En lançant un vibrant « Appel à l’action », le gouvernement djiboutien, épaulé par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), a sonné hier l’alarme. Et pour cause : derrière les chiffres froids, des milliers de vies humaines, souvent réduites à la seule étiquette de « réfugiés », sont aujourd’hui menacées dans notre pays, faute de financements et d’attention.
Depuis toujours, Djibouti est une terre d’accueil. Cela ne relève pas d’un slogan diplomatique creux, mais d’un fait historique. C’est un engagement éthique qui découle d’un choix politique assumé. Situé au carrefour de grandes routes migratoires, notre pays n’a jamais fermé ses portes aux exilés et autres déracinés que la guerre, la famine ou la persécution jettent sur les chemins de l’incertitude.
En 2017, sous l’impulsion du Président de la République Ismaïl Omar Guelleh, une loi novatrice a été adoptée, offrant aux réfugiés un cadre juridique digne et respectueux. Ce choix libre et courageux a d’ailleurs valu à Djibouti une reconnaissance internationale : celle de pays modèle dans la mise en œuvre du Cadre d’Action global pour les Réfugiés (CRRF).
Mais aujourd’hui, cette tradition d’hospitalité est mise à rude épreuve. Les ressources s’amenuisent, les soutiens internationaux se dérobent et, avec eux, les filets sociaux les plus élémentaires : l’éducation, la santé, l’accès à l’eau, la protection des femmes et des enfants. Comment rester silencieux face à 14 000 enfants menacés de malnutrition ? Face à 28 000 personnes privées de rations alimentaires réduites de moitié ? Face à 10 000 élèves risquant de se retrouver sans école à la rentrée ?
Ne pas agir, c’est accepter l’inacceptable. C’est renier cette vocation djiboutienne faite de générosité et de solidarité. Au-delà de l’éthique, c’est la nation entière qui court un risque. Car, loin d’être un problème périphérique, la précarisation des réfugiés affecte le tissu social. Elle compromet la cohésion et fragilise ainsi les équilibres les plus essentiels de notre société.
Cet Appel à l’action est un acte de responsabilité et il serait malheureux de n’y voir qu’un cri dans le désert. Il appelle les partenaires techniques et financiers, bilatéraux comme multilatéraux, à cesser de regarder ailleurs. Car la réponse ne peut être ni exclusivement locale ni différée. Elle doit être immédiate et concertée. À la hauteur des principes que proclame le Pacte mondial sur les réfugiés.
Djibouti a tenu sa promesse. À la communauté internationale, désormais, de ne pas trahir la sienne









































