité des jeunes dans la transmission et la valorisation de la langue française. Elle a rappelé que la paix, devenue rare dans un monde en proie aux conflits, constitue une richesse précieuse que Djibouti s’efforce de préserver. Elle a ainsi appelé la jeunesse à poursuivre cet héritage de dialogue, de médiation et d’ouverture qui caractérise le pays dans la Corne de l’Afrique.
Au-delà des discours, cette célébration a également permis de poser les bases d’une réflexion sur l’avenir de la langue française à Djibouti. À l’heure du numérique et de l’intelligence artificielle, les enjeux liés à la diffusion et à l’apprentissage du français évoluent rapidement. L’école apparaît plus que jamais comme un pilier essentiel pour assurer la transmission de cette langue, tandis que les jeunes, majoritairement plurilingues, s’imposent comme les principaux acteurs de son renouvellement.
Promouvoir la langue française aujourd’hui, c’est ainsi offrir à la jeunesse un outil d’émancipation, d’accès au savoir, d’ouverture sur le monde et de participation citoyenne. C’est aussi renforcer un espace linguistique qui, à Djibouti, cohabite harmonieusement avec d’autres langues, contribuant à un paysage culturel riche et dynamique.
En célébrant la Francophonie, Djibouti réaffirme ainsi son attachement à une langue et à des valeurs qui dépassent les frontières, tout en plaçant la jeunesse au cœur d’un projet collectif fondé sur la paix, le dialogue et l’avenir partagé.
Saleh Ibrahim Rayaleh








































