
À l’approche de la grande fête de l’Aïd El-Fitr, la capitale djiboutienne s’est métamorphosée en un décor lumineux et vibrant. Les rues de Djibouti-ville scintillent sous des guirlandes colorées, les vitrines rivalisent de créativité et les familles se pressent dans les marchés et les centres commerciaux. Entre décorations féeriques, frénésie des achats et préparatifs dans les foyers, la ville vit au rythme des derniers jours du Ramadan dans une atmosphère empreinte de ferveur et de joie.

Dès la tombée de la nuit, les principales artères de la capitale offrent un spectacle éclatant. Les lampadaires sont ornés de guirlandes lumineuses, des étoiles suspendues illuminent les carrefours et les façades se parent de motifs festifs. Cette transformation spectaculaire est le fruit d’un vaste programme d’embellissement entrepris par la municipalité pour célébrer l’une des fêtes les plus importantes du calendrier musulman.
Du boulevard de Gaulle jusqu’à la route de l’Unité menant vers l’aéroport, la ville change de visage. Les décorations lumineuses dessinent une promenade urbaine chaleureuse où habitants et visiteurs se promènent en famille pour profiter de l’ambiance festive. Sur la route de Venise et autour des grands ronds-points, les jeux de lumière donnent à la capitale un air de fête permanente.
« C’est une effervescence qui montre à quel point cette fête est importante pour nous », confie Ahmed Moussa, un passant venu admirer les installations avec ses enfants. « Chaque année, la ville devient plus belle à l’approche de l’Aïd. »
Dans les quartiers commerçants, l’animation est encore plus palpable. Les équipes techniques terminent les dernières installations tandis que les boutiques restent ouvertes tard dans la nuit pour accueillir les clients venus préparer la fête. Les rues commerçantes, de la place Mahmoud Harbi aux artères du centre-ville, sont envahies par une foule enthousiaste.
Pour de nombreuses familles, ces sorties nocturnes sont devenues une tradition. Les parents emmènent leurs enfants choisir leurs vêtements neufs, un rituel incontournable avant l’Aïd. Les rires des enfants, les conversations animées et les odeurs de pâtisseries qui s’échappent des échoppes créent une ambiance chaleureuse et conviviale. Mais l’effervescence ne se limite pas aux décorations et au shopping. La municipalité a également entrepris un grand nettoyage de la ville afin d’offrir un cadre accueillant pour les célébrations. Des équipes ont été mobilisées pour enlever les déchets et retirer les carcasses de véhicules abandonnés, redonnant ainsi aux rues un visage plus propre et harmonieux. « L’Aïd est un moment de partage et de fierté collective », explique un agent municipal rencontré au centre-ville. « Nous voulons que la ville soit belle et accueillante pour tous. »

Dans les marchés et les foyers, la fièvre des préparatifs
Pendant que la ville se pare de lumières, les marchés et les centres commerciaux connaissent une activité intense. À la route de Venise, les vitrines étincelantes attirent les familles venues faire leurs derniers achats du Ramadan. Robes colorées, costumes traditionnels, chaussures neuves et accessoires brillants remplissent les étalages. Au Grand Mall, l’affluence ne faiblit pas. Les couloirs sont animés par le va-et-vient des clients qui cherchent le cadeau parfait ou la tenue idéale pour célébrer la fête. Kadra, une jeune mère de famille, contemple les décorations lumineuses suspendues au plafond avec émerveillement. « Ici, l’ambiance est vraiment magique », confie-t-elle en tenant la main de sa fille. « Les lumières et les décorations créent une atmosphère festive. On ressent déjà la joie de l’Aïd et cela donne envie de partager des moments inoubliables en famille.»
Dans les foyers aussi, l’activité bat son plein. Les mères de famille s’activent pour préparer la fête : nettoyage de la maison, préparation des pâtisseries traditionnelles et organisation des repas qui seront partagés avec les proches.
Amina Hassan, mère de quatre enfants, explique que ces préparatifs font partie intégrante de la tradition. « Nous voulons que nos enfants se souviennent de l’Aïd comme d’un moment de bonheur », dit-elle en préparant des douceurs dans sa cuisine. « Les vêtements, les repas et la décoration de la maison font partie de la fête.»
Dans quelques jours, les regards seront tournés vers le ciel pour apercevoir le croissant de la nouvelle lune, signe annonçant la fin du mois sacré du Ramadan et l’entrée dans le mois de Chawwal. Selon les estimations astronomiques actuelles, l’Aïd El-Fitr 2026 devrait être célébré autour du vendredi 20 mars, mais la tradition musulmane veut que l’apparition de la lune soit confirmée à l’œil nu.
Ce jour-là, les Djiboutiens et Djiboutiennes se retrouveront pour la prière de l’Aïd avant d’échanger les traditionnels vœux : « Aïd Moubarak ! » ou « Heureuse fête ! ». Les familles se rendront visite, partageront des repas et offriront des cadeaux aux enfants.
En attendant ce moment tant attendu, la capitale continue de vibrer sous les lumières et les décorations. Les rues illuminées, les marchés animés et les foyers en pleine effervescence témoignent de l’importance de cette fête dans la culture djiboutienne.
Plus qu’une simple célébration religieuse, l’Aïd El-Fitr apparaît ici comme un moment de rassemblement et de solidarité. Dans chaque quartier, la même énergie joyeuse se répand, transformant Djibouti-ville en une capitale festive où l’on prépare, ensemble, l’une des plus belles journées de l’année.
Saleh Ibrahim Rayaleh









































