
« Depuis plus de seize ans, l’association SAH œuvre au service de la communauté djiboutienne, avec un engagement particulier dans la commune de Balbala et, de manière plus générale, à l’échelle nationale. L’efficacité de nos interventions se traduit par une augmentation constante du nombre de bénéficiaires chaque année, ce qui témoigne de la pertinence et de l’impact de nos actions. »

Si vous deviez raconter l’évolution de SAH en 4 étapes, quels ont été les tournants décisifs et pourquoi ?
Depuis sa création, l’association SAH a placé l’éducation au cœur de ses objectifs. Notre évolution se divise en quatre phases. La première, débutée en 2009, a vu l’ouverture de ses portes aux enfants non scolarisés dans les écoles publiques, avec des cours du soir axés sur la langue arabe et les études islamiques. Dans le but d’offrir un enseignement de qualité, l’association a ensuite créé l’école «Future Génération», un établissement agréé par le ministère de l’Éducation, accueillant les élèves de la maternelle au primaire. L’enseignement y est dispensé en français et en arabe, en plus des études islamiques. Soucieuse de garantir l’accès à l’éducation pour tous les enfants, notamment ceux ayant des besoins spécifiques, l’association a lancé son premier programme pilote en 2016. Ce projet pilote a permis de développer une pédagogie inclusive. Les enfants présentant des troubles du neurodéveloppement (TND) sont, à partir de l’année 2019, accueillis à l’école Future Génération aux côtés de leurs camarades, avec un accompagnement personnalisé assuré par une équipe spécialisée.
L’association est actuellement dans sa quatrième phase, une phase d’expansion axée sur la diversification des projets et la mise en place de partenariats de premier plan avec l’Union Européenne et diverses agences des Nations Unies dans les domaines de l’éducation, de l’environnement et de l’autonomisation des femmes. L’une des transformations les plus importantes entreprises par l’association est son adoption de l’éducation inclusive, compte tenu de sa popularité et de son impact positif significatif sur la société.
Aujourd’hui, en tant qu’acteur majeur de l’inclusion à Hodan et de l’aide sociale à Balbala, comment mesurez-vous votre impact au quotidien auprès de la communauté?
Depuis plus de seize ans, l’association SAH œuvre au service de la communauté djiboutienne, avec un engagement particulier dans la commune de Balbala et, de manière plus générale, à l’échelle nationale. L’efficacité de nos interventions se traduit par une augmentation constante du nombre de bénéficiaires chaque année, ce qui témoigne de la pertinence et de l’impact de nos actions. Nos activités couvrent plusieurs domaines essentiels tels que l’aide alimentaire avec la distribution régulière de paniers alimentaires aux familles en situation de vulnérabilité, la distribution de vêtements à l’occasion de l’Aïd et de viande sacrificielle, l’accès aux soins médicaux comme la fourniture de soins et de consultations médicales pour les personnes démunies.
Nous proposons également des cours de couture aux femmes afin de leur permettre de générer un revenu quotidien et de mieux faire face aux difficultés de la vie courante. Par ailleurs, nous dispensons des cours de soutien scolaire aux enfants déscolarisés et aux enfants réfugiés. L’ensemble de ces services répond aux besoins du peuple djiboutien et témoigne de l’engagement de l’association SAH envers l’excellence et la générosité. Grâce à nos initiatives, SAH contribue de manière significative à l’amélioration des conditions de vie des populations les plus fragiles, tout en renforçant la solidarité et la cohésion sociale au sein de la communauté.
Sur le plan des ressources humaines et financières, quels sont vos défis les plus critiques pour faire fonctionner et développer SAH ?
Les ressources humaines figurent parmi les principaux défis auxquels sont confrontées les Organismes de la Société Civile (OSC) en République de Djibouti, y compris l’Association SAH. Le travail de la société civile exige des efforts considérables et repose largement sur le bénévolat. Cependant, le développement des associations et leur transformation en institutions importantes et efficaces ne peuvent dépendre des bénévoles sur le long terme. Il est donc nécessaire de recruter du personnel qualifié et spécialisé afin d’assurer la continuité et la qualité du travail.
Ceci soulève un second défi : la limitation des ressources financières. Les OSC souffrent généralement d’un manque de ressources pour financer leurs diverses activités et programmes. Ce défi constitue un obstacle majeur à leur expansion institutionnelle et à la réalisation de leurs objectifs stratégiques.
C’est pourquoi, dès sa création, l’Association SAH a pris conscience de l’importance de diversifier et de pérenniser ses ressources financières. Elle s’est ainsi employée à mettre en place des projets productifs, notamment le projet « École Future Génération », ainsi que des centres d’éducation pour enfants à besoins spécifiques. Ces projets ont généré des revenus qui ont contribué de manière significative au développement de l’association et à la croissance de ses activités ces dernières années. Dans ce contexte, l’association SAH souligne le rôle crucial de l’État dans le soutien aux organisations actives de la société civile, en leur fournissant l’assistance nécessaire pour leur permettre de poursuivre leur mission humanitaire et de développement et de servir la communauté de manière durable.
Quelles orientations stratégiques l’association envisage-t-elle pour les cinq prochaines années ?
La stratégie de l’association pour les années à venir est axée sur l’extension de l’éducation inclusive à d’autres niveaux d’enseignement. Nous souhaitons partager notre expérience en la matière avec nos partenaires à travers Djibouti, notamment dans les régions. Nous ambitionnons également de diversifier notre participation à des projets ayant un impact direct sur la vie des citoyens djiboutiens.
Propos recueillis par N Kadassiya








































