
Le ministère du Budget a franchi une nouvelle étape dans la modernisation des finances publiques avec la tenue, hier matin à l’hôtel Kempinski, d’un atelier de réflexion consacré à l’évolution des métiers comptables. Placée sous le thème évocateur « Former pour sécuriser la réforme financière », cette rencontre de haut niveau a été présidée par le ministre du Budget, M. Isman Ibrahim Robleh, en présence du secrétaire général du ministère, M. Simon Mibratu, du directeur de la Comptabilité publique, M. Ihab Nadim Saad, ainsi que du professeur Farouk Hemici.

Cet atelier a réuni l’ensemble des acteurs clés de la chaîne financière publique, notamment des directeurs généraux, des agents comptables, des trésoriers régionaux et des régisseurs. Une participation significative qui illustre l’importance stratégique accordée par les autorités à la montée en compétence des ressources humaines, désormais considérée comme un pilier essentiel de la performance, de la transparence et de la crédibilité de l’administration financière de l’État.
S’inscrivant dans un processus de réforme engagé depuis plusieurs années, cette rencontre a mis en lumière une démarche progressive, structurée et méthodique. À mesure que le cadre normatif se consolide et que les outils de gestion financière se modernisent, la nécessité d’une mise en cohérence globale des pratiques professionnelles, des responsabilités institutionnelles et des compétences techniques devient incontournable. L’atelier avait précisément pour ambition de répondre à cet impératif.
À cette occasion, la Direction de la Comptabilité Publique (DCP) a rappelé la cohérence et l’ambition de la réforme engagée depuis 2024. Celle-ci poursuit un objectif fondamental : renforcer durablement la qualité, la fiabilité et la lisibilité de l’information financière publique, condition sine qua non d’une gouvernance budgétaire efficace et d’une gestion responsable des deniers publics.
Les échanges ont convergé autour d’une conviction partagée : la transformation de l’action publique ne saurait être crédible ni pérenne sans une traduction concrète des principes de réforme dans les pratiques quotidiennes. La pédagogie a ainsi été affirmée comme un levier stratégique à part entière, visant à clarifier les objectifs, expliciter les méthodes et rappeler la finalité de la réforme au service de l’intérêt général et de la République. Occupant une place centrale dans l’architecture institutionnelle de l’État, les comptables publics ont été présentés comme des acteurs déterminants, à l’interface entre la norme juridique et son exécution opérationnelle. Garants de la sincérité, de la régularité et de la transparence des comptes publics, ils assument aujourd’hui une responsabilité élargie, collective et encadrée par une doctrine claire, portée et accompagnée par la Direction de la Comptabilité Publique, dont le rôle a été renforcé tant dans l’harmonisation que dans la sécurisation des pratiques à l’échelle nationale.
Depuis 2024, la réforme s’articule autour d’une trajectoire clairement définie en trois piliers. Le premier a consisté à évaluer les pratiques existantes afin d’objectiver les écarts et d’identifier les marges de progrès. Le deuxième a porté sur la structuration de l’accès à la fonction comptable, notamment à travers la mise en place d’un concours renforcé. Le troisième pilier, celui de la formation, entre aujourd’hui dans une phase décisive.
La formation, pilier central de la transformation comptable
Dans cette perspective, une formation certifiante d’une durée d’environ quinze jours sera déployée dès le mois d’avril au profit des agents comptables. Adaptée aux exigences actuelles du pilotage financier, elle portera notamment sur l’analyse financière, l’identification et la lecture des risques, ainsi que le suivi des trajectoires d’endettement. L’objectif affiché est de renforcer la capacité de pilotage, de sécurisation et de réactivité tout au long de l’exercice budgétaire. Ce dispositif sera complété par une évaluation professionnelle structurée et par la mise en place d’un parcours d’excellence destiné aux profils les plus performants. Ces derniers seront appelés à devenir formateurs à leur tour, dans le cadre d’un cycle spécialisé conduit en partenariat avec l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. L’ambition est de constituer un noyau solide de compétences de haut niveau, capable de diffuser durablement les bonnes pratiques et d’ancrer la réforme dans le temps long.
Les premiers résultats de la stratégie engagée sont déjà perceptibles. La qualité de l’information financière produite s’améliore progressivement, les délais de clôture budgétaire sont mieux respectés et les audits tendent à se généraliser. Autant d’avancées concrètes qui confirment la pertinence de la démarche et renforcent la confiance dans la capacité de l’administration à conduire des réformes structurelles ambitieuses.
Ces efforts s’inscrivent dans un chantier plus vaste de modernisation des finances publiques porté par le ministère du Budget, incluant la mise en œuvre du budget-programme, l’adoption d’une nouvelle nomenclature budgétaire et la refonte du cadre comptable national. Des réformes complémentaires visant à bâtir un système financier public plus intégré, plus lisible et plus transparent. La dynamique de montée en compétence concerne l’ensemble de la chaîne financière publique, au-delà des seuls agents comptables. Gestionnaires, régisseurs et trésoriers régionaux sont également intégrés dans un programme de formation structuré et progressif, piloté par le Centre d’Application Financière, afin d’assurer une évolution cohérente et homogène des pratiques.
L’objectif demeure constant : rendre compte avec rigueur, dans les délais et en toute transparence, en étroite collaboration avec les organes de contrôle, notamment la Cour des Comptes. Au-delà de la conformité réglementaire, il s’agit de renforcer durablement la confiance des citoyens dans la gestion des ressources publiques.
À travers cet atelier, la Direction de la Comptabilité Publique a enfin réaffirmé son rôle de pépinière de talents au sein de l’administration financière, saluant l’impulsion politique du ministre du Budget ainsi que l’orientation stratégique du Président de la République, qui place la réforme des finances publiques au cœur des priorités nationales.
Cette dynamique collective, fondée sur la compétence, la responsabilité et l’éthique, vise à consolider la crédibilité des finances publiques et à inscrire l’action de l’État dans une gouvernance moderne, responsable et tournée vers la performance au service du développement.
Zouhour Abdillahi








































