A l’heure où nombre de nations vacillent sous le poids des incertitudes géopolitiques et des crises internes, les vœux de nouvel An du président de la République, Ismaïl Omar Guelleh, apparaissent comme un repère de cohérence. Plus qu’un simple rituel de fin d’année, le message adressé à la nation dessine les lignes d’un cap assumé : celui de la résilience, de la responsabilité et de la continuité stratégique.

Le chef de l’État n’a éludé rien du contexte mondial troublé. Au contraire, il l’a bien nommé. Les tensions régionales, les menaces sur la sécurité maritime en mer Rouge, les turbulences géopolitiques internationales constituent un environnement hostile dans lequel peu de pays parviennent à préserver leurs équilibres. Notre pays, lui, a su tenir. Mieux encore, il a su faire entendre sa singulière voix de modération et de respect du droit international. Il a su le faire en restant fidèle à sa vocation de carrefour stratégique et de trait d’union entre les peuples, loin des postures tapageuses.

Mais l’essentiel du message présidentiel réside sans doute dans cette affirmation centrale, selon laquelle « la stabilité n’est pas un acquis passif, mais le produit d’une vision et d’une gouvernance ». En effet, la poursuite de la croissance économique et le développement continu des infrastructures ne relèvent ni du hasard ni de la conjoncture. Ils sont le fruit d’un choix politique clair qui consiste à inscrire l’action publique dans le temps long, à privilégier la solidité des fondations plutôt que l’illusion des résultats immédiats.

L’annonce des prochaines élections présidentielles, prévues pour avril, s’inscrit dans cette logique. Le chef de l’État rappelle que ces échéances s’inscrivent dans la continuité d’un processus démocratique éprouvé, respectueux des lois de la République et fondé sur la participation citoyenne. Là où d’autres voient dans les rendez-vous électoraux des facteurs de crispation, ici on y voit, à juste titre, une confirmation de notre maturité institutionnelle.

Pour autant, le discours présidentiel ne reste pas muet sur les défis internes. Le chômage des jeunes, priorité clairement affirmée, demeure un combat central. Le Président trace des pistes concrètes, tels que le soutien accru à l’entrepreneuriat, le renforcement de la formation professionnelle ou le développement de l’économie productive. De même, il aborde le numérique sans naïveté. Si celui-ci constitue un levier majeur de croissance, d’innovation et d’emploi, il porte aussi en lui des risques réels de désinformation et de fragmentation sociale. En appelant à un usage responsable et éthique des outils numériques, le chef de l’État pose le débat essentiel de la souveraineté informationnelle et de la préservation du vivre-ensemble.

Car c’est bien là le fil conducteur de ces vœux : l’unité nationale comme socle intangible. Dans un monde traversé par les tentations de la division, le président rappelle avec force que le vivre-ensemble djiboutien n’est ni un slogan ni une abstraction, mais une richesse forgée par l’Histoire, la diversité et la tolérance. Une richesse à protéger et à transmettre.

Enfin, l’hommage rendu aux forces de défense et de sécurité, aux enseignants, aux soignants, aux travailleurs et aux acteurs de la société civile est loin d’être une formule convenue. Il traduit la reconnaissance politique d’un État qui sait que sa solidité repose avant tout sur l’engagement quotidien des femmes et des hommes qui le servent.