Face aux tensions actuelles au Moyen-Orient, qui font planer l’ombre de perturbations économiques globales, le Président de la République, Haji Ismail Omar Guelleh, a choisi d’anticiper plutôt que de subir. La réunion sur la régulation des prix qu’il a convoquée avec certains membres du Gouvernement, les autorités portuaires et les représentants du secteur privé, ne relève pas d’un simple exercice de concertation. Elle marque une ligne de conduite claire, celle d’un État qui refuse que les crises extérieures deviennent des opportunités d’enrichissement injustifié au détriment de sa population.
Le message présidentiel est sans ambiguïté. Derrière l’appel à la responsabilité se profile une mise en garde ferme : aucune dérive spéculative ne sera tolérée. Dans une économie largement dépendante des importations, la tentation peut être grande, pour certains acteurs, d’exagérer les effets d’une crise internationale afin de justifier des hausses de prix. Or, comme l’a rappelé le chef de l’État, la situation actuelle ne justifie pas encore d’impact direct sur les coûts réels des denrées essentielles ni du kérosène domestique. Toute augmentation abusive relèverait donc d’un opportunisme inacceptable.
Mais au-delà de la dénonciation, c’est une véritable doctrine de régulation qui se dessine. Elle repose sur quatre piliers indissociables : transparence, protection sociale, partenariat avec le secteur privé et résilience stratégique. Cette approche globale mérite d’être saluée, car elle rompt avec les réponses fragmentaires souvent observées face aux crises économiques.
D’abord, la transparence. En exigeant une meilleure collecte et publication des données sur les coûts, les marges et les prix, le Président entend lever le voile sur les mécanismes de formation des prix. Cette exigence est fondamentale : sans visibilité, comment réguler efficacement et gagner la confiance du citoyen?
Ensuite, la protection des ménages, en particulier les plus vulnérables. Le recours à des mécanismes combinés — plafonnement des prix, subventions ciblées, renforcement des filets sociaux — traduit clairement une volonté de justice sociale. Il ne s’agit pas seulement de contenir l’inflation, mais d’éviter qu’elle ne fracture davantage la société.
Le troisième axe, celui de la concertation avec le secteur privé, est tout aussi crucial. L’économie nationale ne peut fonctionner sans ses opérateurs. Mais cette interdépendance implique aussi une responsabilité partagée. Le Président le rappelle avec justesse : être partenaire de l’État, c’est aussi refuser les pratiques opportunistes et garantir l’approvisionnement régulier du marché.
Enfin, et c’est peut-être là l’essentiel, la crise actuelle est envisagée comme un révélateur de nos vulnérabilités structurelles. Dépendance alimentaire, fragilité énergétique, exposition aux chocs extérieurs : autant de défis que le pays ne peut plus ignorer. L’appel à accélérer la diversification des approvisionnements, à moderniser la logistique et à soutenir la production locale trace ainsi une perspective stratégique de long terme.
N’éludons pas toutefois une réalité : entre la volonté politique et son application, le chemin est souvent semé d’embûches. Aussi, la réussite de cette démarche dépendra de la rigueur des contrôles, de l’exemplarité des sanctions et de la capacité des institutions à agir avec célérité et impartialité. Mais, le chef de l’Etat a précisé qu’il suivra personnellement l’exécution des mesures, engageant du coup non seulement son autorité, mais aussi la crédibilité de l’action publique.
Car au fond, l’enjeu dépasse la seule question des prix. Il touche au pacte de confiance entre l’État et les citoyens.








































