Hier soir, le Rassemblement Populaire pour le Progrès (RPP) a célébré son 47e anniversaire par un iftar organisé à son siège central. Quarante-sept années d’existence pour le principal et le plus ancien parti politique du pays… le fait est en soi remarquable dans un environnement régional marqué par l’instabilité des formations partisanes et la volatilité des alliances.
Mais, loin d’être qu’un rituel mémoriel, cette commémoration s’inscrit dans un moment particulièrement charnière : à moins de cinq semaines de l’élection présidentielle du 10 avril 2026, le RPP a investi comme candidat le Président Ismail Omar Guelleh. Ainsi, l’histoire et l’actualité se rejoignent. L’anniversaire devient alors un acte politique, un rappel de continuité, mais aussi un appel à la responsabilité collective.
Fondé dans le sillage des premières années de l’indépendance, le RPP a accompagné toutes les grandes étapes de la construction nationale. Il a été le parti de la consolidation de l’État et de la préservation de la stabilité dans une région tourmentée. Ses adversaires peuvent contester ses choix, débattre de ses orientations, mais nul ne peut nier son rôle fondamental dans l’édification de l’architecture politique djiboutienne.
À quarante-sept ans, un parti n’est plus dans l’âge des promesses, mais dans celui des bilans. Et le bilan, pour être crédible, doit être regardé en face. Sous la conduite du Président Ismail Omar Guelleh, Djibouti a consolidé son positionnement stratégique, modernisé ses infrastructures, développé ses ports et ses corridors logistiques, engagé des chantiers structurants dans l’énergie, l’eau, l’éducation et le numérique. Le pays a su transformer sa géographie en atout et sa stabilité en levier d’attractivité.
Pour autant, l’anniversaire du RPP ne saurait être une autosatisfaction. La maturité politique exige lucidité et exigence. Les défis sont là : emploi des jeunes, diversification économique, pouvoir d’achat, approfondissement de la gouvernance, transition numérique inclusive. À l’approche du scrutin du 10 avril, les citoyens attendent plus que des rappels historiques. Ils veulent des perspectives claires, des engagements mesurables et une vision renouvelée.
C’est là que se joue la portée réelle de cette 47e commémoration. Le RPP ne célèbre pas seulement son passé, il teste sa capacité à se projeter. Être le plus ancien parti ne suffit pas à garantir l’avenir. Il faut convaincre une nouvelle génération d’électeurs, plus connectée et donc plus attentive à la performance publique qu’aux héritages symboliques.
En investissant le Président Ismail Omar Guelleh, le RPP a fait le choix de l’expérience et de la continuité. Ce choix est incontestablement une garantie de stabilité dans un environnement international plus que jamais incertain. Mais il peut aussi être lu comme un engagement à poursuivre les réformes engagées et à accélérer celles qui tardent. À cinq semaines d’un rendez-vous démocratique majeur, le RPP se tient donc face au pays avec son histoire, son bilan et son candidat. Il devra transformer la continuité en dynamique, et l’héritage en élan.








































